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« Nous craignons un trou d'air en 2019, voire en 2020 »
Le recul de 37,9 % sur un an des mises en chantier de bâtiments non résidentiels préoccupe le président de la FFB Grand Paris. - © DAVID MORGANTI

« Nous craignons un trou d'air en 2019, voire en 2020 »

Propos recueillis par Nathalie Moutarde |  le 14/12/2018  |  ConjonctureBâtimentConjoncture TPFFBSolidéo

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Grand Paris -

Entretien avec Jean-Luc Tuffier, président de la FFB Grand Paris.

 

Comment se porte le secteur du bâtiment francilien ?

En Ile-de-France, le secteur se porte bien, ce qui n'est pas le cas partout. L'activité, qui était repartie à la hausse en 2017, devrait selon nos estimations continuer à progresser en 2018 (+ 4,5 %). Nous partions de très bas. L'année 2015 a été la plus mauvaise depuis 2011. Mais cette conjoncture porteuse ne doit pas occulter quelques signes préoccupants.

Quelles sont ces inquiétudes ?

Les mises en chantier de logements ont commencé à fléchir (- 21,7 % au 3e trimestre 2018, sur un an). Les autorisations diminuent aussi (- 9 %). Concernant les bâtiments non résidentiels, les chiffres sont alarmants avec un recul des mises en chantier de 37,9 %, toujours sur la même période.

La situation nous préoccupe d'autant plus que les locaux non résidentiels génèrent une part importante du chiffre d'affaires de la construction neuve (35 %). Quant à l'entretien-rénovation, qui stagne au 3e trimestre 2018 par rapport à l'année précédente, nous ne savons pas encore de quelle manière il sera touché par l'instauration d'un CITE [crédit d'impôt pour la transition énergétique, NDLR] dégradé depuis juin. Nous devons attendre la fin du 4e trimestre pour en tirer le bilan. Et le CITE dégradé que propose de maintenir le gouvernement est un motif d'inquiétude supplémentaire.

Les chantiers du Grand Paris ne vont-ils pas compenser le recul de la construction neuve ?

Les chantiers liés au Grand Paris Express et aux autres projets de la métropole, notamment les deux opérations « Inventons la Métropole du Grand Paris », constituent un potentiel intéressant mais ils ne démarreront pas avant 2020, voire 2021. Nous craignons un trou d'air en 2019 et éventuellement en 2020. C'est également en 2021 que débuteront les chantiers olympiques et paralympiques. D'environ 1 Md €, le budget qui leur sera consacré est faible au regard du chiffre d'affaires du bâtiment francilien, d'un montant de 36,7 Md€ en 2017.

En revanche, les Jeux olympiques de Paris (JOP) joueront un rôle de locomotive sur les autres projets. Comme nous ne siégeons pas au conseil d'administration de la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo), nous avons mis en place un groupe de travail avec les Scop, les TP, les entreprises générales, les architectes, les promoteurs… présidé par Philippe Servalli, vice-président de la FFB Grand Paris.

L'objectif est de soumettre des propositions à Jean Castex, délégué interministériel aux JOP, à Nicolas Ferrand, directeur général de la Solideo et à Etienne Thobois, directeur général du Comité d'organisation des Jeux olympiques (Cojo).

La Métropole du Grand Paris (MGP) va fêter ses trois ans. Que pensez-vous de cette nouvelle gouvernance ?

La naissance de la MGP a conduit à la création d'une strate administrative supplémentaire. Depuis le début, nous soutenons qu'il ne faut pas plus de trois échelons avec des compétences bien définies pour chacun d'eux car sinon, les dossiers n'avancent pas. Un exemple : nous voulons créer un CFA des métiers à Vitry-sur-Seine. Nous avons mis quatre ans pour boucler son financement, dans lequel interviennent pas moins de cinq acteurs. Le président de la République devait faire des annonces pour simplifier la gouvernance du Grand Paris mais il ne l'a pas fait. Actuellement, il y a autant de politiques de stationnement que de communes dans la métropole. J'ai évoqué cette question avec Patrick Ollier, le président de la MGP. Pourquoi ne pas se caler sur le dispositif de la Ville de Paris et le généraliser à la petite couronne ? La MGP a d'ailleurs pris ce sujet à bras le corps dans le cadre du Pacte sur la logistique métropolitaine.

La FFB Grand Paris a récemment créé avec la Ville de Paris un guichet unique relatif aux autorisations de voirie. Cela signifie-t-il que vos relations se sont normalisées ?

Dès mon élection à la présidence, j'ai souhaité que notre fédération adopte un autre positionnement à l'égard de la Ville de Paris, qu'elle ne soit plus dans une attitude de combat mais dans une relation de travail avec Anne Hidalgo et ses adjoints. Je suis favorable à la diminution de la pollution mais il faut aussi que les entreprises puissent travailler à Paris.

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