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"Nous avons le devoir d’être ambitieux pour l’avenir de l’architecture française" par Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture.

Defawe Philippe |  le 01/02/2007  |  France entièreArchitecture

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Retrouvez l'intégralité du discours prononcé par Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture à l'occasion de la 24ème cérémonie de remise des prix d'architecture du Moniteur.

Bienvenue au Grand Palais ! Je suis très heureux de vous retrouver ce soir dans ce lieu prestigieux, dans cette nef monumentale. J’ai souhaité, vous le savez, qu’elle retrouve, depuis sa réouverture en 2005, sa vocation artistique et culturelle. Vocation confirmée, pour le présent et pour l’avenir, par la création d’un établissement public, destiné à gérer une programmation audacieuse et innovante, avec des manifestations culturelles de tout premier plan.
Nous en avons aujourd’hui à nouveau un très bel exemple, avec la remise de l’Equerre d’argent. Depuis sa création en 1983, cette cérémonie annuelle est un rendez-vous majeur pour le monde des architectes français et de tous ceux qui, en France ou à l'étranger, se passionnent pour leurs travaux ; et ils sont nombreux, comme le prouve le succès de cette manifestation, qui se confirme chaque année.
Ce succès, cette passion, sont dus avant tout à la qualité et à l'audace des productions de l’architecture française. J'ai eu très souvent le plaisir de m’en rendre compte, lors de mes déplacements : les compétences professionnelles des architectes français sont particulièrement appréciées hors de nos frontières. Et ce n’est pas sans une certaine fierté que j'apprends parfois que l'un d’entre vous a été sélectionné, dans tel ou tel pays, en Europe, aux États-Unis, en Chine, pour la réalisation d’une œuvre architecturale qui fera date, et qui contribuera à renforcer le rayonnement et le prestige de la France.
Parmi les multiples chantiers que mène le ministère de la culture et de la communication dans le domaine de l’architecture, permettez-moi d’en citer un qui nous tient particulièrement à cœur, celui de la Cité de l’architecture et du patrimoine, lieu privilégié de diffusion, de réflexion, et de rayonnement de l’architecture et du patrimoine. J’aurai le plaisir d’y faire une visite inaugurale dans les prochaines semaines.
Pour cette 24ème édition des prix du Moniteur, vous m’avez invité à venir remettre le Prix de l’Equerre d’Argent à un architecte que je connais bien. Je lui ai en effet décerné, il y a un peu plus d’un mois, à l’occasion de la cérémonie des Prix de l’Académie internationale d’architecture, le Grand prix du ministère de la Culture et de la Communication, pour la réalisation, dans le quartier de la Défense, de la très belle église Notre-Dame de Pentecôte.
Aujourd’hui, c’est pour l’extension de l’Hôtel de ville de Marseille que vous avez choisi de distinguer l’œuvre de Franck Hammoutène. Je tiens à vous saluer tout particulièrement, Monsieur le Sénateur-Maire, cher Jean-Claude Gaudin. Vous placez une nouvelle fois la belle ville de Marseille aux avant-postes de l’innovation et de la créativité, en choisissant cet architecte dont le talent s’exprime dans toutes les facettes du travail sur l'espace, depuis l’architecture intérieure jusqu'aux lieux publics. Le jury international réuni cette année par le Moniteur a en effet retenu, non pas tant les qualités d’un édifice qui s’expose et qui s’impose dans l’espace public de la cité, mais plutôt les richesses secrètes d’une réalisation souterraine, qui se glisse modestement dans les profondeurs de la ville historique de Marseille, à deux pas du Vieux-Port, juste derrière les façades en pierre de taille de Fernand Pouillon.

