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« Nous subissons des dégâts collatéraux très brutaux de notre proximité avec l'Ile-de-France », Laurent Neveu, délégué régional d'EGF BTP Nord-Pas-de-Calais
Laurent Neveu, délégué régional d'EGF BTP Nord-Pas-de-Calais et directeur de Demathieu Bard Construction Nord. - © © Demathieu Bard

« Nous subissons des dégâts collatéraux très brutaux de notre proximité avec l'Ile-de-France », Laurent Neveu, délégué régional d'EGF BTP Nord-Pas-de-Calais

Propos recueillis par Emmanuelle Lesquel (Bureau de Lille du Moniteur) |  le 15/02/2018  |  NordPas-de-Calais

Le directeur de Demathieu Bard Construction Nord fait un point pour Le Moniteur sur la situation des entreprises générales du bâtiment du territoire. Il souligne notamment la difficile équation qu'elles doivent résoudre face à l'augmentation du prix de revient des chantiers (notamment à cause du fort dynamisme en Ile-de-France), avec des prix de vente qui eux stagnent.

Comment se portent les entreprises générales du bâtiment en région ?

Laurent Neveu: Depuis plusieurs années, nous avons dû réduire nos outils de production face à un marché atone, à zéro inflation. Heureusement la commande publique revient et les promoteurs nous sollicitent de nouveau. Cependant cette reprise reste faible comparée à ce qui se passe en Ile-de-France. Du fait de notre proximité nous subissons des dégâts collatéraux très brutaux.

Quels sont ces dégâts collatéraux ?

L. N.: Le premier est la pénurie de ressources humaines en encadrement. Nos carnets de commandes s'allongent mais tous les débutants sont captés par l'Ile-de-France. L'ensemble des jeunes formés ne suffit pas à fournir le seul marché francilien ! Cette attraction génère du turnover et oblige toutes les entreprises générales à passer beaucoup de temps sur la question des ressources humaines. Nous nous adaptons aussi en augmentant les salaires d'embauche.
La deuxième conséquence c'est l'inflation du prix de toutes les ressources dont l'Ile-de-France a besoin. Nos partenaires et sous-traitants sont aussi moins disponibles pour nous accompagner sur les marchés sur le Nord-Pas-de-Calais car ils travaillent en Ile-de-France. Au final nos prix de revient augmentent mais nous n'avons pas réussi à répercuter ces augmentations sur les prix de vente, avec des opérations programmées sur une hypothèse zéro inflation.

Comment faire alors pour équilibrer les comptes ?

L. N.: Nos clients sont conscients du retour de l'inflation mais ils n'ont pas plus de moyens. La seule façon de s'en sortir c'est de mettre en place un dialogue en amont plus dense qu'auparavant. Il s'agit de privilégier les consultations restreintes les plus vertueuses possibles. Pour construire dans des coûts contraints, il s'agit d'optimiser le dialogue en privilégiant les modalités de dialogue très anticipées.

Plus de matière grise et de dialogue pour réussir à maintenir les coûts ?

L. N.: Tout à fait. Je suis convaincu que le modèle de l'entreprise générale reste le bon pour répondre aux aspirations de nos clients. Ils ont besoin d'engagement sur la performance réelle de leurs ouvrages. Nous avons toutes les compétences nécessaires pour mener à bien les marchés de conception-réalisation et les marchés globaux de performance. Les maîtres d'ouvrage publics ne sont pas encore assez conscients des possibilités qu'ils ont de recourir à ces marchés globaux de performance. Pour travailler au mieux avec les architectes sur ces marchés globaux nous avons signé avec l'ordre des architectes une charte de conception-réalisation et nous allons continuer le dialogue avec le nouveau conseil de l'ordre, qui s'organise désormais à l'échelle des Hauts-de-France.

D'autres projets pour mieux travailler avec les maîtres d'ouvrage ?

L. N.: Oui notamment pour progresser avec eux sur le BIM, nous avons créé fin 2017 une commission BIM. Nous avons lancé une enquête pour mieux connaître les attentes des maîtres d'ouvrage en matière de DOE en maquette numérique. Il nous faut trouver un langage et des attentes communs. Nous présenterons les résultats de cette enquête début juin aux maîtres d'ouvrage publics. Ce sera l'occasion de leur parler performance globale et de leur présenter des réalisations à forte valeur ajoutée.

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