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Notre-Dame-des-Landes : la décision est imminente
Manifestation d'une centaine d'opposant à l'aéroport, en juin dernier à Nantes. - © © Jean-Philippe Defawe.

Notre-Dame-des-Landes : la décision est imminente

F.M., avec AFP |  le 17/01/2018  |  TransportLoire-AtlantiqueEtatEquipementSécurité et protection de la santé

Le projet d’aéroport figure au menu des échanges du conseil des ministres ce mercredi. Le gouvernement pourrait annoncer sa décision dès aujourd’hui. L'opération d'évacuation du site se profile, avec l'arrivée de renforts de gendarmes et CRS en Loire-Atlantique.

L’épilogue d’un feuilleton à multiples rebondissements va peut-être s’écrire ce mercredi 17 janvier ou, en tout cas, dans ces tous prochains jours. Le gouvernement se retrouve en effet ce matin à l'Elysée, à l'occasion du Conseil des ministres, autour du président de la République, et des "échanges sur Notre-Dame-des-Landes" sont au menu, selon l'ordre du jour dévoilé hier mardi dans la soirée par la présidence.

La décision très attendue, pourrait y être prise et annoncée dans la foulée, ont indiqué plusieurs sources. Si le verdict ne devait finalement pas être dévoilé mercredi, il le sera dans les tout prochains jours. Edouard Philippe, qui a rencontré plus de 100 élus de l'ouest depuis dix jours et s'est rendu discrètement samedi à Notre-Dame-des-Landes, se chargera d'annoncer lui-même la décision. "Bientôt", confiait mardi soir le le Premier ministre.

« Elle fera des mécontents »

En cas d'abandon, très probable, l'alternative serait de choisir des travaux d'aménagement de l'actuel aéroport nantais, Nantes-Atlantique, exploité par Vinci.

A huis clos devant les députés LREM, Edouard Philippe a reconnu qu'après ces consultations, il n'était "pas forcément plus facile de se prononcer". "Quelle que soit la réponse, elle sera mauvaise" car elle fera des mécontents, a-t-il admis.

Sept escadrons de gendarmerie mobile sont attendus ce mercredi sur place, selon une source proche du dossier, avec pour objectif de quadriller la zone et procéder à des contrôles afin d'éviter l'arrivée de renforts dans la Zad.  Plusieurs compagnies de CRS seront elles à Nantes et Rennes afin d'assurer le maintien de l'ordre en cas de manifestations, selon la même source.

Atermoiements

Imaginé au fin fond des années 60, relancé en 2000, attribué à Vinci par appel d'offres en 2010, l'aéroport du Grand Ouest a traversé un demi-siècle pour finalement devenir le symbole des atermoiements du quinquennat Hollande.

Malgré la victoire du "oui" (à 55,17%) au référendum consultatif organisé en Loire-Atlantique en juin 2016, l'exécutif socialiste avait renoncé à expulser les zadistes, ces opposants qui occupent illégalement les lieux. Plutôt favorable à l'aéroport et au respect de cette consultation, Emmanuel Macron avait toutefois proposé durant la campagne présidentielle une médiation pour tenter de sortir de l'impasse.

« Raisonnablement envisageable»

Le rapport remis le 13 décembre par les médiateurs est venu changer la donne: tant Notre-Dame-des-Landes que l'extension de l'actuel aéroport nantais de Nantes-Atlantique sont décrits comme des options "raisonnablement envisageables". Une conclusion vivement contestée par les pro-NDDL et qui a remis en selle le second scénario.

Cette vaste "zone d'aménagement différée" de 1 600 hectares, rebaptisée "zone à défendre" (ZAD) par les opposants, est actuellement occupée par 150 à 200 personnes qui, selon les autorités, en ont fait un "camp retranché".

La Zad sera "évacuée des éléments les plus radicaux", a affirmé mardi le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, sur France 2. Qu'ils soient pour ou contre l'aéroport, la quasi-totalité des élus locaux défendent son évacuation, six ans après le fiasco d'une première tentative en octobre 2012, l'opération César.

Pour Vinci, le contrat est « béton »

Mais une évacuation, qui mobiliserait au minimum 2000 gendarmes mobiles, s'annonce beaucoup plus aisée si le projet d'aéroport est abandonné.

Un éventuel abandon du projet soulève la question douloureuse pour l'État de l'indemnisation prévue pour Vinci qui, selon les rapporteurs, avoisinerait 350 millions d'euros.  Le PDG de Vinci Xavier Huillard a évoqué mardi, lors de ses vœux à la presse, un contrat "béton" et "nickel" après des rumeurs démenties de contestation de certaines clauses du contrat par l'État.

Une option également évoquée par les anti-"NDDL" est d'entamer une négociation avec le géant du BTP et des concessions, qui exploite l'actuel aéroport de Nantes et se place en vue d'une possible privatisation d'Aéroports de Paris (ADP).

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