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Le patron des économistes a été reconduit pour un second mandat fin mai. - © C.BOULZE/LE Moniteur

"Nous nous rapprochons des géomètres-experts, et nous ne sommes pas fermés à l'arrivée d'autres acteurs", Pascal Asselin, (Untec)

Propos recueillis par Barbara Kiraly et Fabien Renou |  le 04/06/2018  |  ImmobilierLogementFormationParisLogement social

BIM, rapprochement avec les géomètres-experts, projet de loi Elan... Le président de l'Untec, tout juste réélu pour un second mandat à la tête de l'Union nationale des économistes de la construction fait le point sur les sujets "chauds".

Pour la première fois le congrès de l'Untec, qui se déroule du 31 mai au 1er juin, accueillait des délégations étrangères. Pourquoi cette internationalisation ?

Nous avons toujours à apprendre de nos voisins. A titre personnel, je me suis souvent retrouvé en concurrence avec des bureaux anglo-saxons, avec lesquels certains investisseurs étrangers, qui comprennent mal notre façon de travailler, préfèrent collaborer. L'Untec fait partie de l'International Property Measurement Standards (IMPS), qui regroupe quelque 600 organismes représentant plus de 100 pays, afin de développer une base de référence commune. Nous nous réunissons tous les ans dans un pays différent et, cette année, j'ai invité nos partenaires à Paris.

Ce congrès marquait également le terme de votre premier mandat. Quel regard portez-vous sur ces trois années ?

L'un des faits marquants est l'accélération du rythme des réformes. Cela rend notre mission plus compliquée, car les représentants des fédérations sont des bénévoles, qui ont aussi leur entreprise à faire tourner ! Ce phénomène nous expose parfois à un risque d'incompréhension d'un texte extrêmement technique.

"Je crains qu'à terme les bailleurs sociaux se transforment en centrales d'achat qui lancent des contrats cadres accessibles aux seules entreprises de grande taille"

Le projet de loi Elan est justement un texte complexe et touffu. Qu'en retenez-vous ?

L'obligation faite aux organismes HLM de se regrouper. Je crains qu'à terme ces derniers ne se transforment en centrales d'achat qui lancent des contrats cadres accessibles aux seules entreprises de grande taille. Or, nous représentons de petites structures présentes sur tous les territoires.

Par ailleurs, le projet de loi prévoit d'accorder aux organismes HLM la possibilité de créer des filiales pour faire de la maîtrise d'œuvre. Quelle est la vision politique derrière ces choix ?

« Construire plus, mieux et moins cher », non ?

Il faut bien sûr « construire plus ». « Mieux », nous y sommes tous attachés. En revanche, nous avons démontré que les coûts de production de logements n'ont pas augmenté en dix ans. Si les marges étaient élevées, ça se saurait !

"La concentration de l'activité dans les grands centres urbains est une de mes craintes"

Les économistes profitent-ils pleinement de la reprise ?

Le climat des affaires est nettement meilleur, la confiance est revenue. Nous faisons même face à des difficultés de recrutement. Il ne faut pas casser cette dynamique.

Cependant, tous les territoires ne connaissent pas la même tendance. La concentration de l'activité dans les grands centres urbains est une de mes craintes vis-à-vis de la loi Elan.

Vous avez lancé il y a un an un Mooc consacré au BIM. Les économistes de la construction sont-ils prêts à travailler avec la maquette numérique ?

Nous espérions 2 000 apprenants sur ce Mooc, nous avons fini à plus de 7 000, dont 60 % d'économistes ! Cela témoigne d'une réelle appétence des professionnels. En revanche, au quotidien, la demande n'est pas toujours au rendez-vous. C'est désormais aux maîtres d'ouvrage de se saisir de la maquette numérique car, au moment de l'exploitation, ils seront les premiers à bénéficier de sa valeur ajoutée.

"Cela nous a semblé logique de nous rapprocher de l'Union nationale des géomètres-experts"

Le rapprochement entre l'Untec et l'UNGE constitue-t-il le chantier prioritaire de votre nouveau mandat ?

C'est le gros dossier des prochaines années. Le gouvernement souhaite accélérer la restructuration des branches professionnelles. Cela nous a semblé logique de nous rapprocher de l'Union nationale des géomètres-experts (UNGE) car nous avons des entreprises de tailles comparables et des salariés aux formations initiales similaires.

Cependant, nous ne sommes pas fermés à l'arrivée d'autres acteurs mais nous voulions avancer vite. Nous envisageons de signer un accord qui délimite le champ d'application de la branche d'ici à la fin de l'été, et au plus tard à l'automne. A cette date, nous aurons cinq ans pour procéder à l'harmonisation de nos conventions.

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