Entreprises de BTP

Objectifs atteints pour Bouygues en 2017

Mots clés : Entreprise du BTP

Martin Bouygues a présenté jeudi 22 février le bilan 2017 de son groupe. Tous les métiers ont contribué aux bons résultats enregistrés l’an passé, et le secteur de la construction a atteint ses objectifs de hausse du résultat (+69M€) et de la marge opérationnels courants (3,6% soit 0,1 point de plus). « L’environnement porteur en France et à l’international » devrait permettre de réitérer la performance en 2018 selon le PDG du groupe.

« Il est toujours plus agréable de présenter de bons résultats. En l’occurrence, les nôtres le sont. » Martin Bouygues, PDG du groupe Bouygues, faisait état de son optimiste dès les premiers mots de sa prise de parole, ce 22 février, pour présenter le bilan de l’année 2017. Son groupe – Bouygues Construction, Bouygues Immobilier, Colas, TF1 et Bouygues Télécom – a dégagé un bénéfice net de 1,085 milliard d’euros, en hausse de 48%, supérieur aux prévisions des analystes qui misaient sur 899 millions d’euros (vs 732 millions en 2016). Le chiffre d’affaires, lui, progresse de 4% à 32,9 milliards.  

Le bénéfice opérationnel a bondi de 62% à 1,53 milliard d’euros, notamment grâce à un élément exceptionnel: 113 millions d’euros de produits non courants engrangés l’an dernier, notamment des recettes de cessions, contre 174 millions d’euros de charges non courantes en 2016. Quant à la marge opérationnelle courante, elle progresse de 0,8 point pour s’établir à 4,3% l’an dernier. « Tous les métiers ont contribué à ces bons résultats et à l’amélioration de la profitabilité », note Martin Bouygues

 

Construction : excellente performance commerciale

 

Les activités de construction ont dégagé un bénéfice net de 761 millions d’euros, dont 125 millions dégagés par Bouygues Immobilier, contre 91 millions en 2016. Leurs résultats et marges opérationnels courants sont en hausse, respectivement de 8% (à 948 millions d’euros) et 0,1 point (3,6%), permettant à ce secteur d’atteindre les objectifs qu’il s’était fixés.

Les trois entités de la construction ont enregistré « d’excellentes performances commerciales », en France comme à l’international, précise le PDG du groupe. Et d’ajouter : « les carnets de commandes atteignent des niveaux records (31,9 milliards d’euros à fin décembre, soit une progression de 6%, NDLR) tout en maintenant une grande sélectivité ».

Dans le détail, les carnets de commandes augmentent de 7% pour Bouygues Immobilier (à 3,162 milliards d’euros) et Colas (à 7,584 milliards), et de 5% pour Bouygues Construction (à 21,177 milliards). Bénéficiant d’un environnement plus favorable en France, les prises de commande dans l’Hexagone ont, à elles seules, progressé de 9%, pour un total de 15,4 milliards d’euros pour les trois entités. Le poids global de la France se renforce ainsi, passant de 45% en 2016 à 48% l’an dernier.

Mais la part de l’international dans les carnets de commandes de Bouygues Construction et de Colas, présents dans 90 pays, reste majoritaire, s’élèvant à 57%. Leurs carnets de commandes augmentent respectivement de 5% (à 21,177 milliards d’euros) et 7% (7,584 milliards d’euros). Et 57% de ces marchés ont été conclus hors de France, pour les deux entités réunies.

Parmi les bonnes prises de 2017 : du côté de Bouygues Construction, le contrat de smart city à Dijon, plusieurs quartiers « durables » en France et en Suisse, le métro de Melbourne. Pour Colas, des contrats ferroviaires en France et au Royaume-Uni, et des marchés autoroutiers en Hongrie.

Pour 2018, le PDG Martin Bouygues indique que « le groupe est très bien positionné sur des secteurs d’activité à fort potentiel de croissance, ce qui assure à l’ensemble de ses métiers des perspectives prometteuses ». Il évoque notamment « de grands enjeux écologiques, démographiques et technologiques » auxquels le groupe est capable de répondre, en apportant des « solutions innovantes », en matière de conception et réalisation de ville durable et intelligente, et de modèles de construction « sobres en consommation de ressources ».

