Profession

Ordre des architectes : les trois priorités du président

Participer aux débats de société, améliorer l’offre de formation, accompagner l’évolution des entreprises d’architecture. Lionel Carli, élu en novembre dernier à la présidence du conseil national de l’ordre des architectes, trace sa route pour les trois années à venir.

« On ne peut pas défendre la qualité architecturale en restant isolé, insuffisamment formé et mal équipé. » Le message de Lionel Carli, nouveau président de l’ordre des architectes, à l’attention de ses confrères, est sans détour. Et pour le diffuser, l’élu national veut organiser, avant la fin de l’année, un grand rendez-vous : les assises de l’architecture. Trois priorités motivent cet évènement.
Première priorité : participer au débat sur l’évolution de la société, tout particulièrement à l’occasion des élections présidentielle et législatives de 2012, en réaffirmant la place de l’architecte, « maître d’œuvre du mieux vivre ensemble ». « L’architecte est un agitateur d’idées qui éclaire l’élu dans ses choix, s’enthousiasme Lionel Carli, mais il est surtout capable de traduire en projets architecturaux et urbains les orientations politiques. » Un rôle que lui disputent aujourd’hui bien des acteurs de la construction et qui impose à l’architecte une solide formation initiale et continue. « Nous ne dirons jamais assez combien il est important de se mettre à jour des nouvelles règles techniques et des nouveaux produits, mais les organisations professionnelles (Ordre et syndicats) doivent maintenant proposer des formations géographiquement et financièrement plus accessibles. » Une offre, deuxième priorité du président de l’Ordre, qui doit être directement liée au foisonnement des normes (en particulier la dernière d’entre elles sur les ascenseurs à laquelle la profession n’a pas été associée), à l’empilage des réglementations (accessibilité et thermique pour citer les plus lourdes), et à l’abondance de labels environnementaux (HQE, Effinergie, BBC, etc.). Autant de règles qui relèvent les exigences souvent au-delà des capacités techniques des architectes et qui contribuent, selon certains d’entre eux, à appauvrir la production architecturale… notamment de logements.

Une conférence de la maîtrise d’œuvre

Une partie de la réponse à cette multiplication des contraintes se trouve également dans l’évolution des agences. Fini la rémunération au pourcentage et les études sans contrats ? Fini le modèle libéral ? C’est la troisième priorité : Lionel Carli veut accompagner la mutation des agences en « entreprises d’architecture ». Il s’agit notamment de favoriser le développement de nouveaux outils adaptés aux différentes échelles d’interventions, d’inciter à la création de réseaux entre professionnels (plus d’un architecte sur deux travaille seul, sans collaborateur), et d’encourager les partenariats… au sein de la maîtrise d’œuvre.
« Notre projet d’assises nationales pourrait préfigurer une conférence de la maîtrise d’œuvre » espère Lionel Carli, marqué par le débat houleux sur le calcul des honoraires lancé par François Amblard, président de la Chambre de l’ingénierie et du conseil de France (Cicf), lors de son « opération vérité sur les prix » il y a un an. Cette « Méthode d’analyse des offres de prestations intellectuelles à l’attention des maîtres d’ouvrage » (voir notamment sur lemoniteur.fr) avait pour principal objectif la lutte contre les honoraires anormalement bas. Question largement d’actualité au sein de la maîtrise d’œuvre… mais révélatrice de la difficulté à communiquer entre architectes, ingénieurs et économistes de la construction.
Gageons que les organisations professionnelles adhéreront à ce projet d’assises, dans un contexte économique tendu qui les tient davantage à l’écoute des idées nouvelles…

 

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  • - Le
    Bjr, Comment l’ordre peut-il continuer à être juge et partie pour la formation des architectes ? Comment d’un côté faire de la formation professionnelle et de l’autre s’ériger le droit de juger et qualifier les formations qui auront le droit de faire la formation aux architectes ???? Qui pourra alors juger ou sanctionner le cas échéant les formations faites par l’ordre ?
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  • - Le
    je viens d’aller sur internet voir le montant des cotisations à l’ordre de différentes professions: Infirmiers: 75 € Kiné: 130/280 € Pharmaciens: 216 € Avocats: 228 € Médecins: 300 € Sans commentaire.
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