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Notre-Dame-des-Landes : le Premier ministre reçoit une dernière fois les élus
Le futur aéroport Grand-Ouest à Notre-Dame des Landes présenté par Vinci (capture d'écran du site www.nantes.futuraeroport.fr) - © © Vinci Airports

Notre-Dame-des-Landes : le Premier ministre reçoit une dernière fois les élus

le 05/01/2018  |  BâtimentEtatERP

Comme il l'avait annoncé cette semaine, le Premier ministre Edouard Philippe a commencé à recevoir les élus locaux concernés par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ce 5 janvier, avant de prendre une décision définitive sur ce dossier controversé.

Edouard Philippe a entamé le 5 janvier un ultime et vaste tour de table pour échanger avec les élus locaux concernés par le projet d'aéroport très controversé de Notre-Dame-des-Landes, avant que l'exécutif ne tranche définitivement d'ici à la fin du mois de janvier.

Jusqu'au 12 janvier, maires, présidents d'agglomérations, de conseils départementaux, dirigeants régionaux, députés et sénateurs se succéderont auprès du Premier ministre, à Matignon. Le but : faire valoir leurs positions dans ce dossier ultra-sensible.

Les élus de Loire-Atlantique - qui ont ouvert le bal-, d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan (qui seront reçus le 8 janvier), du Maine-et-Loire, de Mayenne et de Vendée (le 9 janvier), ainsi que le bureau du syndicat mixte aéroportuaire (le 12 janvier) sont entendus "sur leur conception de ce qu'il faut faire, ce qu'il ne faut pas faire mais aussi sur la façon dont ils interprètent le rapport demandé au mois de juin". Ce rapport, remis mi-décembre, propose de choisir entre "le réaménagement de l'actuel aéroport de Nantes Atlantique" et "le développement d'une nouvelle plate-forme aéroportuaire", a expliqué mercredi le Premier ministre.

Evacuation de la ZAD

Cette "phase ultime de concertation" est l'occasion d'évoquer l'évacuation du site de Notre-Dame-des-Landes, qui sera ordonnée quelle que soit l'option retenue, a promis M. Philippe.

"Il faut que la ZAD (zone d'aménagement différé, rebaptisée zone à défendre par les occupants du site, NDLR) soit démantelée et elle le sera", insiste auprès de l'AFP le président de l'Assemblée nationale François de Rugy, appuyé par la députée LREM Sophie Errante, qui attend surtout que soit mis "un terme aux situations de non respect des droits vécues par les riverains".

Après avoir laissé la situation s'embourber, "il est temps de passer à autre chose", résume M. de Rugy, qui "en a marre que l'on ne parle de Nantes qu'à travers cela".

"Sortir du débat du seul aéroport"

L'ex-écologiste, réélu député sous la bannière de La République en marche, a promis de dire au Premier ministre "qu'il n'y a pas de consensus absolu des élus en faveur du transfert de l'aéroport à Notre-Dame-des Landes". Lui-même est opposé à ce "projet inutile et assez anachronique" mais reste assez isolé en Loire-Atlantique.

Sur les dix députés du département (9 LREM, 1 MoDem), six ont clairement affirmé leur soutien au nouvel aéroport, deux s'en remettent à la décision de l'exécutif et deux autres s'affichent contre (M. de Rugy et Sarah El Haïry).

Parmi les cinq sénateurs, deux seulement avaient fait le déplacement le 5 janvier pour une heure d'entretien "très cordial", selon l'écologiste Ronan Dantec, opposé au projet. "On a essayé de sortir le débat du seul aéroport. On a aussi discuté de l'aménagement de la Loire-Atlantique", a poursuivi M. Dantec en soulignant auprès de l'AFP que le "souci principal" de M. Philippe avait été de les "convaincre qu'il n'avait pas encore décidé".

"Rapport biaisé"

Le rapport des trois médiateurs, qui éclaire d'un jour nouveau l'hypothèse d'un réaménagement de l'aéroport existant, est sous le feu des critiques de plusieurs élus. "Je suis sceptique et je le ferai savoir", annonçait ainsi la députée Aude Amadou avant d'être reçue à Matignon. De cet entretien, elle attend des "éléments d'explication".

"De manière involontaire ou volontaire, le rapport n'intègre pas certains éléments: la problématique de l'évolution du trafic, les problématiques liées aux pollutions sonores et aux particules fines, l'application stricte de la loi littoral", relève le maire (DVG) de Saint-Aignan, commune située en bout de piste de l'actuel aéroport.

"C'est un rapport biaisé, qui présente de graves lacunes", s'insurge de son côté le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, secrétaire du Syndicat mixte aéroportuaire. L'ancien président de la région Pays-de-la-Loire dénonce à l'AFP la "mise en scène" de cette consultation, qui "ne servira à rien puisque c'est le président de la République qui prendra la décision".

D'autres, à l'image du député Yves Daniel (6e circonscription, celle de NDDL), souhaitent mettre en avant le "respect du fait majoritaire" en s'appuyant sur le résultat de la consultation locale de juin 2016: 55,17% des habitants de Loire-Atlantique s'étaient alors prononcés en faveur du transfert de l'aéroport nantais. "Sinon, il y a énormément de gens qui vont faire un brûlis avec leurs cartes d'électeurs, à commencer par moi", prévient-il.

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