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Olympiades des métiers Un tremplin pour les anciens lauréats

VERONIQUE DE JACQUELOT |  le 10/08/2001  |  France entièreFormation BTPEntreprisesConcoursEurope

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Les jeunes du BTP membres de l'équipe de France, qui ont participé aux trois dernières Olympiades des métiers, sont devenus des professionnels aguerris.

Du 6 au 19 septembre 2001, une nouvelle génération de concurrents s'affrontera à Séoul (Corée du Sud) lors des XXXVIe Olympiades des métiers. Vitrine des métiers (1), ce concours, qui se déroule tous les deux ans, s'avère un formidable tremplin pour les jeunes sélectionnés en équipe de France.

Leurs aînés, qui ont participé aux précédentes Olympiades (Lyon en 1995, Saint-Gall en 1997 et Montréal en 1999) en témoignent.

Les Olympiades les ont marqués. Quel que soit leur résultat final, ils en retirent une grande assurance personnelle et la capacité de gérer un niveau élevé de stress, grâce en particulier au stage de l'Institut national du sport et de l'éducation physique (Insep) destiné aux sportifs de haut niveau.

Aujourd'hui, employeurs et banques leur font confiance malgré leur jeunesse, même si ce bénéfice-là n'est pas aussi évident qu'ils pouvaient s'y attendre. Représentant l'élite de leur métier, ils ont, depuis, parfait leur savoir-faire, souvent créé ou repris une entreprise. Tous ont un point en commun : transmettre l'amour de leur métier.

(1) Trente-neuf métiers sont en compétition à Séoul, dont quatorze du BTP : carrelage, charpente, construction métallique, ébénisterie, électricité courant fort, ferblanterie-couverture, installations électriques, maçonnerie, menuiserie, paysagisme, peinture, plâtrerie, plomberie, taille de pierre. Voir www.cofom.org

Hervé Simon, installation électrique, diplomé d'honneur à Montréal, 23 ans «Objectif : reprendre l'entreprise familiale...»

Deux ans après sa participation aux XXXVe Olympiades des métiers de Montréal, Hervé Simon est décidé à prendre la succession de son père à la tête de l'entreprise familiale - 3 salariés, 198 000 euros (1,3 million de francs) de chiffre d'affaires -, située à Rémondans-Vaine dans le Doubs : « Je vais reprendre mes études pour passer un brevet de maîtrise et acquérir les connaissances qui me manquent en gestion. » Hervé Simon garde un bon souvenir des Olympiades : « On apprend énormément. J'aime mon métier, et je voudrais le transmettre. J'adorerais enseigner. Cette année, j'ai été membre du jury, à Saintes, pour la région Poitou-Charentes. Si je le pouvais financièrement, j'irais à Séoul. Je manque de temps, mais, dans la mesure du possible, je m'occupe également de notre apprenti. » Son passage dans l'équipe de France des métiers fut bénéfique à plein d'égards. « C'est une formation fabuleuse, tant sur le plan professionnel que psychologique. Le stage à l'Insep, par exemple, nous a permis de côtoyer les sportifs de l'équipe de France. On s'est entraîné physiquement, on a pu discuter. J'en suis sorti beaucoup plus fort... »

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Julien Renard, platrier, médaillé d'or à Saint-Gall, 25 ans «Un concours prestigieux pour les métiers manuels...»

« Tout me plaît dans le plâtre. On ne peut rien imaginer de plus simple en soi mais de plus difficile à utiliser. A la base, ce n'est jamais que de l'eau et de la poudre. Maintenant, je peux faire exactement ce que je veux avec ce matériau. A 15 ans, pourtant, et faute d'être accepté en menuiserie, je savais juste que je voulais travailler à l'intérieur et éviter les travaux en hauteur. J'ai choisi par élimination ! »

Julien Renard est parvenu au sommet de son métier. Reçu compagnon en 1996 après six ans et demi de formation (brevet de maîtrise) au sein de l'Association ouvrière des compagnons du tour de France (AOCDTF), il remporte en 1997 la médaille d'or aux XXXIVe Olympiades de Saint-Gall (Suisse).

Il travaille aujourd'hui, dans la région de Toulouse, pour une entreprise spécialisée en décoration intérieure (plâtre et staff) : « Je prépare également des jeunes en vue des Olympiades de Séoul, et je compte bien être expert lors des suivantes car c'est un concours prestigieux, susceptible d'attirer des jeunes vers les métiers manuels. Je regrette pourtant que les Olympiades n'apportent aucune récompense concrète, sous forme par exemple d'un pécule pour s'équiper ou s'installer. En entreprise, le salaire n'en tient absolument pas compte. La gloire et une médaille... c'est à la fois beaucoup et trop peu. »

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Franck Barange, menuisier, médaillé de bronze à Lyon, 26 ans «Une référence professionnelle reconnue»

« Les olympiades m'ont permis d'être embauché facilement par des entreprises qui m'intéressent. »