Nous sommes ici à l’opposé d’une architecture spectaculaire, ostentatoire, monumentale, qui, nous le savons, tente parfois certaines collectivités territoriales. Ici, rien de tout cela : les espaces souterrains de la monumentalité nécessaire sont enfouis. Ils se cachent. Ils s’effacent, pour laisser s'exprimer la cohérence d’un espace urbain. C’est dans cette espace que s'inscrit désormais l'œuvre de Franck Hammoutène, qui intègre de la manière la plus harmonieuse qui soit les services municipaux, les espaces de travail et de délibération, les lieux d’accueil et d’exposition, au cœur d'un quartier longtemps délaissé. Il faut donc savoir gré, cher Jean-Claude Gaudin, à la Ville de Marseille, d’avoir su opter pour la réalisation ambitieuse et audacieuse d’une œuvre qui place l’architecture au service de la ville, et non pas le contraire.
Cette année, deux mentions spéciales ont été attribuées par le jury pour deux projets remarquables par leur audace, leur conception et leur insertion dans la ville : la passerelle Simone de Beauvoir, conçue et réalisée par Dietmar Feichtinger ; en reliant le site Tolbiac de la Bibliothèque nationale de France et le quai de Bercy, ce pont de 304 mètres est à la fois témoin et acteur des transformations du paysage parisien. La deuxième mention spéciale nous transporte un peu en aval de la Seine, le long du quai Saint-Bernard : il s’agit de l’Atrium de l’Université Pierre et Marie Curie, conçu et réalisé par l’Agence Périphériques, qui réunit Emmanuelle Marin, David Trottin et Anne-Françoise Jumeau. Ce nouvel édifice, situé sur le campus de Jussieu, complète et réinterprète brillamment le Gril d’Edouard Albert.
Le prix de la Première œuvre est cette année décerné à Rémi Pascal et à Pierre Bouillon, pour la réhabilitation d’une maison individuelle à Fleury-les-Aubrais. Vous le savez, la question de la maison individuelle est au cœur de nos préoccupations concernant l’aménagement de l’espace, et nombreuses sont les interrogations qui subsistent sur le sujet. Il n’est donc pas anodin que le jury de cette 24ème session des prix du Moniteur ait décidé de récompenser une semblable restauration ; au-delà de la qualité exceptionnelle du projet qu'ils distinguent, cela contribue à remettre l'accent sur la portée et la valeur de ce type de travaux. Je suis en effet convaincu que l’héritage du tissu pavillonnaire des années soixante, qui caractérise de nombreuses périphéries urbaines, n’est pas une malchance, une fatalité à laquelle il faudrait nous résigner, ou même qu'il s'agirait de combattre. C’est une réalité qu’il nous appartient d'assumer, et dont les compétences architecturales les plus engagées, les plus imaginatives, sont appelées à se saisir. Pour s’en convaincre, il suffit de constater, à travers le travail de Rémi Pascal et de Pierre Bouillon, qu'un projet de réhabilitation peut parfaitement améliorer l’image et l’usage de la maison individuelle, autant que lorsqu'il s'agit de constructions publiques, souvent citées en exemples.
Dans cet espace majestueux du Grand Palais, qui marque un moment singulier de l'histoire de notre architecture, nous avons le droit, nous avons le devoir d’être ambitieux pour l’avenir de l’architecture française. L’action que je mène à la tête du ministère de la Culture et de la Communication n'a d'autre but que de vous accompagner dans cette ambition. La remise des prix du Moniteur nous le montre chaque année, la France dispose, vous disposez, de tous les talents nécessaires à la mise en œuvre de projets architecturaux audacieux et inventifs. Je le dis notamment à votre attention, cher Jacques Guy : si la manifestation que vous organisez rencontre chaque année un succès mérité, c'est parce qu'elle permet à tous ceux qui s'y intéressent de "prendre la température" de l’architecture de notre pays, et que cet aperçu qu'elle nous donne des compétences et des qualités des architectes français est à la fois réjouissant et encourageant.
Dans le même esprit, du 16 au 18 mars prochain, la troisième session de Vivre les Villes, conduite en partenariat avec les ministères en charge de l’équipement et du logement, a pour objectif de mobiliser tous les acteurs de l’aménagement de l’espace, pour mieux en faire partager les enjeux aux Français. Je tiens aussi à souligner que les prochains Rendez-vous de l’architecture, dont j’ai confié la présidence à Rudy Ricciotti, auront lieu au deuxième semestre 2007. C'est dans ces rendez-vous que se manifestent la vitalité et le dynamisme de l'architecture française.
Je veux féliciter ici tous ceux qui en sont les artisans, et tout particulièrement, bien sûr, les lauréats de ces 24e Prix de l'Equerre d'Argent.

Lire aussi le discours de Jacques Guy, président du Groupe Moniteur

"La France dispose de tous les talents nécessaires à la mise en œuvre de projets architecturaux audacieux et inventifs" a déclaré le ministre de la Culture (au second plan, Jacques Guy, président du groupe Moniteur). © Vincent Leloup - ©

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