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« On ne peut pas parler de dérive des coûts »

Propos recueillis par Nathalie Moutarde |  le 29/09/2017  |  ConjonctureTransportParisSeine-Saint-DenisVal-de-Marne

Entretien avec Philippe Yvin , président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP). -

Le gouvernement rendra prochainement son arbitrage sur le Grand Paris Express, dont le budget n'a pas dérapé, selon le président de la SGP.

Que pensez-vous du réexamen du projet du Grand Paris Express par le gouvernement ?

Il est normal qu'un nouveau gouvernement examine un projet d'une telle ampleur, surtout s'il s'est fixé un objectif de maîtrise des dépenses publiques sur le quinquennat.

Le Grand Paris Express (GPE) n'est pas financé sur crédits budgétaires mais son financement sera principalement assuré par l'emprunt, en complément des ressources propres de la Société du Grand Paris, qui sont de l'ordre de 530 millions d'euros par an. Ces emprunts vont peser sur le niveau de la dépense publique et sur le niveau de la dette de la France, pris en compte dans le calcul du déficit français. Selon le rythme de réalisation du GPE, nous dépenserons plus ou moins au cours des cinq prochaines années, avec un impact plus ou moins fort sur la trajectoire des dépenses publiques.

Quel est le coût du Grand Paris Express ?

Il atteint aujourd'hui 28 milliards d'euros. Ce chiffre, que nous avons communiqué au gouvernement début juillet, s'appuie sur les études d'avant-projet (AVP) des sept lignes du réseau. Il s'agit de l'estimation du coût technique ou, encore, de l'estimation à terminaison. Les décisions initiales d'investissement votées par le conseil de surveillance de la SGP entre 2013 et 2015, d'un montant de 22 milliards d'euros (hors foncier), se fondaient sur les études préliminaires.

Elles nous ont permis de lancer les marchés de maîtrise d'œuvre. Avec la poursuite des études, des évolutions sont intervenues. Par ailleurs, quatre modifications ont été apportées au projet, qui ont généré un surcoût de 1,1 milliard d'euros : l'interopérabilité à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) ; la construction d'un site de maintenance ainsi que d'un poste central de commandement pour les lignes 16 et 17 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ; le déplacement de l'atelier de maintenance de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) sur un terrain plus grand ; et la prise en charge par la SGP des véhicules de maintenance des infrastructures.

Enfin, cette enveloppe de 28 milliards inclut les travaux d'interconnexion du GPE au réseau existant, supportés à hauteur de 450 M€ par la SGP (sur un total de 1,5 milliard), et donc les coûts d'acquisition du foncier, estimés à 1,43 milliard.

Le média « Mobilettre » cite le chiffre de 35 milliards d'euros…

Ce chiffre correspond aux 28 milliards d'euros, auxquels s'ajoutent les provisions pour les aléas et les risques qui représentent potentiellement 25 % du coût du projet.

Nous avons retenu un taux de 16 à 22 % selon l'avancement des lignes pour les provisions pour risques, et un taux de 6 à 10 % pour les aléas. Aujourd'hui, on ne peut pas parler de dérive des coûts ou de dérapage budgétaire…

On ne pourrait le faire que lorsque la SGP se sera engagée sur un coût d'objectif pour les sept tronçons du réseau du GPE.

Quand ces coûts d'objectif seront-ils fixés ?

D'ici à la fin 2018. Au préalable, le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) doit approuver tous les dossiers d'AVP. Il l'a déjà fait pour trois lignes : la 15 sud, la 14 sud et la 16.

Quelle peut être la décision du gouvernement ?

Il y a quatre options : soit il ne change rien ; soit il décide de ne pas réaliser le réseau dans son intégralité ; soit il repousse son achèvement au-delà de 2030 ; soit il conserve la date de 2030 mais il modifie le calendrier de mise en service des lignes d'ici là. Quel que soit l'arbitrage rendu, la feuille de route sera adaptée en conséquence. La SGP, établissement public de l'Etat, appliquera la feuille de route définie par le gouvernement.

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