Industrie/Négoce

Nouvelle France Industrielle : une filière industrie et négoce en pointe pour la rénovation énergétique

Mots clés : Distribution - Efficacité énergétique - Politique énergétique

Le plan « Rénovation thermique des bâtiments » validé le 18 juin lors du 4ème comité de pilotage de la Nouvelle France industrielle doit contribuer à l’augmentation du nombre de rénovations de 200 000 par an actuellement à près de 500 000. En supposant le coût unitaire de la rénovation à 18 000 €, ce plan induirait 5,4 milliards de chiffre d’affaires annuel supplémentaire dans le secteur de la construction.

Pour rénover énergétiquement 500 000 logements par an, le secteur de la construction a certes besoin d’une main d’œuvre qualifiée. Mais il a également besoin d’une filière de l’industrie et du négoce structurée au niveau technique et organisationnel autour de la rénovation des bâtiments.

Pour fournir une offre massive et intégrée de rénovation du bâtiment, de qualité et surtout à moindre coût, le groupe de travail « Rénovation thermique des bâtiments » dont la feuille de route a été validée mercredi 18 juin par Arnaud Montebourg lors du 4ème comité de pilotage des 34 plans de la Nouvelle France Industrielle a proposé une réflexion globale pour mettre en mouvement la filière avec une idée force :  « Jacques Pestre, Marcel Torrens et le groupe de travail ont choisi de faire rentrer la logique de performance énergétique dans tous les travaux. Une logique finalement moins compliquée que celle du passé », analyse Valentin Przyluski, conseiller d’Arnaud Montebourg chargé de la transition écologique de l’économie et de l’énergie.

Financement de projets de bâtiments démonstrateurs, développement de la maquette numérique, projet de structuration de filière, le groupe de travail a présenté 5 grands principes d’action déclinés en 11 programmes avec l’espoir de générer à terme 5,4 milliards de chiffre d’affaires supplémentaire pour le secteur de la construction. 75 000 emplois nets et pérennes seraient créés dans l’ensemble des branches, répartis pour 70% dans le bâtiment et 10% dans l’industrie manufacturière.

 

11 programmes

 

Comme pour le plan « Industries du bois » (lire ici), une structure juridique de type association, reconnue d’intérêt public, composée des décideurs industriels et du négoce, prendra en main le développement de l’offre industrielle pour la rénovation énergétique du bâtiment en appui aux entreprises et artisans du bâtiment (action 1a). Ce « Cercle des Industriels et des Négoces de la Rénovation » sera chargé, en s’intégrant dans les dynamiques régionales pour la mise en oeuvre du plan de rénovation énergétique de l’habitat, de donner une impulsion à  la filière de l’industrie et du négoce de la rénovation énergétique par le développement de l’offre de solutions performantes à coûts maîtrisés (action 1b).

S’appuyant sur son idée force – intégrer l’efficacité énergétique dans tous les travaux significatifs de rénovation (une idée portée par le projet de Loi de Programmation pour la Transition Energétique)   – le « Cercle » appuiera le travail de simplification et de mise en cohérence des dispositifs (Eco-PTZ ; CIDD – qui sera à minima maintenu sur sa forme actuelle jusqu’à fin 2017, CEE) pour le financement de la rénovation et le travail de réflexion sur le système de fonds de garantie, et la mise en place du tiers financeur (action 2).
Surtout, les industriels et le négoce ont décidé de monter à bord du train RGE (action 3a, b, c) avec un impératif : respecter les calendriers prévus. 1er juillet 2014 pour l’Eco-PTZ, 1er janvier 2015 pour le CIDD et, au plus tard, en accord avec tous les ministères concernés, le 1er janvier 2016 pour les Certificats d’économies d’énergie (CEE). Le « Cercle » insistera aussi sur la consolidation des dispositifs de formation FEEBat et RAGE pour accompagner la montée en compétences des professionnels et proposera la signature d’une convention « RGE Négoce» définissant l’implication des points du négoce dans le développement du label RGE.

Avec en tête l’objectif d’atteindre 50 000 professionnels RGE en 2015. Le label devra progressivement être amélioré notamment par la formation continue pour intégrer continuellement les nouveaux procédés et l’innovation. Et pour « massifier » l’offre, il s’agit de favoriser la montée en puissance des outils de regroupement d’entreprise (3d).

Enfin, le « Cercle »  compte mobiliser le fonds de compensation des risques d’assurance-construction pour renforcer les actions en faveur de la prévention de la sinistralité avec pour but de réduire les coûts et de renforcer la compétitivité (3e).

Le groupe de travail évoque pêle-mêle dans son « action 4 » : un objectif d’efficacité énergétique dans le bâtiment à l’horizon 2050 à des conditions et techniques et économiques acceptables, la mise en oeuvre de l’obligation de rénovation des bâtiments tertiaires prévues par la loi la fiabilisation du DPE. Surtout il compte contribuer à la mise en œuvre notamment expérimentale du « passeport de rénovation énergétique du bâtiment » (lire notre article): des projets de démonstration pourraient intervenir dès 2015, pour disposer d’un outil fiabilisé techniquement et juridiquement, à un coût abordable, en 2016 ou 2017, estime le groupe de travail.

Enfin,  la dernière ambition du groupe de travail, est « d’anticiper et de construire un leadership mondial de la rénovation 3.0 ». Ses armes : la maquette numérique (BIM) (5a) et l’interopérabilité domotique (5b). Pour amorcer cette transition, l’Etat doit lancer très prochainement un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) opéré par l’Ademe, qui a pour objectif de développer ces nouvelles solutions

 

Articulation avec le projet de loi sur la transition énergétique

 

 « Ce plan « rénovation thermique » est une brique complémentaire au travail du ministère du Logement et du ministère de l’Energie » explique Valentin Przyluski. « Le ministère du Logement essaye de faire en sorte que le PNRE se développe de manière harmonisée ; au ministère du Redressement productif nous travaillons pour provoquer un abaissement général du coût des travaux et le ministère de l’Ecologie porte l’obligation de travaux de rénovation. Ca a du sens de tout développer dans un même temps. Il faut mieux utiliser les acteurs et la filière pour en faire un atout ».

Seulement voilà un des impératifs posés par le groupe de travail – respecter le calendrier pour l’entrée en vigueur de l’éco-conditionnalité au 1er juillet 2014 (Eco-PTZ) et au 1er janvier 2015 (CIDD) – n’est pas définitivement validé… « Il faut être pragmatique sur ce sujet », estime Valentin Przyluski. « Nous avons un label de qualité, il faut une offre de qualité associée. Et pour cela, il faut former beaucoup de monde. Si il y a un report d’échéance au 1er janvier 2015, et si dans six mois, tout est rendu « éco-conditionnel », alors ça n’aura pas été 6 mois de perdu ».

 

 

Consulter la feuille de route « Rénovation thermique des bâtiments »

 

 

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