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« Nous croyons à un rythme de croissance fort et durable »

Propos recueillis par Caroline Gitton, Jessica Ibelaidene et Florent Maillet |  le 09/02/2018  |  InternationalFrance entièreEuropeTravail

Entretien avec Antoine Metzger, président du directoire du groupe NGE. -

NGE anticipe un exercice 2017 en croissance à deux chiffres. Recrutement et restauration des marges sont prioritaires.

Il y a un an, vous misiez sur un chiffre d'affaires de 1,7 Md € en 2017. Avez-vous atteint votre objectif ?

Nous osions croire à une croissance à deux chiffres et nous y arriverons. Nous n'avons pas encore les données définitives, mais nous pouvons annoncer un chiffre d'affaires (CA) 2017 supérieur à 1,8 Md € [contre 1,6 Md € en 2016, soit une croissance d'au moins 13 % NDLR]. Le carnet de commandes a quant à lui augmenté de 50 % en un an, pour atteindre aujourd'hui 3 Mds €.

Quelles activités tirent cette croissance ?

Le marché s'est clairement redressé dans tous les domaines. Cependant, l'augmentation de notre CA vient principalement de nos gros contrats. Celui du pôle grands projets devrait croître d'environ 50 % en 2017. L'international enregistre une hausse de 20 %. Mais n'oublions pas qu'un tiers de notre CA est réalisé auprès des collectivités locales, avec un contrat moyen à 200 000 euros. Ce pôle régions devrait lui aussi progresser, de 5 % environ.

Quels ont été vos principaux contrats conclus en 2017 ?

En CA comme en embauches, notre marché le plus important a été celui de la fibre optique dans le Grand Est [1,3 Md € attribué au groupement NGE-Altitude en juillet dernier, NDLR].

Viennent ensuite des affaires ferroviaires telles que les marchés de renouvellement de voies à haut rendement (suites rapides). L'an dernier, nous n'avons pas obtenu de chantiers du Grand Paris Express (GPE), mais nous nous étions vu confier des lots importants peu avant. Et nous attendons les nouveaux. Enfin, bien sûr, 2017 a permis de confirmer notre dynamisme en Amérique du Sud avec le tramway de Cuenca, en Equateur, ou en Angleterre avec Crossrail, la ligne ferroviaire de Londres.

1,8 Md €, le CA prévisionnel pour 2017 (+ 13 %) 3 Md € de carnet de commandes 2 500 nouveaux collaborateurs en 2017

Craignez-vous les arbitrages du gouvernement sur le GPE ?

Nous comprenons les contraintes budgétaires de l'Etat mais le gouvernement ne doit pas nous enlever de la visibilité sur le GPE, chantier pour lequel nous nous sommes tous préparés, nous avons investi… Concernant la ligne 16, il y a urgence car nous avons tous dépensé beaucoup d'argent, réalisé des études, répondu aux appels d'offres…

Quel regard portez-vous sur les Assises et la future loi d'orientation sur les mobilités ?

Nous assistons à une séquence positive, le gouvernement réfléchit aux infrastructures de demain, à l'utilisation de l'argent public. Les projets seront choisis, priorisés, financés et, surtout, réalisés. C'est assez révolutionnaire ! En revanche, les Assises ont aussi pour effet de retarder certains dossiers.

Le canal Seine-Nord Europe n'est toujours pas lancé. Les appels d'offres du Lyon-Turin prennent du retard. Comme tous les entrepreneurs, nous attendons la copie et une ligne claire.

Avez-vous beaucoup recruté en 2017 ?

Nous avons créé l'an dernier près de 1 700 postes, le nombre total d'embauches s'élevant, avec les remplacements, à environ 2 500. Pour y parvenir, nous avions commencé dès la fin 2016 à structurer une cellule RH « de combat », avec sept nouveaux recruteurs. Pour renforcer notre dynamique d'embauche, nous avons aussi lancé, à l'automne dernier, le « hub des influenceurs ». Des salariés se portent volontaires pour parler du groupe dans différents forums ou sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, NGE compte près de 11 000 collaborateurs. Et nous misons, pour les cinq ans à venir, sur 2 000 recrutements annuels.

