« Nous pensons aujourd'hui la société inclusive de demain », Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées
Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées - © FRANCK BELONCLE / LE MONITEUR
Interview

« Nous pensons aujourd'hui la société inclusive de demain », Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées

Propos recueillis par Sophie d'Auzon et Barbara Kiraly |  le 26/03/2021  |  AccessibilitéDroit de la constructionFrance Douche zéro ressautLoi Elan

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Accessibilité -

Du logement au transport, Sophie Cluzel souhaite impliquer tous les acteurs pour faciliter la vie des personnes handicapées.

 

Quel regard portez-vous sur les apports de la loi Elan en matière d'accessibilité des logements ?

L'ambition était d'adopter une approche pragmatique de l'accessibilité, pour toutes les formes de handicap. Nous avons conservé l'ambition d'une accessibilité universelle, de n'assigner personne à résidence. Les parties communes des immeubles neufs, les salons et les toilettes sont 100 % accessibles, ainsi que 20 % des appartements. Les 80 % restant peuvent désormais être simplement évolutifs. Il faut savoir que 80 % des handicaps surviennent au cours de la vie. A l'instant T, une famille a davantage besoin de grandes chambres que de grandes salles de bains. Mais en cas de nécessité, la cloison séparant ces pièces peut être déplacée rapidement et simplement, car il n'y aura pas de canalisations entre les deux grâce à la construction « évolutive », permettant ainsi d'adapter le logement à tout type de handicap. Nous avons aussi rendu l'ascenseur obligatoire dans le collectif neuf dès le R + 3 pour démultiplier l'offre d'accessibilité réelle. Nous étions l'un des derniers pays européens à ne l'imposer qu'à R + 4… Il s'agit de mettre en œuvre une politique du logement qui serve le bien commun, c'est-à-dire l'ensemble de la population.

Mais le concept d'évolutivité ne revient-il pas à faire payer la mise en accessibilité aux personnes handicapées ?

Ce coût était partagé par la collectivité dans le 100 % accessible, il l'est toujours dans l'évolutif, avec en outre l'objectif que le changement puisse s'opérer à moindres frais. Il ne s'agit pas de faire porter l'ensemble de ces charges par la personne, à travers notamment la prestation de compensation du handicap, qui comporte une aide financière à l'adaptation du logement.

Les promoteurs jouent-ils le jeu de l'accessibilité ?

Je tiens à souligner que toutes les normes relatives à la construction ne trouvent pas leur origine dans la prise en compte de l'accessibilité. Celles, par exemple, répondant aux questions de sécurité, d'incendie ont un impact fort.
Par ailleurs, une construction est prévue pour trente, quarante, cinquante ans. C'est la société inclusive de demain que nous sommes en train de penser. Le concept de logement évolutif donne de la souplesse et devrait permettre de rattraper le retard en matière d'accessibilité universelle. Et c'est la responsabilité de tous, pas uniquement celle des promoteurs. Les élus, les services délivrant les permis de construire doivent aussi impulser de nouvelles façons d'appréhender l'accessibilité universelle. Enormément de promoteurs, de bailleurs se lancent dans cette direction, réfléchissent à l'intergénérationnel, au vivre-ensemble…

L'obligation du zéro ressaut pour les douches inquiète les acteurs du bâtiment, qui réclamaient davantage de temps…

La loi de 2005 date… de 2005. Il me semble difficile de justifier qu'il faudrait encore attendre pour passer à la mise en œuvre de cette accessibilité universelle. La poussière a été mise sous le tapis trop longtemps, et le temps presse. Je suis à présent favorable à un accompagnement des acteurs afin de passer à la vitesse supérieure. Les hôteliers, par exemple, ont fait une force de la douche sans ressaut ; je suis convaincue que ce dispositif va vite entrer dans les mœurs, et que nous constaterons bientôt qu'il y a un intérêt réel à construire de cette façon.

[...]

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