Olivier Berthaut, artisan et militant du patrimoine

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Pierre Pichère |  le 17/02/2020  |  renovationartisansFrance EstAubePatrimoine

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« Je rêve encore debout ! ». Fin 2019, Olivier Berthaut, artisan spécialisé dans la restauration de bâtiments anciens à Lusigny-sur-Barse, dans l’Aube, a été consacré lauréat des Trophées de la Chaux, portés par les ciments Calcia et Socli.

Sur la vingtaine de dossiers, c’est celui d’Olivier Berthaut qui a été consacré aux Trophées de la Chaux. L’artisan aubois avait candidaté sur la base d’un bâtiment labellisé Fondation du Patrimoine, situé dans l’enceinte d’une ancienne abbaye, à Montieramey (Aube), sous expertise des Architectes des Bâtiments de France.

« La reprise des moellons calcaires et des pierres de taille en utilisant les outils traditionnels du maçon ainsi que la mise en œuvre des enduits » ont remporté les suffrages du jury. Pour Olivier Berthaut, 44 ans et créateur de son entreprise Savoirs d’Antan et Bâtisseurs d’Avenir (SARL SABA), « c’est la reconnaissance du travail mené depuis des années. »


De la maîtrise de droit à l’artisanat


Lui qui aime se décrire comme un « mouton à 5 pattes » se définit comme « un nouvel artisan et, ajoute-t-il, comme beaucoup de gens de ma génération. » D’abord titulaire d’une maîtrise de Droit privé en 2000, « pour passer des concours et devenir officier de gendarmerie ou magistrat », Olivier Berthaut poursuit par un Master en protection de l’environnement et, dès 2003, s’intéresse aux bâtiments écologiques : « C’était encore trop tôt, je n'ai alors trouvé aucun poste. »

Il enchaîne toutes sortes de métiers, se retrouve sans emploi, mais a l’idée fixe de créer une entreprise du bâtiment : « On m’a répondu qu’il fallait un CAP. C’est ce que j’ai fait ! » Et bien plus. Inscrit à l’Institut universitaire des Métiers et du Patrimoine, à Troyes, il mène pendant deux ans (2006-2008) un double cursus, et obtient un CAP, un BEP et un BP de gros œuvre – couvrant maçonnerie tant en béton armé qu’en taille de pierre – ainsi qu’une formation en gestion d’entreprise.

Il débute sous la forme d’une micro-entreprise et devient chef de chantier salarié pour reconstruire, pendant deux ans, la grange du XVe siècle du Moulin de Dosches, un chantier d’insertion piloté par l’association des Moulins à Vent Champenois. Après deux expériences au sein d’entreprises auboises spécialisées dans le bâti ancien, il franchit le pas et crée la SARL SABA.


Transmettre aux jeunes générations


N'oubliant pas le parcours qui lui a permis de se consacrer pleinement à la restauration, il préfère rester seul dans son entreprise… et consacrer deux mois par an à la formation : « Je forme à l’IUMP de Troyes, auprès des Compagnons du devoir et de l’association Maisons Paysannes. Je forme sur la terre crue, depuis les enfants d’école maternelle jusqu’aux étudiants d’école d’architecture. »

Maisons à colombage, torchis, béton de chanvre et terre cuite font partie de cette volonté de transmission que porte l’artisan : « Alors, forcément, vous comprenez pourquoi je suis seul... Mon emploi du temps est trop compliqué pour accueillir des stagiaires ou des apprentis. »


« Je me suis rendu compte que je n’étais pas seul »


Pour l’ancien spécialiste de droit privé, qui réalise des restaurations d’abbayes, de lavoirs ou de fours à pain, la tradition ne se décrète pas : « Je suis seul, mais dans la transmission. J’ai galéré pour retrouver des techniques anciennes de terre crue, des savoir-faire, des personnes sur qui s’appuyer. J’ai potassé, réalisé de nombreux essais, expérimenté. »

Olivier Berthaut s’est engagé au point d’être l’un des contributeurs – sur le torchis  du projet national TERRE qui a publié six guides de bonnes pratiques dans ces domaines : « En participant à ce projet, je me suis rendu compte que je n’étais pas seul ! »

Il suffit de l’interroger sur ses outils pour comprendre à quel point les techniques anciennes ne constituent pas chez le quadragénaire un effet de mode : « Dans la mesure où je travaille sur des façades tordues, j’utilise le fil à plomb, que beaucoup de maçons ont oublié au profit du niveau... »

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