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« Nous voulons créer une culture carbone » Philippe Bonnave, P-DG de Bouygues Construction.
« Notre objectif est que le bois représente en Europe 30 % du chiffre d’affaires généré par nos activités bâtiment. » - © © BRUNO LEVY / LE MONITEUR
Interview

« Nous voulons créer une culture carbone » Philippe Bonnave, P-DG de Bouygues Construction.

Propos reccueillis par Jérémy Bellanger et Fabien Renou |  le 20/01/2021  |  France Philippe BonnaveBouygues ConstructionDéveloppement durableConstruction bois

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Déplacements, engins, matériaux, numérique… Bouygues Construction détaille en exclusivité son plan de réduction des émissions de CO2.

 

Vous nous dévoilez votre stratégie climat. Comment avez-vous conçu ce projet d'envergure mondiale ?

Ce plan est le fruit d'un énorme travail mené durant toute l'année 2020 et qui visait à définir notre feuille de route pour réduire nos émissions durant les dix prochaines années. Un tel changement ne se décrète pas.

Pour obtenir l'adhésion de tous, nous devions à la fois souligner les vertus d'une transformation environnementale, mais aussi identifier les contraintes associées. Il était donc indispensable de construire un projet clair qui liste les différents leviers d'action.

De façon très concrète et chiffrée, quels sont les objectifs de cette stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre ?

En 2019, le bilan carbone de Bouygues Construction s'élevait à 2,9 millions de tonnes de CO . Cela comprend d'abord nos propres émissions [scopes 1 et 2, NDLR], qui pèsent pour 11 % du total. On y retrouve les déplacements des équipes, les véhicules, le carburant des engins de chantier, la consommation énergétique de nos agences et de nos chantiers… Les 89 % restant appartiennent à ce que l'on appelle le scope 3 amont, principalement composé de nos achats de produits et de matériaux tels que le béton, l'acier, le bois… D'ici 2030, et à chiffre d'affaires constant, nous souhaitons baisser nos émissions sur ces deux périmètres de respectivement 40 et 30 %.

Sur quels leviers comptez-vous jouer pour réduire de 40 % vos propres émissions ?

Cela passera par un suivi de la consommation de tous nos chantiers, sièges et agences, mais également par une réduction forte des déplacements professionnels, en particulier aériens. Nous allons également verdir notre parc automobile, durant les deux ou trois prochaines années, pour qu'il comprenne 90 % de véhicules à motorisations hybride et électrique. Et pour accompagner cette mutation, nous déploierons dans le même temps des bornes de recharge sur nos chantiers et dans nos différents sites. Une démarche comparable sera mise en œuvre au niveau des matériels de chantier. Déjà, le recours à l'électrique se développe sur le segment des machines légères. En partenariat avec des start-up, nous travaillons aussi avec des groupes électrogènes alimentés par de l'électricité verte. En outre, nous explorons des solutions hydrogène appliquées aux engins plus lourds.

A quoi ressemblera le chantier bas carbone de 2030 ?

Les changements seront profonds avec davantage de cantonnements en bois dotés d'un système de gestion optimisé de la température, une énergie fournie par des panneaux photovoltaïques, des capteurs qui suivront l'ensemble de nos engins et leurs consommations.

Tout a déjà été expérimenté. Evidemment, nous utiliserons des solutions bas carbone pour nos bétons et recourrons davantage à l'industrialisation, ou encore aux biosourcés, dans l'optique d'agir sur les émissions liées aux produits et matériaux.

Justement, comment abordez-vous cette question des matériaux, qui pèsent pour beaucoup dans votre bilan carbone ?

Nous avons créé des compétences spécifiques en interne pour échanger efficacement avec nos partenaires industriels, notamment avec les producteurs de ciments. Nous nous appuyons sur le savoir-faire de nos équipes sur chantier mais aussi sur notre laboratoire ingénierie des matériaux, qui participe à l'optimisation des formulations, en fonction des avancées technologiques.

Nous sommes à la pointe sur ces sujets, et notre protocole avec Hoffmann Green Cement Technologies en témoigne. Même si le développement de ces produits reste très dépendant de la réglementation, nous nous sommes fixé pour objectif de réduire l'intensité carbone du ciment de 40 % en 10 ans.

Les bétons dits bas carbone sont-ils suffisamment aboutis pour un déploiement massif et une efficacité environnementale maximale ?

Ils peuvent être déployés et auront un fort impact. Néanmoins, il reste beaucoup de recherche à faire, sur les additifs notamment, pour les optimiser encore. Sur ce sujet, il ne faut pas se limiter à une vision franco-française. C'est un énorme chantier auquel nous nous attelons, car le béton demeure indispensable à la construction, même si le bois est appelé à monter en puissance.

[...]

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