Nouveau coup de semonce pour l'immobilier américain

Defawe Philippe |  le 18/10/2007  |  InternationalConjoncture

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Le marché de l'immobilier a donné de nouveaux signes d'affaiblissement mercredi aux Etats-Unis avec une chute des mises en chantier de logements à leur plus bas niveau en 14 ans, ce qui devrait décupler les inquiétudes pour la croissance du pays.

Les mises en chantier ont plongé de 10,2% en septembre par rapport à août pour tomber à 1,191 million d'unités (en rythme annuel), ce qui est le niveau le plus faible depuis mars 1993, a indiqué le département du Commerce.
De leur côté, les permis de construire ont baissé de 7,3% à 1,226 million d'unités, au plus bas depuis juillet 1993.
"C'est un constat très déprimant sur l'état du marché immobilier aux Etats-Unis", a résumé Sal Guatieri de BMO Capital Markets.
Ces chiffres sont largement inférieurs aux attentes des analystes et ils semblent d'autant plus mauvais qu'ils ne s'accompagnent pas, comme souvent, d'une révision à la hausse des chiffres du mois précédent.
"La seule bonne nouvelle est que les mises en chantier baissent plus vite que les ventes, ce qui veut dire que le surplus de logements à vendre va commencer à baisser et cela devrait relâcher la pression sur les prix", ajoute M. Guatieri.
Sur un an, les statistiques du marché du logement sont en chute libre: -31% pour les mises en chantier et -26% pour les permis de construire.
"Ce sont de très mauvaises nouvelles. L'investissement résidentiel risque de rester un frein à la croissance", estime Marie-Pierre Ripert de Natixis.
C'est la grande crainte des responsables de américains, qui multiplient les mises en garde depuis plusieurs jours.
Le secrétaire au Trésor Henry Paulson avait estimé mardi que le déclin de l'immobilier était "le plus grand risque pour notre économie", et averti que cela risquait de se traduire par "un peu plus d'un million" de procédures de saisies engagées cette année.
De son côté le président de la Réserve fédérale (Fed) Ben Bernanke avait affirmé lundi que la crise allait "sans doute être un frein important" jusqu'au début de l'année prochaine.
L'état de l'immobilier inquiète jusqu'au Fonds monétaire international (FMI), qui a averti mercredi que "les risques de récession ont augmenté" aux Etats-Unis. L'institution a bâti ses prévisions de croissance aux Etats-Unis sur l'hypothèse d'une baisse d'au moins 5% des prix immobiliers l'an prochain.
La grande crainte de tous est que la crise de l'immobilier, en diminuant la richesse des ménages et en dissuadant les banques de prêter, ne pèse sur la consommation qui est traditionnellement le moteur de la croissance.
Pour l'instant l'économie bien résisté mais, comme le faisait remarquer M. Paulson, "plus les prix des logements stagneront longtemps, plus notre croissance future sera lésée". Et il s'était inquiété de voir que les difficultés de remboursement ne concernaient pas seulement les emprunts "à risque", ces fameux "subprime" qui ont déclenché la crise financière de l'été, mais que les emprunteurs classiques commençaient aussi à avoir des problèmes.
Ajoutant à ces mauvaises nouvelles, l'Association des banquiers hypothécaires (MBA) a indiqué mercredi s'attendre à une baisse de 18% des prêts immobiliers accordés l'an prochain et de 6% supplémentaires en 2009.
Le groupe de services financiers GMAC a annoncé le même jour la suppression du quart des effectifs de sa division de crédit hypothécaire en arguant du "retournement brutal du marché de l'immobilier résidentiel aux Etats-Unis".
Pour la Fed en tous cas, ces chiffres "plaident pour une nouvelle baisse des taux" d'ici la fin de l'année, selon M. Guatieri.
Le rapport sur les prix à la consommation de septembre, publié mercredi également, ne devrait pas l'empêcher d'agir. Avec une hausse de 0,3% des prix et de 0,2% hors alimentation et énergie, "les chiffres ne suffiront pas à dissuader la Fed de baisser ses taux si elle estime qu'il faut une politique monétaire plus accommodante dans les mois à venir", estime Stephen Gallagher de la Société Générale à New York.
La Fed avait déjà baisse son taux directeur d'un demi-point pour le ramener à 4,75% en septembre. Sa prochaine réunion est prévue les 3O et 31 octobre.
Claire GALLEN (AFP)

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