Quels sont vos atouts en matière d'attractivité ?

En premier lieu, un véritable dynamisme économique, supérieur ces trois dernières années à nos grands concurrents en France. Ensuite, nous fonctionnons comme une PME. NGE est une entreprise à taille humaine, qui peut créer des postes sur mesure pour ses salariés, ce qui n'est pas le cas dans les grands groupes. Autrement dit, il s'agit de mettre en place une organisation autour des hommes, et non de leur imposer une organisation déjà figée. Autre atout : la délégation n'est pas un vain mot chez nous. Nos patrons de filiale et de chantier sont responsables et autonomes.

Nous leur déléguons le pouvoir de prendre des décisions sans leur imposer un reporting excessif, contrairement, là aussi, à ce qui a cours dans les grands groupes.

Vous visez le « zéro accident » : où en êtes-vous en matière de sinistralité ?

Notre taux de fréquence d'accidents du travail [nombre d'AT par million d'heures de travail sur un an, NDLR] pour 2017 se situe au-dessous de 20, étant précisé que notre courbe décroît régulièrement depuis longtemps, mais que l'intégration de petites structures au sein du groupe a pu la faire remonter. Reste que cet indicateur demeure à mon sens trop abstrait : nous déplorons la survenue, l'an passé, de 323 accidents. Or nous ne saurions avoir d'autre objectif que le « zéro accident ». Nous nous battons tous les jours pour faire évoluer les mentalités, faire cesser les mauvaises habitudes, et prenons en compte la prévention dans nos modes de construction. Notre ambition, dans un premier temps, est de descendre à un taux de 15 à horizon 2020.

Quelles sont les prévisions de NGE pour 2018 ?

Nous prévoyons un budget à 1,9 Md €. J'aimerais que la croissance à deux chiffres ne soit pas un épiphénomène et ose espérer qu'elle peut se reproduire plusieurs années durant.

Le marché est là et nos anticipations nous font croire à un rythme de croissance fort et durable. Ce qui nous manque, en revanche, c'est la marge. Elle n'est pas à la hauteur des efforts déployés, des moyens investis et des risques pris. Si je pouvais formuler un vœu pour 2018, ce serait que les entreprises de travaux publics retrouvent des marges de manœuvre financière.

Quels marchés visez-vous cette année ?

Outre le GPE et les grands projets, nous attendons des réponses et des attributions de lots du plan de relance autoroutier, notamment du côté de la Sanef. Nous n'avons pas remporté de grands marchés l'an dernier et sommes dans une phase de démarrage ou de fin de travaux.

De façon générale, nous guettons toujours les nouveaux marchés et les opportunités de diversification.

Ce besoin de diversification explique-t-il vos opérations de croissance externe ?

Notre stratégie dans ce domaine est la même depuis 2002 : proposer une offre la plus globale possible en faisant travailler nos différentes filiales ensemble sur des projets communs.

Sur les chantiers du plan de relance autoroutier par exemple, nous avons constitué un groupement avec cinq ou six filiales de NGE, intervenant sous la responsabilité d'un interlocuteur unique. Avec l'acquisition de Dacquin en 2017, nous sommes entrés sur le marché des fondations profondes, pour compléter notre offre en parois moulées et pieux d'un certain diamètre. Une expertise utile sur le GPE, qui nous permet aussi de nous différencier des concurrents sur d'autres projets. Nous avons également un pied dans le bâtiment depuis 2016 et le rachat de Cardinal Edifice. Nous avons déjà opéré des synergies multimétiers sur des chantiers de bâtiment, sur lesquels les fondations sont réalisées par Dacquin ou GTS, le terrassement par Guintoli… Et le groupe ne s'arrêtera pas à ces métiers. Notre volonté est de continuer à nous développer sur de nouveaux secteurs.

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