Transport et infrastructures

Nouveau couac sur le téléphérique de Brest

Mots clés : Informatique

Quelques jours après sa remise en service, le premier téléphérique urbain de France est à nouveau à l’arrêt « en raison d’une panne informatique». Cette nouvelle panne a quelque peu gâché l’inauguration du nouveau quartier des Capucins, en construction sur l’ancien site industriel militaire.

Selon Keolis, l’exploitant du réseau de transports en commun de l’agglomération, cette panne, d’origine informatique, n’a rien à voir avec la précédente qui avait immobilisé le téléphérique pendant plus d’un mois à peine quelques jours après son inauguration, le 19 novembre dernier. Si le transporteur avait dû attendre le samedi 7 janvier pour remettre en marche le téléphérique, c’était avant tout pour des questions d’autorisations administratives entre deux services de l’Etat: l’inspection du travail, dont les équipes brestoises découvraient ce mode de transport, et le Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés (STRMTG). De fait, l’expérience de Brest va permettre de faire évoluer le cadre réglementaire. Elle a déjà permis d’instaurer notamment les servitudes d’utilité publique (SUP) de libre survol et d’adapter les règles techniques des téléphériques au contexte urbain.

Le téléphérique devrait reprendre son service dans la journée de mardi 10 janvier. Reste que le lancement de cette première française est bel et bien gâché. Et le maire de Brest, François Cuillandre, ne cache plus son exaspération. « On me parle d’une panne informatique, ça fait effectivement beaucoup. La situation m’agace, ça commence à bien faire ! J’attends que le constructeur et l’exploitant du téléphérique se mettent vraiment autour de la table pour trouver une solution » s’est-il agacé au micro de France Bleu.

Pour le constructeur suisse Bartholet associé avec Bouygues, ces couacs largement médiatisés pourraient également avoir de lourdes conséquences, notamment sur les autres marchés de téléphérique urbain annoncés à Orléans, Toulouse, Grenoble, Chambéry, Saint-Étienne et Créteil. Selon nos informations, Bartholet aurait d’ailleurs perdu celui d’Orléans face à Poma.

 

Concentré d’innovations

 

Reste que, malgré ces bugs de jeunesse, le téléphérique de Brest est un formidable concentré d’innovations. Le système repose sur un nouveau type d’appareil: le SDMC, comme «saut de mouton à câble». En clair, les cabines ne se croisent pas l’une à côté de l’autre mais l’une au-dessus de l’autre, réduisant l’envergure du système et des stations, et donc de l’emprise au sol. Ce système est composé de quatre câbles porteurs de 50 mm intégrant une fibre optique permettant une liaison à très haut débit entre les deux rives. Il a été conçu pour récupérer de l’énergie lors des phases de descente et grâce à deux moteurs d’environ 250 kW qui sont redondant afin que l’un puisse éventuellement prendre le relai sur l’autre. Enfin, toujours au chapitre de la sécurité, le téléphérique de Brest bénéficie de la récupération intégrée, une motorisation complètement indépendante de la motorisation principale, permettant de ramener les cabines en station en cas d’anomalie. Enfin, outre leur design singulier, les cabines aussi bénéficient d’une innovation. Côté nord, pour éviter les vues intrusives de quelques bâtiments situés en zone militaire, les cabines sont équipées d’un vitrage «smartglass» s’occultant durant quelques secondes durant la traversée.

Ainsi donc, malgré la répétition des pannes lors de son lancement, le téléphérique de Brest restera sans aucun doute comme une innovation majeure dans l’histoire des transports urbains français. Surtout que cet équipement n’aura coûté que 19,1 millions d’euros HT, un budget certes important mais sans commune mesure face aux autres solutions de franchissement.

 

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