« Nous avons bon espoir d’atteindre l’objectif du programme Habiter Mieux en 2013 », Christian Mourougane,  directeur général adjoint en charge des politiques d’intervention de l’Anah
Christian Mourougane, directeur général adjoint de l'Anah, chargé des politiques d'intervention - © Christophe Caudroy

« Nous avons bon espoir d’atteindre l’objectif du programme Habiter Mieux en 2013 », Christian Mourougane, directeur général adjoint en charge des politiques d’intervention de l’Anah

Elisabeth Salles |  le 05/04/2013  |  Immobilier

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L’Agence nationale de l’habitat (Anah) organise mardi 9 avril les rencontres nationales de la précarité énergétique.  L’occasion de faire le point sur le programme Habiter mieux avec Christian Mourougane,  directeur général adjoint en charge des politiques d’intervention de l’Anah.

Organisées par l’Anah,  le 9 avril à la Maison de la Mutualité à Paris, les rencontres nationales de la précarité énergétique représentent un temps fort sur ce sujet, d’autant qu’avec huit millions de Français concernés, qui consacrent 10 % de leurs ressources annuelles à s’acquitter de leur facture énergétique, la précarité énergétique est au coeur des préoccupations des Pouvoirs publics. Ce moment de débats et de réflexion (voir encadré) prendra appui sur le programme Habiter Mieux, dispositif lancé en 2011 qui consiste, rappelons-le, à aider 300 000 ménages à améliorer leur logement par des travaux de rénovation thermique. Il doit mobiliser en sept ans des fonds importants : 500 millions d’euros de l’État, 600 millions de l’Anah et 250 millions des fournisseurs d’énergie, via le dispositif des certificats d’économies d’énergie.
Pour autant, son action peine à démarrer. Christian Mourougane, directeur général adjoint en charge des politiques d’intervention de l’Anah (1), en explique les raisons, mais aussi détaille les évolutions qui devraient procurer leurs effets en 2014.

Le programme Habiter Mieux avait des objectifs précis qui semblent difficiles à atteindre. Quelles en sont les raisons ?

Christian Mourougane  :  Le programme a été mis en place à la suite de la signature d’une convention avec EDF, GDF Suez et Total le 20 septembre 2011. L’année dernière a donc été la première année de plein exercice. Le bilan aujourd’hui est de 20 000 logements rénovés. L’objectif sur la période 2011-2017 est de 300 000 logements, à raison de 30 000 par an au départ, 50 000 ensuite. Sachant par ailleurs que la convention qui nous lie aux trois énergéticiens courre jusqu’au 31 décembre 2013 et qu’un second volet sera à étudier pour la période 2014-2015, qui dépendra bien évidemment de l’évolution du dispositif des CEE.

Le programme Habiter Mieux s’adresse aux cas les plus lourds, aux personnes les plus modestes disposant de ressources inférieures au seuil requis pour bénéficier des logements HLM, et c’est pourquoi il faut du temps pour qu’il prenne son plein régime. Sa mise en place  nécessite beaucoup d’ingénierie sociale, de capacité de conviction, qui doivent être précédées d’un travail de repérage difficile à réaliser dans des petites communes. Il s’agit d’un public difficile à capter.

Comment les cibles sont-elles identifiées et quel accueil réservent- elles à la démarche ?


Christian Mourougane : L’identification se fait par un croisement des données sur les ressources, la vétusté des logements, les connaissances des réseaux mobilisés. Un comité de pilotage recense ensuite tous les sujets impactés avant qu’un opérateur, émanant d’un bureau d’études, entre en contact avec eux.

L’accueil n’est pas négatif. Mais la démarche est difficile car elle implique un audit en partie payant pour le propriétaire, l’Anah prenant à sa charge sous certaines conditions 50 % du coût qui peut atteindre 300 à 400 euros. Certaines collectivités locales financent la différence. Autre obstacle : certains logements sont dans de tels états que la rénovation thermique ne peut s’envisager qu’après une remise en état. Or, il s’agit de travaux très coûteux qui sont à la charge du propriétaire occupant. La situation du mal logement est très critique, les passoires thermiques que vise le programme Habiter Mieux sont aussi, souvent, des logements insalubres, très dégradés. D’où, encore une fois, la difficulté mais aussi la pertinence de notre action. Mais le programme monte en charge, l’ingénierie essaie de trouver des solutions les plus simples possibles et nous arrivons à financer correctement certains projets. Nous avons bon espoir d’atteindre entre 22 000 et 30 000 logements cette année.

