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« Nous souhaitons imposer le métier d’installateur des équipements de la baie », Bruno Blin, président du SNFPSA
Le SNFPSA lance le 19 mars le portail www.planbaie.fr pour orienter et accompagner les installateurs de fermetures et stores à tous les niveaux. - © © SNFPSA

« Nous souhaitons imposer le métier d’installateur des équipements de la baie », Bruno Blin, président du SNFPSA

Jean Didier - Moniteur Entrepreneurs & Installateurs |  le 18/03/2014  |  installateurParisFrance entièreEurope

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A l’occasion de l’assemblée générale, le 19 mars, du Syndicat national de la fermeture, de la protection solaire et des professions associées, Bruno Blin évoque son ambition de professionnaliser la filière de la baie en formant et en accompagnant les installateurs.

Dans quel état d’esprit se déroule l’assemblée générale du SNFPSA?

Bruno Blin : Toutes les études montrent que le secteur de la rénovation ne se porte pas si mal, contrairement au neuf. Dans notre secteur lié à la rénovation, très peu d’entreprises déposent le bilan. Les entreprises sont conscientes qu’il y a un marché immense qui nous attend. Sauf qu’on ne peut plus l’aborder de la même manière, et c’est là que le bât blesse. Quand un client nous sollicite pour une réparation, on ne peut plus lui répondre aussi simplement «  pas de souci, je m’en occupe, on trouvera bien une solution ». Trop d’entreprises sont encore dans cette dynamique, alors que dans le contexte de la transition énergétique, ça ne devrait plus être le cas. Aujourd’hui, il faut agir avec de la compétence et une  grande expertise technique, mais on en est loin. Et je déplore que seulement 600 entreprises adhèrent à notre syndicat. C’est trop peu par rapport aux enjeux qui nous attendent. Même si mon objectif est de parvenir à 1 000 adhérents en 2017, il faudrait aller plus loin encore. Idéalement, je souhaiterais une situation identique à l’Allemagne, où une entreprise ne pose pas de store si elle n’appartient pas à un syndicat.

Comment expliquer ce faible nombre d’adhérents ?

B.B : Une de mes principales actions à la tête du SNFPSA que je dirige depuis plus de 2 ans, a consisté à mieux comprendre cette désaffection. J’ai d’abord souhaité connaître le nombre de sociétés dans notre secteur. En 2012, j’ai commandé une enquête qui a révélé l’existence de 57 000 entreprises qui posent des volets, portails ou stores, dont 48 % n’ont aucun salarié. L’année dernière, le syndicat a réalisé une autre étude pour comprendre pourquoi ces entreprises n’adhèrent pas à un syndicat. Il en ressort que beaucoup d’entrepreneurs font une grande confusion entre les organisations patronales (Medef, CGPME), les organisations professionnelles et les syndicats de métiers. Ensuite un grand nombre d’entrepreneurs, en plus du coût d’adhésion, ne voient pas l’intérêt d’appartenir à un syndicat alors qu’il n’a aucun litige avec ses clients. Enfin, ce faible engouement pour les syndicats s’explique par l’évolution même du métier de storiste.

Vous voulez dire que ce secteur s’est développé de manière anarchique ?

B.B : Notre secteur est particulier en ce sens qu’il a évolué sans référentiel métier et sans formation qualifiante, à l’inverse des métalliers. Tout a commencé dans les années 40 avec des petits artisans storistes qui travaillaient à la belle saison. Pour avoir un revenu à l’année, ils ont complété leur activité dans les années 70 en posant des volets, ce qui explique que beaucoup d’entreprises portent le nom  « Stores et fermetures ». Ensuite, dans les années 90 s’est déroulé conjointement un double phénomène : le développement du marché de la rénovation énergétique de la fenêtre et l’émergence des réseaux de franchises. Une grande confusion s’est créée entre les réseaux de stores et  fermetures et les réseaux de fenêtres avec des professionnels pas toujours compétents et une démarche commerciale agressive. De fait, cette image pas très valorisante a rejailli sur notre secteur.

Comment allez-vous redonner du crédit à ce métier ?

B.B : La pierre angulaire de mon action consiste à reconstruire une filière de formation et d’accompagnement autour de la baie. Tout d’abord, le SNFPSA essaie d’imposer le "métier d’installateur des équipements de la baie", pour le terme de storiste, trop galvaudé, disparaisse peu à peu. En outre, nous travaillons étroitement avec le pôle métallerie de la FFB où nous mutualisons nos moyens afin de créer très prochainement une structure dédiée à la formation. Surtout, notre syndicat lance le jour de notre AG, le 19 mars, le site www.planbaie.fr. Structuré en huit chapitres, ce portail oriente et accompagne les installateurs de fermetures et stores à tous les niveaux. Cette initiative, une des plus aboutie de la part d’un syndicat professionnel, vise à attirer les non adhérents du syndicat dans une démarche plus professionnelle. Ils auront accès à toutes les informations du site pendant une semaine. Je crois beaucoup à cette démarche car c’est en accompagnant les installateurs vers une plus grande expertise et des services que nous redonnerons du corps et de la crédibilité à ce métier.

Comment appréhendez-vous la mise en place de l’éco-conditionnalité au 1er juillet ?

B.B : Partout où je vais, je constate que les entreprises jugent l’éco-conditionnalité comme une contrainte, et non comme un vecteur de croissance. Très peu d’entreprises sont labellisées RGE au sein de notre syndicat. Toutefois, tout n’est pas fait par inciter les entreprises à se lancer. Je considère, pour l’avoir testé moi-même, que les formations Feebat, dans notre domaine, sont trop complexes et inadaptées pour des entreprises de petite taille. Face à ce constat, le SNFPSA a proposé une démarche de simplification pour rendre les modules Feebat plus accessibles, en espérant que cela aboutisse.

La motorisation des produits est une autre évolution de votre secteur, quel en est l’impact ?

B.B : Effectivement, plus de 80% des volets, stores, portails sont motorisés, et ce mouvement va s’accélérer et se compliquer dans l’asservissement au sujet de l’automatisation ou la scénarisation de la maison. Mais je m’aperçois que beaucoup d’entreprises ne veulent pas s’embêter avec la domotique. Il y a une grande frilosité des installateurs. Certes, la demande est encore faible aujourd’hui, mais le jour où elle va être importante, notre profession ne sera pas prête, et ce marché nous échappera en partie, comme cela a été le cas, avec le marché de la rénovation énergétique de la fenêtre, que nous sommes en train de reconquérir, malgré le retard pris en matière de montée en compétence des entreprises.

Votre profession est-elle touchée par la concurrence déloyale ?

B.B : Depuis environ un an, nos adhérents se plaignent réellement de la concurrence déloyale. C’est essentiellement une concurrence polonaise en Ile-de-France, espagnole et portugaise dans le sud de la France, avec des entreprises bien structurées qui se déplacent pour un chantier de 2-3 jours chez le particulier, même sur Paris. Comment rivaliser quand un poseur  étranger gagne environ 400 € brut par mois alors qu’en France, un même poseur a un salaire en moyenne de 2500 € brut ? En même temps, il ne faut pas s’apitoyer sur ce phénomène, c’est à nous de réagir et d’expliquer au client cette différence de prix, entre une entreprise française compétente et une entreprise low cost non qualifiée. Cette concurrence déloyale ne doit pas être subie par nos entreprises, il faut s’en sortir par le haut en proposant une expertise et des garanties au client. C’est notre unique parade.

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