Entreprises de BTP

« Nous visons l’excellence dans l’acte de construire », un entretien avec Jean-Louis Servranckx, président d’Eiffage Travaux Publics

Mots clés : Entreprise du BTP - Gestion de l'entreprise - Réseau routier - Travaux publics

Jean-Louis Servranckx a pris les rênes d’Eiffage Travaux Publics en juillet 2011, quelques mois après l’arrivée de Pierre Berger à la tête du numéro trois du BTP français. Originaire comme lui de Vinci Construction Grands Projets, le nouveau président du pôle Travaux Publics a commencé par scinder le pôle en deux entités (routes et génie civil). Il explique au Moniteur sa stratégie pour améliorer sa rentabilité et parvenir l’excellence dans l’acte de construire. Ainsi que ses projets de développements, dans les transports urbains et les métiers de spécialité notamment.

Eurovia a fait l’acquisition de Tarmac début 2010. En rachetant Budillon Rabatel, Eiffage Travaux Publics adopte la même stratégie. Sécuriser son approvisionnement en granulats est-il devenu indispensable ?

Lorsqu’une ressource essentielle est rare, il faut la maîtriser. Dans la route, c’est le caillou. Nous sommes donc à l’affût d’opportunités d’augmentations de nos réserves en France. L’acquisition de Budillon Rabatel en est la démonstration.

 

Faut-il aussi maîtriser le raffinage ?

Le pétrole brut n’est pas une ressource rare, les capacités de raffinage non plus. Je ne souhaite donc pas apprendre le métier de raffineur. En matière de dérivés pétroliers entrant dans la composition de nos revêtements routiers, notre objectif est avant tout de garantir et d’améliorer la qualité de nos produits et de protéger nos brevets.

 

Les problèmes de financement des collectivités locales vous impactent-ils ?

Les collectivités locales représentent près de 60 % de notre activité. Leurs problèmes de financement ont eu un effet sur notre prise de commandes au milieu de l’année 2012, mais le retard a été rattrapé depuis. Nous n’avons pas vu de projets supprimés, simplement des glissements au démarrage, finalement assez comparables aux années précédentes. Une chose est sûre : les collectivités qui ont réussi leurs regroupements s’en sortiront mieux que les autres.

 

Vous n’êtes donc pas inquiet sur ce point…

Nous avons vu un certain nombre d’avancées cette année : démantèlement «ordonné» de Dexia, relais de la CDC et de la Banque Postale, feu vert à l’agence de financement, poursuite du travail des banques commerciales, montées en puissance des emprunts obligataires… Tout cela est rassurant. Nous sommes surtout attentifs à ce qui va se passer après les élections municipales de 2014, même si nous savons gérer la cyclicité.

 

Êtes-vous satisfait du lancement du nouvel appel à projets de transport en commun en site propre ?

C’est évidemment une bonne nouvelle. Car à travers les aménagements urbains, ce sont bien les transports publics qui tirent l’activité. Les collectivités continuent d’investir dans ce domaine. Nous faisons d’ailleurs beaucoup d’efforts pour devenir l’entreprise préférée des collectivités. Nous venons de livrer plusieurs lots à Dijon, au Havre, à Metz et allons démarrer des chantiers similaires à Grenoble, Bordeaux, Douai et Marseille. Dans les deux à trois ans qui viennent, vu notre carnet de commandes et les projets qui vont sortir, nous verrons notre part de marché progresser dans ces activités porteuses.

 

Où en êtes-vous sur le chantier LGV Le Mans-Rennes ?

La période de préparation (concertation, ingénierie, environnement, acquisitions foncières) se termine dans les délais et...

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