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Nougat sans amandes !

Par Dominique Errard, rédacteur en chef |  le 06/05/2016  |  Dordogne

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Dordogne
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Dans la lutte contre le réchauffement climatique, le béton n’a pas dit son dernier mot. Condamné dans sa formulation actuelle, son principal composant - le ciment - est montré du doigt pour les gaz à effet de serre que génère sa fabrication. Bousculés par une réglementation qui bientôt priorisera la réduction des émissions de carbone avant celle de la consommation d’énergie, les industriels s’activent pour obtenir un matériau sobre en ressources naturelles, économe en énergie et intégralement recyclable. Le Graal étant d’obtenir un béton sans clinker, sans agrégats naturels et presque sans eau. C’est un peu comme si on voulait nous servir un pot-au-feu sans viande, sans légumes ni son os à moelle ! Ou un nougat sans amandes ni miel pour rester plus proche de l’univers du béton. Mais, comme personne ne lèche les murs, la recette n’a finalement pas d’importance. Seules comptent la performance mécanique et la faible émission de CO2.
Dans ce domaine, nos laborantins ne manquent pas d’aplomb. Outre les multiples qualités du matériau qui s’est imposé sur tous les autres depuis 200 ans, ils ont imaginé que le béton pouvait capter du carbone, à la manière du bois (voir p. 68). Ils s’intéressent aussi aux adjuvants issus du végétal - écartant les produits pétroliers - qui diminuent la consommation de ciment et d’eau… Très fort ! Nous connaissions le béton qui dépollue l’air grâce au dioxyde de titane, celui qui résiste autant que l’acier grâce aux fumées de silice et aux superplastifiants. Voici venir le béton écologique qui stocke le carbone.
En inventant le ciment artificiel, Louis Vicat (1786-1861) a lancé à 32 ans une génération de constructions solides et à bas coût. A sa suite, des Hennebique, Freyssinet et autres grands noms de la construction n’ont cessé de donner à sa découverte ses lettres de noblesse. Comme Vicat pour le pont de Souillac enjambant une Dordogne torrentielle, ils ont tous répondu aux défis techniques de leur temps. Celui d’aujourd’hui, pour le BTP, est d’effacer les 5 % d’émissions mondiales responsables du réchauffement climatique produits par le ciment. Alors laisse béton ?

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