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Nouvelles technologies Internet n'a pas encore séduit les collectivités locales

josette dequéant |  le 24/01/1997  |  BâtimentCollectivités localesCommunicationNumériqueEtat

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-Les collectivités locales n'en perçoivent pas toujours l'utilité économique et sociale. -Quelques villes ont pourtant ouvert la voie, qui ne le regrettent pas.

Quel peut être l'intérêt pour les collectivités locales de disposer d'Internet ? La plupart de celles qui se disent tentées par l'expérience répondent : être davantage au contact des habitants ; leur donner en permanence des informations actualisées de façon simple et peu coûteuse ; avoir accès à des bases de données et pouvoir dialoguer avec des experts. Plus rarement (et c'est pourtant tout l'enjeu de cette nouvelle technologie) : faire la promotion, au niveau régional, national, mais également mondial, des atouts touristiques ou économiques de la ville, désenclaver la commune et attirer ainsi des investisseurs. Car Internet est d'abord un réseau commercial sur lequel beaucoup d'entreprises prospectent. Et peu de maires ont conscience qu'il s'agit là d'une chance à saisir.

Effet d'entraînement des réseaux

Internet devrait aussi devenir un facteur de cohésion sociale, notamment par le développement de l'enseignement : « La connaissance d'Internet peut être pour les jeunes un passage obligé qui leur permettra d'être à l'aise et non exclus de la technologie dans notre société » souligne François Cholley, maire de Villemoisson-sur-Orge et rapporteur du groupe « Nouvelles technologies » de l'Association des maires de France (AMF). Opinion également partagée par André Santini, maire d'Issy-les-Moulineaux : « Il faut maîtriser l'image trop moderniste d'Internet en lui donnant une connotation sociale, par exemple en offrant aux personnes en recherche d'emploi de mettre leur curriculum vitae sur un serveur. Grâce à ce service gratuit, les entreprises de la ville peuvent recruter en un temps record ». Quelques semaines après sa création, en mai 1996, le serveur d'Issy-les-Moulineaux avait déjà comptabilisé quelque 2 500 connexions ! Malgré ces diverses motivations, Internet n'a pas encore séduit les collectivités locales (1) parfois échaudées par les déconvenues du câble. La commune de Montreuil (Seine-Saint-Denis), au contraire, parie sur l'effet d'entraînement des réseaux. Anticipant sur l'accès Internet qu'offrira avant l'été son réseau câblé (plus de 5 000 foyers déjà raccordés), la ville est en train d'ouvrir son propre site à l'usage des administrés, des entreprises et des praticiens médicaux. L'accès à Internet, via un modem-câble, devrait être commercialisé dès juin autour de 150 francs. Le serveur, hébergé à l'IUT de l'Université de Paris VIII, contient, dans sa forme initiale, près de 300 pages et trente séquences vidéo.

Ne pas se tromper de cible

En fait, peu de villes discernent l'intérêt spécifique d'Internet. « Il ne s'agit pas de se tromper de cible, de doubler le Minitel ou de refaire un service télématique bis » avertit Francis Hector, de la Mission Internet de la mairie de Metz où, un serveur a été ouvert en interne en avril 1995.

Le conseil régional d'Aquitaine, qui vient de recevoir le prix « Une collectivité en or sur Internet » (prix du meilleur site de collectivités locales) a souhaité, dès novembre 1993, se connecter sur Internet pour permettre « d'échanger des données avec le reste du monde, dont un annuaire de la recherche régionale ». A l'époque, les seuls clients du réseau étaient des laboratoires de recherche, des scientifiques et des universitaires. Depuis, le serveur a hébergé des expositions virtuelles (comme celle des grottes de Lascaux) et des entreprises qui en avaient fait la demande. La région a aidé de nombreux sites à se raccorder et à s'équiper et a favorisé l'arrivée de prestataires locaux pour qu'on puisse se relier à Bordeaux sans passer par la capitale et bénéficier du tarif de taxation locale.

Les problèmes financiers (la solution la moins onéreuse étant l'hébergement sur un serveur existant) et techniques (faut-il confier ou non la réalisation des pages à un prestataire extérieur ?) ne sont peut-être pas les plus importants. L'essentiel pour les collectivités locales, comme le soulignera le colloque organisé le 28 janvier, lors des 6e Rencontres de l'Observatoire des télécommunications dans la ville, c'est de bien cibler leurs besoins présents et futurs. Car les serveurs ne seront rentables que s'ils contiennent une véritable valeur ajoutée et pas seulement des pages d'information dont se lasseront vite les administrés.

LEGENDE DU DESSIN

A l'occasion du Forum CAP'COM de la communication publique et locale, le conseil régional d'Aquitaine a reçu le prix «Une collectivité en or sur Internet» des mains de Dominique Perben, ministre de la Fonction publique, de la Réforme de l'Etat et de la Décentralisation.

(1) On peut retrouver sur le site du CNRS toutes les régions et les villes qui communiquent sur Internet.

Large fourchette de prix

Implanter son propre serveur implique des moyens financiers assez importants. D'une manière générale, on peut donner une large fourchette variant de 20 000 à 800 000 francs selon la qualité du site (nombre de pages ; nature et volume des informations transmises ; répartition des textes et des photos ; facilité et fréquence des mises à jour ; accès à certains services ; allocation de mémoire nécessaire au stockage du site...). Il est donc nécessaire de faire une étude détaillée des besoins. A titre d'exemple, le site d'Issy-les-Moulineaux a couté 100 000 francs d'investissement pour 400 pages remises à jour régulièrement.

Les zones franches sur internet

Les entreprises pourront, d'ici quelques mois, obtenir des informations précises sur l'une des 44 zones franches. Pour l'instant, seules celles intéressées par ce dispositif à Mantes-la-Jolie peuvent avoir ces renseignements par l'intermédiaire du réseau Internet. En effet, la délégation interministérielle à la ville (DIV) a sélectionné cette commune pour y implanter son premier site.

Ce service a deux fonctions : il fournit notamment le périmètre de la zone franche, les prix des locaux et du foncier, les personnes à contacter...

Mais il s'agit aussi d'un outil d'aide à la création et à la gestion d'entreprise qui sera bientôt opérationnel.

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