Titulaire d'une formation (CAP/BEP/BP) acquise par alternance en maison familiale rurale, Franck Barange, en bon menuisier, a cherché depuis sa participation aux XXXIIIe Olympiades des métiers de Lyon en 1995, à améliorer son savoir-faire. «J'ai été engagé sur références par une entreprise agréée par les Monuments historiques. Pendant deux ans, j'ai travaillé à la main avec des outils traditionnels pour refaire, par exemple, des plafonds, des portes, des cheminées ou des escaliers à l'ancienne. Depuis avril 2000, une autre entreprise m'a débauché. Je réalise du «moderne», des aménagements sur mesure pour des hôtels quatre étoiles ou des intérieurs de luxe. »

Aujourd'hui, Franck Barange se voit changer encore plusieurs fois d'entreprises avant de créer la sienne : « J'ai vraiment le goût de mon métier : fabriquer une pièce à partir d'un morceau de bois, toujours plus compliquée et plus vite. Je veux acquérir de l'expérience, asseoir ma réputation pour pouvoir me mettre à mon compte et trouver une clientèle sensible à la qualité, pas seulement à la facture. »

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Olivier Four, maçon, médaillé d'or à Saint-Gall, 22 ans «Un jour, je créerai ma propre entreprise»

A l'exemple de ses deux frères aînés, Olivier Four est parti pour être reçu compagnon (via l'AOCDTF) d'ici à deux ans. Depuis 1997, année de sa participation aux Olympiades de Saint-Gall, il a parcouru du chemin, au sens propre comme au figuré. « Le concours m'a permis d'effectuer mon service militaire en Nouvelle-Calédonie en intervenant auprès du secrétariat d'Etat aux PME et à l'Artisanat. Après mon apprentissage, j'ai travaillé six mois à Lille puis au Mans. Pour l'an 2000, je suis allé aux Etats-Unis avec les Compagnons approfondir ma connaissance des techniques de la brique. Aujourd'hui, après Bordeaux, je suis dans les Pyrénées. L'année prochaine, j'intègre l'Institut de la taille de la pierre à Rodez. Un jour, je créerai ma propre entreprise. » Amoureux de son métier de maçon, il déplore sa dévalorisation : « C'est pourtant un métier essentiel. Les gens «méprisent» la maçonnerie, mais ils viendront toujours nous chercher pour construire leur maison. En plus, les techniques évoluent avec l'utilisation de nouveaux bétons. »

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Ghislain Bouchard, tailleur de pierre, diplomé d'honneur à Saint-Gall, 25 ans «Les Olympiades forgent le caractère»

Ghislain Bouchard aurait pu devenir sculpteur. En classe de première artistique, il a préféré bifurquer directement vers un CAP de tailleur de pierre plutôt que tenter les Beaux-Arts : « Je ne regrette rien, je suis bien content d'avoir choisi l'artisanat. Ce qui compte, c'est le rapport avec la matière... Il faut la comprendre, elle le mérite. »

Quelquefois démoralisé au cours de son apprentissage, Ghislain Bouchard n'a jamais eu l'idée d'arrêter : «C'est la même chose pour les Olympiades. Les épreuves se déroulent sur deux ans... c'est passionnant mais c'est dur et très stressant. En fait, cela forge le caractère. J'y ai gagné beaucoup de confiance en moi, et cela m'a aidé à gagner celle des banquiers. »

Ghislain Bouchard a repris, il y a huit mois, dans l'Ain, une marbrerie funéraire - 30 salariés, 183 000 euros (1,2 million de francs de chiffre d'affaires). « C'était une opportunité, et je m'en sentais capable. J'ai un très bon poseur de pierre et un excellent graveur. Les machines sont performantes. Je tâche de faire évoluer l'entreprise vers le bâtiment. Nous commençons à avoir une clientèle de particuliers et d'architectes. Depuis huit mois, nous avons réalisé, par exemple, une salle de bains et son bac à douche massif avec une salamandre, des encadrements de fenêtre, des éviers en pierre... et des sculptures sur monuments funéraires, bien sûr. Je m'occupe des papiers le soir pour être à l'atelier pendant la journée.»

Laurent Mangold, installateur électrique, membre de l'équipe de France à Saint-Gall, 25 ans «Je me suis fixé un critère élevé de qualité»

Quatre ans après Saint-Gall, Laurent Mangold a tout lieu d'être satisfait. Spécialiste de l'armoire électrique, il a créé sa propre entreprise de câblage à La Voute-sur-Loire (43) qui emploie deux salariés en plus de lui : « Nous allons doubler notre chiffre d'affaires en 2001, à 122 000 euros. Je trouve que cela va presque trop vite. Nous livrons des tableaux électriques, essentiellement à des entreprises, dans la France entière. Le client se charge de les installer. Nous avons peu de concurrence en France, et, surtout, nous nous sommes fixé un critère élevé de qualité. Nous voulons être fiables et capables de résoudre les éventuels problèmes techniques de nos clients. »

Rentré bredouille des Olympiades, Laurent Mangold ramenait en fait l'essentiel : « Le concours impose un niveau très haut d'exigence. J'en ai retiré le goût du savoir-faire et la certitude que la qualité et la technicité paient. Puis j'ai rencontré des gens de tous les horizons. Les banques n'apprécient pas toujours les Olympiades des métiers à leur juste valeur; pourtant, c'est une garantie de compétence. J'ai maintenant dix ans de métier, et j'ai l'impression de le connaître très bien. L'électricité est un métier d'avenir et passionnant. Ses domaines d'application sont énormes, et les techniques évoluent constamment. »

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