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« Nous avons mis la Loire au cœur de ce projet »

le 24/02/2017  |  FormationArchitectureAménagementLoireParis

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Urbanisme -

Jacqueline Osty, paysagiste mandataire, et Claire Schorter, architecte-urbaniste, en charge de la maîtrise d'œuvre urbaine de l'île de Nantes jusqu'en 2025.

Outre la proposition audacieuse de déplacer le parc métropolitain en bord de Loire, le projet proposé par ces deux professionnelles entre en résonance avec ceux en cours sur les rives de la Loire et devrait permettre à l'île de jouer pleinement son nouveau rôle de cœur métropolitain.

M : Comment caractériser votre projet pour l'île ?

Jacqueline Osty : Nous avons mis la Loire au cœur de ce projet en nous basant sur la figure paysagère de l'équipe Smets-uapS, mais aussi sur l'histoire géographique d'un territoire constitué à l'origine d'un archipel d'îles. Nous voulons faire évoluer une figure très appuyée sur le système d'infrastructures en infiltrant le paysage le long des anciennes boires, ces bras de Loire disparus au fil du temps. Nous souhaitons également ouvrir davantage l'île sur le grand paysage ligérien, notamment sur les rives plus sauvages du sud. D'où notre idée de créer le parc métropolitain en bord de Loire plutôt qu'en partie centrale.

Claire Schorter : La nature va s'instiller partout, à différentes échelles. Un des thèmes du projet est d'ailleurs « habiter partout au bord d'un parc ». Il est important de donner une identité au sud-ouest de l'île pour ne pas faire une ville générique.

M : Avec le déplacement du parc, l'autre proposition forte est la suppression du parkway imaginé par l'équipe précédente.

J. O. : J'ai découvert l'idée du parkway aux Etats-Unis. C'est une longue et large route paysagée avec différentes mobilités. Cela fonctionne très bien avec un cadre paysagé étiré en longueur, mais l'appliquer ici aurait été une fausse bonne idée car le tronçon est beaucoup trop petit.

C. S. : Le risque aurait été qu'il crée une coupure et isole la pointe ouest car, même si c'est très beau et paysager, on ne franchit pas de la même manière 100 mètres de parkway et une avenue de 35 mètres. On pense au contraire que la ligne de pont nord-sud, qui devrait accueillir notamment le tramway, est l'occasion de créer une ligne de vie avec des rez-de-chaussée animés et une échelle construite en adéquation avec l'intensité urbaine du boulevard. Un second axe structurant, de part et d'autre de la place de la République, permettrait de mieux relier le centre historique en offrant un lien visuel entre la tour Bretagne et l'usine Terreos-Béghin-Say, inscrite au patrimoine nantais.

M : Vous semblez porter une grande attention aux usages et à l'expérimentation…

J. O. : Pour confronter nos intentions et les usages, nous nous sommes associés avec les Nantais du collectif Quand même et nous travaillerons dès cet été sur la création d'un « presque parc » sur le quai Wilson. C'est une manière de faire avec, dans l'attente des mutations, des aménagements éphémères, provisoires et pérennes.

C. S. : Nous nous interrogeons aussi sur comment faire une ville sans forcément la finir afin de laisser des champs ouverts aux habitants. La ville s'est patinée comme ça. Dans l'esprit du travail de l'architecte chilien Alejandro Aravena, nous avons proposé d'expérimenter la construction d'îlots qui conserveraient des dents creuses, ce qui permettrait de regarder comment les sites vivent et de retrouver de la mitoyenneté et des contrastes dans les échelles opérationnelles.

M : comment allez-vous travailler ?

C. S. : Notre contrat comporte un premier volet de conception urbaine et paysagère, et nous avons dix-huit mois pour établir un plan guide qui sera mis à jour régulièrement. Sinon, Jacqueline interviendra sur les espaces publics tandis que je m'occuperai du suivi architectural. Nous serons ici deux jours tous les quinze jours.

J. O. : Il est difficile de faire un projet comme celui-ci depuis Paris. C'est pourquoi, dès cet été, nous allons nous installer sur l'île avec deux chefs de projet pour assurer une réactivité au quotidien dans un premier temps. Enfin, le noyau dur de l'équipe comprend aussi le bureau d'études en génie urbain Ma-Geo qui connaît le territoire, car il travaille avec Bernard Reichen sur le Bas-Chantenay.

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PHOTO - 5974_377206_k2_k1_947256.jpg - © JEAN-DOMINIQUE BILLAUD / NAUTILUS / SAMOA

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