Quel est le coût moyen des travaux et le bilan énergétique à l’arrivée ?



Christian Mourougane : Le coût des travaux s’étale de 8 000 euros à 40 000 euros. Il est de l’ordre de 15 000 euros pour un changement de chaudière et une isolation des combles, il monte à 40 000 euros si le logement est très dégradé, à raison de 25 000 euros pour la remise en état et 15 000 euros pour la rénovation. La moyenne pour les logements rénovés à ce jour est de 15 000 euros. Sur le plan énergétique, nous faisons mieux que notre objectif, qui était de 25 %, avec un gain de 38 %, mais pour un coût plus élevé, celui prévu étant au départ de 10 000 euros. Il ne s’agit pas d’excellence énergétique mais de lutte contre la précarité énergétique : les logements traités passent d’une étiquette F ou G à une étiquette D ou E. Rien n’empêche par ailleurs le propriétaire d’aller plus loin ultérieurement s’il le peut.

Quel est le profil type des logements traités ?



Christian Mourougane : Ce sont des propriétaires occupants dans des zones péri-urbaines ou  rurales, dont les logements sont équipés de tous types de chauffage. Au-delà de la dimension énergétique, c’est la dimension sociale qui est importante.

Qu’est-ce qui pourrait faciliter votre démarche ?

Christian Mourougane : Nous initions, au niveau de la première visite chez la personne concernée, la mise en place d’emplois d’avenir à travers la mission des ambassadeurs de l’efficacité énergétique. L’Anah a signé dans ce sens le 20 février dernier une convention avec l’État visant à créer 800 emplois d’avenir.
La création d’un guichet unique permettant d’avoir un seul lieu d’informations permettrait aussi de rassurer l’occupant. Les Agences départementales d’information sociale logement ou ADIL, parce qu’elles sont en prise directe sur cette question du logement, pourraient jouer ce rôle. L’État et les agences qui en dépendent, l’Anah au travers de ses délégations locales, l’Ademe via les Espaces info énergies, sont aussi bien ancrés dans les territoires.

Au-delà, nous avons réfléchi à une évolution du régime et, lors d’un conseil d’administration tenu tout récemment, le 13 mars, l’Anah a décidé d’ouvrir le programme à partir du 1er juin aux propriétaires bailleurs, à élargir le programme aux propriétaires occupants comme pour les autres priorités de l’Agence, aux syndicats de copropriétés en difficultés, l’idée étant d’inciter tous ces publics à anticiper la question de la rénovation. L’État décidera ensuite s’il le souhaite d’accompagner ce dispositif dans le cadre, toujours, des investissements d’avenir. Les effets de cet élargissement devraient se faire sentir dès 2014.

(1) Christian Mourougane a été nommé directeur général adjoint en charge des politiques d’intervention de l’Anah en septembre 2012. Il était chargé de la maîtrise d’ouvrage d’opérations de travaux de 1995 à 2003 à l’AP/HP, chef du service habitat à la DDE 94 entre 2003 et 2007 puis directeur général adjoint de Radio France de 2007 à 2012.

Au programme des rencontres nationales de la précarité énergétique

Organisées par l’Anah, ces rencontres autour de la lutte contre la précarité énergétique ont été pensées comme un lieu d’échanges pour construire ensemble et autrement les politiques de demain. Deux tables rondes rythmeront la journée :
- Agir autrement pour mieux repérer la précarité énergétique :
Souvent invisibles et mal identifiés, les ménages en situation de précarité énergétique restent encore majoritairement hors du champ de l’action publique. Quelle approche adopter et quel(s) discours tenir pour convaincre ces ménages de s’engager dans des travaux de rénovation thermique ? Élus, représentant de l’État, opérateur, acteur social relateront l’évolution de leurs pratiques professionnelles et de leurs modes d’intervention pour approcher ”autrement” ces ménages, à partir de l’expérience d’Habiter Mieux et sous le regard d’un sociologue.
- Agir autrement pour construire des réponses pérennes :
Le programme Habiter Mieux a apporté aux acteurs locaux un cadre de partenariat qui constitue le socle d’une démarche structurante. Des territoires s’en sont saisis pour penser leur politique de lutte contre la précarité énergétique de manière globale. Élus, énergéticien et expert viendront témoigner de ces nouveaux ”modes de faire” pour construire des parcours de sortie de la précarité énergétique.

Vous pouvez consulter le programme en cliquant ici

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