 

Transformation du groupe

 

« Le digital et les ressources humaines seront au cœur de la transformation du groupe en 2018 », ajoute-t-il. Ses objectifs sont multiples : inventer de nouvelles offres et de nouveaux modèles économiques, en axant notamment les réflexions autour de l’économie circulaire et de l’exploitation de la data ; satisfaire les clients et utilisateurs finaux en développant les visites immersives, la smart mobility ou les solutions de connectivité ; gagner en productivité en renforçant le BIM, la réalité augmentée et les outils digitaux de gestion des équipements.

Côté RH, Martin Bouygues souhaite augmenter la part des femmes managers, pour atteindre le seuil des 20% en France en 2020 et continuer à encourager la « création et l’initiative collective » grâce à son programme d’intrapreneuriat.

Comptant sur ces pistes de développement et sur un « environnement porteur en France et à l’international », le PDG espère encore améliorer la profitabilité du groupe en 2018. « Les activités de construction continueront d’être sélectives et de privilégier la marge aux volumes », promet-il. Le résultat et la marge opérationnels courants de ces activités devraient ainsi poursuivre leur amélioration.

 

 

Focus

Colas s'engage sur une meilleure voie

La conjoncture économique, notamment en France, est plus favorable, et la filiale routière du groupe Bouygues en profite. Ainsi, « Colas renoue avec la croissance en 2O17 », a annoncé son P-DG Hervé Le Bouc, le 22 février.

Le chiffre d’affaires a ainsi progressé de 6% (à 11,7 milliards d’euros) l’an passé, « essentiellement grâce à la reprise de l’activité routière en France métropolitaine ». La marge opérationnelle enregistre une « légère amélioration » de 0,1 point, pour s’établir à 357 millions d’euros.

 

82% du chiffre d’affaires vient de la route

 

La route représente 82% du chiffre d’affaires du groupe (69% pour la construction, 13% pour la vente de matériaux). En France métropolitaine, la reprise fait du bien et les 6 filiales régionales ont amélioré leur performance opérationnelle. Le chiffre d’affaires augmente de 8% (à 4,3 milliards d’euros).

Les collectivités locales ont relancé « des projets structurants, comme le veut la tradition à mi-mandat », constate Hervé Le Bouc. Colas a par ailleurs remporté pour 4O millions d’euros de marchés dans le cadre du plan de relance autoroutier. « 1O% de ce plan ont été attribués, le reste doit l’être dans les deux ou trois prochains mois », assure-t-il.

Ces bons résultats viennent aussi d’une légère reprise de l’investissement privé et de la diversification des activités opérée par le groupe. Il a lancé la marque Colas & Vous, dédié aux travaux pour les particuliers, s’engage dans la déconstruction et la dépollution (notamment sur la ligne 15 sud du Grand Paris Express) ou encore dans le négoce des matériaux.

 

Closing imminent pour le rachat de Miller McAsphalt

 

En Europe, l’activité progresse de 17%, avec une dynamique soutenue en Europe centrale (+35%), où sont lancés de grands projets routiers et autoroutiers financés par l’Union européenne. En Amérique du Nord, l’année a été plus difficile (+2%), même si le dernier trimestre a permis de rattraper le retard pris en début d’année aux Etats-Unis.

Le fait le plus marquant dans cette zone géographique reste l’acquisition, au Canada, de Miller McAsphalt, la plus importante réalisée par Colas (entre 6OO et 7OO millions d’euros). Le closing est « imminent » selon Hervé Le Bouc, et permettra à Colas de doubler de taille dans la région.

 

Colas Rail en retrait

 

Le ferroviaire, en revanche, est à la peine. Avec un chiffre d’affaires de 94O millions d’euros, il recule de 3%, en partie à cause de « pertes sur le fret » et de « problèmes de management ». Ce qui a conduit le groupe à prendre « des mesures de redressement », Hervé Le Bouc évoquant un renouvellement du management, une réorganisation des activités en France et des cessions d’actifs.

Pourtant, parmi les succès 2O17, Colas Rail a compensé la fin des LGV par le lancement de projets de tramways en France et a signé de contrats de renouvellement et de maintenance du réseau ferré national en fin d’année. Au Royaume-Uni, il a également remporté un important contrat de maintenance.

Le redressement de l’entité ferroviaire sera l’une des priorités pour 2O18, et les premiers effets des mesures prises pour cela devraient se faire sentir. De manière générale, le P-DG de Colas est confiant : le chiffre d’affaires devrait continuer à croître et une amélioration de la marge opérationnelle est attendue.

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