Réalisations

OMA pose son Blox à Copenhague [Portfolio]

Mots clés : Architecture

Conçu par Office for Metropolitan Architecture pour le Centre danois d’architecture, Blox est un édifice multifonctions qui permettra de redynamiser une zone délaissée du port de la capitale scandinave. Il ouvre le 7 mai.

Posé dans la partie sud du port de Copenhague, au Danemark, le bâtiment de verre enjambe, pour ne pas dire enveloppe, Christians Brygge, l’artère très passante qui longe les quais. Et sa silhouette très découpée, de même que ses façades transparentes lui permettent de le faire avec une certaine légèreté. Ce jeu de volumes décrochés, à la manière de boîtes empilées, lui ont valu son nom de Blox, une appellation elle-même en forme d’assemblage puisqu’elle compile block et box (boîte en anglais). Quant à la teinte vert bouteille qui recouvre une partie des parois vitrées, elle fait écho aux reflets des eaux portuaires et aux nombreuses coupoles de cuivre oxydé qui parsèment l’horizon urbain.

A l’issue de quatre ans de travaux, l’édifice de 28 000 m² (surface brute) est le premier, au Danemark, à porter la signature d’OMA, l’agence cofondée par le néerlandais Rem Koolhaas. Construit sous la direction d’Ellen van Loon, partenaire de l’agence, il doit ouvrir au public le 7 mai. Son imbrication de blocs fait comme un écho à sa programmation, fondée sur une grande mixité fonctionnelle. Outre le Centre danois d’architecture qui occupe 5 500 m² d’espaces d’expositions, mais aussi de bureaux, le bâtiment regroupe les incontournables (boutique, restaurant, cafés) de tout équipement culturel, une salle de remise en forme, un espace de jeux en plein-air, des parkings en sous-sols et enfin, aménagés dans les deux derniers étages, 22 appartements avec terrasses. Surtout, 7 000 m² sont occupés par les bureaux du Blox Hub, une plateforme regroupant 150 entreprises issues du domaine de l’architecture, du design, de l’urbanisme et dédiée à l’innovation urbaine. 

 

Epicentre culturel et politique

 

« D’ici à deux ans, nous devons nous établir comme un bâtiment dont la visite est incontournable », avance Kent Martinussen, le directeur du Centre danois d’architecture (Dansk Arkitektur Center, DAC). L’institution était auparavant installée dans un ancien entrepôt, de l’autre côté du port, mais il rejoint aujourd’hui le quartier des musées de la capitale danoise où se trouvent la Glyptothèque, le Musée national, l’Arsenal… Des terrasses du Blox, on voit ainsi l’imposante masse sombre du Diamant noir, la bibliothèque royale construite le long du port en 1999, par le cabinet danois Schmidt, Hammer et Lassen. Le secteur fait également figure de cœur politique du pays : à moins de 500 m, les murs néo-baroques de Christiansborg hébergent le parlement et le gouvernement.

Ce déménagement stratégique a permis au DAC, de tripler la surface de ses espaces d’exposition. Le centre culturel espère grâce à cela doubler sa fréquentation, qui s’établit à 100 000 visiteurs annuels. L’objectif est atteignable puisque « le nombre de tickets culturels achetés annuellement dans le district des musées s’établit à 4,7 millions », insiste son directeur, qui espère bien profiter de cette manne.

 

Dynamisation et désenclavement

 

L’association philanthropique Realdania est l’instigateur de ce programme ambitieux. Comptant quelque 149 000 membres, cette organisation a pour but d’améliorer la qualité de vie à travers le bâti et a, depuis 2000, injecté près de 2,3 milliards d’euros dans plus de 3 200 projets urbains de développement ou de réhabilitation. En 2004, sa filiale Realdania By & Byg a fait l’acquisition du terrain destiné à accueillir le DAC. Malgré sa proximité avec l’hypercentre, le site était un peu à l’abandon, occupé par des parkings et un jardin d’enfants. Le client souhaitait à la fois le redynamiser mais aussi le désenclaver : une imposante artère routière l’isolait en effet des quais. Retenue parmi six agences, à l’issue d’un dialogue compétitif, OMA avait donc proposé une construction qui absorbe littéralement la route.

Pour mieux profiter de l’ensoleillement, le bâtiment désormais achevé est décalé en bordure du quai. Un positionnement qui a permis de dégager, côté centre historique, une place par laquelle se fait l’entrée des visiteurs. Ces derniers doivent emprunter un escalator pour descendre au niveau d’accueil situé sous l’axe routier. « Le bâtiment est schématiquement structuré autour de deux ponts, l’un qui passe en-dessous de la route, l’autre au-dessus, avec une circulation intérieure proche d’une spirale », explique Ellen Van Loon, partenaire chez OMA, en charge du projet. La partie souterraine du bâtiment a complexifié le chantier, que l’architecte compare aujourd’hui à « la construction d’une station de métro ».

 

Structure en acier et transparence

 

« Compte-tenu de la route et de la proximité du port, les endroits où nous pouvions faire reposer la structure était très limités », indique de son côté Chris Caroll, directeur du bureau d’études Arup, en charge de l’ingénierie. La structure en acier sur laquelle repose l’édifice est constituée de 18 poutrelles de 30 m de longueur. Originalité du bâtiment : le choix d’un système de parking automatisé, construit par l’entreprise allemande Lödige. Une fois que le conducteur a déposé sa voiture dans une cabine de la taille d’un garage, celle-ci est ensuite déplacée en sous-sol et parquée par un système robotisé. Trois niveaux de parkings permettent de stocker 350 véhicules. « Construire un parking traditionnel aurait pesé sur les coûts, notamment en termes de structure et de ventilation », indique l’architecte Adrianne Fisher, directrice de projet pour OMA.

La circulation à l’intérieur du bâtiment qui joue la transparence maximale, ménage pour les visiteurs de multiples vues sur la ville, le port, l’axe routier le traversant, mais aussi les espaces intérieurs de l’édifice. Véritable ville dans la ville, Blox donne à voir l’architecture urbaine de l’intérieur. A l’automne prochain, une passerelle piétonne et cycliste viendra finaliser cet aménagement urbain, en reliant Blox à l’autre rive du port.

 

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Realdania.

Maîtrise d’œuvre : OMA, architecte ; C. F. Møller, avec PLH Arkitekter ; architectes locaux.

BET : Arup with Cowi (ingénierie générale et développement durable), Arup façades Engineering, avec VS-A (façades), Ducks Scéno (scénographie).

Surface : 28 000 m², surface brute ; 18 000 m², surface nette.

Principales entreprises : Züblin A/S (contractant principal), Metallbau Früh (façades), Lödige Industries (parking automatiques).

Coût : 268 millions d’euros (2 milliards de couronnes danoises).

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