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Orange : L’acier… beau comme l’antique
Poutre treillis de 65 m de long asymétrique supportant des fléaux en acier de 18 m - ©

Orange : L’acier… beau comme l’antique

le 03/11/2010  |  VaucluseLoire-AtlantiqueMoselleTechnique

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Pour protéger un monument deux fois millénaire de la disparition, une poutre treillis de 65 m de long asymétrique supportant des fléaux en acier de 18 m est fermée par une couverture translucide. Seul l’acier galvanisé pouvait permettre de réaliser un tel ouvrage.

Légèreté, souplesse, résistance, les qualités intrinsèques de l’acier sont parfaitement exploitées dans un projet qui sauve le mur de scène du théâtre antique d’Orange de l’immanquable érosion du temps. « C’est en réalité un vieille idée », reconnaît Didier Reppellin, Architecte en Chef des Monuments historiques qui en a la responsabilité. Dans les faits, la toiture de l’édifice a disparu au V e siècle à la suite d’un incendie qui avait rubéfié la pierre la rendant semblable à du grès et depuis le temps à fait son œuvre. La maçonnerie directement exposée à la pluie et qui perdait ses marbres protecteurs se dégradait à une vitesse considérable. Une centaine de blocs de 2 à 100 kg menaçaient de tomber dans ce lieu accessible au public. « On prévoyait de perdre jusqu’à 20 cm de parement, et malgré la demande express des archéologues, les autorités n’avaient jamais autorisé des travaux. » Mais, Chorégies aidant, il a bien fallu à la fois assurer la protection de ce site prestigieux tout en l’équipant d’installations d’éclairage et de sonorisations complexes pour assumer sa nouvelle fonction. Toutefois, sur un tel monument, la première idée a été de tenter de retrouver et de restituer la toiture d’origine.

Archéologie et techniques de construction

Partant sur l’idée de la restitution archéologique, les responsables ont lancé des études préalables de faisabilité. Dans le même temps, les essais de restitution de la toiture antique à partir de l’observation des orifices laissés dans la maçonnerie ont conduit à des constats difficiles d’interprétation. La toiture ne ressemblait pas aux projections qui pouvaient en être faites simplement. Ensuite, les archéologues ont découvert que la quantité de bois brûlé par l’incendie était sans doute plus importante qu’envisagé. Ce qui a conduit les concepteurs à réviser entièrement leur approche et renoncer à une conception simple d’un ouvrage constitué de demi-fermes encastrées qui auraient été prolongées par un porte-à-faux de 20 m.

« C’est en se souvenant que les légionnaires venus pour participer à l’édification du théâtre avaient sans doute utilisé la technique du radeau avec un premier plateau court, un second plus long et ainsi de suite que nous avons effectivement trouvé la solution. » Mais, en l’absence de dessin précis, pas question de tenter l’expérience. Aussi s’est-on orienté vers un projet de toiture résolument moderne.

Légèreté, transparence et résistance de l’acier galvanisé

Techniquement, les seuls points d’appuis disponibles et fiables étaient deux parascenia repris au XIX e siècle et dont la résistance était suffisante pour supporter un ouvrage d’un tel poids. Pour franchir ces 65 m de portée et protéger l’espace scénique mais surtout les murs antiques qui le délimitent, la solution a été mise au point avec la participation d’Arep. « Une solution simple, explique Didier Reppelin, avec une grande poutre et des poutres transversales, une structure tridimensionnelle en acier galvanisé était la plus adaptée. En outre seul ce matériau a la souplesse nécessaire pour se soumettre à certaines exigences comme celle qui nous a conduits à définir une forme asymétrique afin de conserver 20 cm de mortier antique. On peut dire que, dans notre cas, l’acier s’est véritablement imposé. » Des fléaux en acier de 18 m en porte-à-faux sont haubanés et rattachés à la partie supérieure de la poutre. Un velum en lames d’inox suit le rythme défini par les travées antiques. Enfin, un matériau verrier ferme le dessus de l’ouvrage. L’ouvrage fabriqué à Metz a été conçu et posé par le groupement Eiffel-Eiffage en seulement dix mois et entre deux Chorégies. Un véritable exploit.

Mais, au préalable, il avait fallu tester la structure et vérifier sa résistance, en particulier au vent du sud, le plus dangereux. La soufflerie de Nantes a servi de cadres à des essais en grandeur nature qui ont conduit à définir des tensions de 400 kg.

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