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ORLEANS Les réseaux se protègent des courants vagabonds

GUILLAUME DELACROIX, RICHARD GOASGUEN, JEAN LELONG, JEAN-JACQUES TALPIN |  le 11/02/2000  |  TransportsEnvironnementCollectivités localesLoiretLoire

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C'est à une modernisation obligatoire que tous les concessionnaires de réseaux ont été conviés à Orléans dans le cadre du projet de première ligne du tramway qui s'étire du nord au sud de l'agglomération. « Il n'était pas question d'accepter des réseaux sous la plate-forme », résume Jean Luc Paroissien, responsable du génie civil de ce projet. Les courants vagabonds créés par l'alimentation électrique du tramway peuvent en effet occasionner des dégâts sur les canalisations, tout comme le poids des rames et de la plate-forme en béton. Les concessionnaires ont donc été contraints de dévier leurs réseaux. Certains en ont profité pour anticiper sur des travaux programmés, pour renforcer des capacités ou même pour créer de nouvelles liaisons.

A Orléans, la maîtrise d'oeuvre du tramway a constitué une équipe, animée par Jean-Luc Paroissien et Wilfried Ruffignac, et chargée de coordonner les différents intervenants, pour établir le phasage et valider les projets. « Ce n'était pas une mince affaire, avoue Wilfried Ruffignac, car les intervenants sont nombreux : les services techniques des trois communes concernées pour l'éclairage et l'assainissement, trois concessionnaires pour le chauffage urbain, trois autres pour l'eau potable, mais aussi la Lyonnaise Câble, EDF-GDF et France Télécom. » Commencés en juillet 1998, les travaux de déviation s'achèvent aujourd'hui dans un climat que chacun qualifie de « cordial, positif et efficace ».

Mises aux normes effectuées pour l'eau, l'électricité...

Le premier bénéfice de ce projet aura été de connaître parfaitement le sous-sol : selon la maîtrise d'oeuvre, « les réseaux étaient relativement bien connus, mais la campagne de sondages a réservé quelques surprises, comme la découverte d'une ligne électrique de 20 000 V, sans parler d'anciens réseaux abandonnés mais qui n'avaient pas été évacués ». La plupart des intervenants ont dévié et modernisé leurs réseaux, avec de nouveaux matériaux et de nouveaux branchements, avec parfois des travaux de renforcement de capacité. Encore fallait-il savoir ce qui entrait ou non dans le cadre du tramway : tout cela conditionnait la prise en charge financière des travaux. Au final, la maîtrise d'ouvrage du tram a financé 50 % des 18,3 millions d'euros de travaux. Exemple : Lyonnaise Câble avait été autorisée, il y a quelques années, à enterrer son réseau à seulement 40 cm de profondeur, et n'a pas voulu financer un enfouissement plus profond.

Reste que les opérateurs ont parfois « saisi l'aubaine » pour des mises aux normes : les concessionnaires d'eau potable ont ainsi supprimé les raccordements en plomb. Au total, EDF a dévié près de 30 km de lignes électriques, et a repris 370 branchements, GDF plus de 11 km de conduites de gaz et 250 branchements. « Nous avons engagé des travaux lourds, reconnaît Daniel Lacheray d'EDF : il a fallu déplacer une canalisation de 400 mm avec 16 bar de pression sous une rue .» En plus d'un renforcement dans l'hyper centre-ville, notamment pour les besoins des commerçants, EDF a pré-équipé en périphérie des zones qui seront urbanisées dans le futur. Enfin, dans un souci de « requalification urbaine », 5 km de réseaux aériens ont été enterrés.

Même politique pour le chauffage urbain : « Nous en avons profité pour adopter de nouvelles techniques, avec un tube d'eau chaude inséré dans un autre tube isolant, ce qui permet en cas de problème de glisser le premier tube dans le second ».

Même chose pour l'assainissement. « Nous avons saisi cette opportunité pour changer le matériau des canalisations, en abandonnant le béton au profit du plastique ou du grès », précise Michel Chaline, technicien au service eau-propreté d'Orléans. La ville a également profité du chantier pour déplacer et moderniser la station de relevage de Saint-Marceau qui recueille 80 % des eaux usées du sud de l'agglomération. C'est naturellement avec ces réseaux que les difficultés étaient les plus importantes. Situé à seulement 40 cm de la plate-forme, un collecteur d'eaux pluviales de 900 mm de diamètre est ainsi resté en place car il avait été construit il y a peu de temps.

Investissement destiné aux autoroutes de l'information

Le tramway permettra enfin l'arrivée d'un nouvel intervenant. La Communauté de communes d'Orléans a en effet souhaité bénéficier de ses « propres tuyaux ». Sur les 18 km de la ligne, une multitubulaire renferme 17 fourreaux pour les besoins d'alimentation électrique du tram : la Communauté de communes en a acheté trois de 60 mm de diamètre tout au long de la ligne, et trois autres de 125 mm au centre de l'agglomération. Un investissement de 0,76 million d'euros destiné aux autoroutes de l'information, pour lesquelles les élus cherchent encore des partenaires privés ou publics.

PHOTOS

-Avant les premiers terrassements de la plate-forme de son tramway, la ville d'Orléans a vu ses rues sens dessus dessous. Objectif premier : le déport des regards par rapport à l'axe du tramway.

-EDF a profité du tramway d'Orléans pour pré-équiper la périphérie urbaine.

Des chantiers compliqués

Agglomération aux rues étroites, Orléans se prêtait difficilement aux déviations. Dans certains cas la plupart des réseaux ont été regroupés très près les uns des autres, avec une tranchée commune de 1,20 m de profondeur en moyenne. Certains réseaux ont été inclus dans la plate-forme à 80 cm de profondeur. La solution consistant à regrouper tous les réseaux dans des galeries techniques a été refusée en raison de son coût, sauf pour la traversée de la Loire et d'une rue. La proximité avec la plate-forme et les éventuels courants vagabonds a également imposé le remplacement de l'acier par de la fonte ou des protections catalytiques.

Pour le futur, une « convention de récolement » impose à chaque concessionnaire d'inscrire son réseau dans le SIGOR (système d'information géographique) de la ville.

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