Entreprises de BTP

Norvège : Norsk Hydro devient numéro trois mondial de l’aluminium

En acceptant de débourser plus de 3 milliards d’euros pour acquérir VAW Aluminium, le conglomérat industriel norvégien Norsk Hydro s’apprête à accéder à la troisième marche du podium des principaux producteurs d’aluminium au monde, devant le français Pechiney.
Au terme de plusieurs mois de négociations exclusives, Norsk Hydro a annoncé lundi avoir signé un accord avec le groupe énergétique allemand E.ON pour le rachat de sa filiale aluminium pour 3,1 mds EUR en numéraire, un montant qui en fait la plus importante acquisition jamais réalisée par un groupe norvégien à l’étranger.

Cette somme comprend une reprise de dette de 757 M EUR et 450 M EUR de provisions pour retraites, ont précisé les deux groupes.
La transaction, qui sera finalisée au cours du premier trimestre 2002, permettra à l’entreprise norvégienne de devenir le numéro trois du secteur derrière l’américain Alcoa et le canadien Alcan mais devant le français Pechiney et l’autre américain Kaiser.

Affichant une capacité de production totale avoisinant 3 millions tonnes par an, toutes spécialités confondues, la nouvelle entité, dénommée Hydro Aluminium, réalisera un chiffre d’affaires pro forma de 10 mds EUR avec un effectif d’environ 30.000 personnes.
« Cette opération constitue un pas important et juste dans la direction que nous avons décidé de suivre, c’est-à-dire nous affirmer comme l’un des trois principaux producteurs mondiaux d’aluminium », a commenté Eivind Reiten, directeur général de Norsk Hydro lors d’une conférence de presse.

E.ON continue pour sa part de se séparer d’activités périphériques, poursuivant sa stratégie de recentrage sur son coeur de métier, l’énergie, un domaine dans lequel il prévoit d’investir 23,7 mds EUR entre 2002 et fin 2004.
L’opération lui permet de réaliser un gain net d’impôts de 1,1 md EUR, grâce à l’entrée en vigueur le 1er janvier en Allemagne d’un nouveau volet de la réforme fiscale de l’été 2000, donnant aux entreprises la possibilité de bénéficier d’une exonération d’impôts sur les cessions de participations.

Après avoir ouvert en hausse, le titre E.ON a plongé dans le rouge lundi matin à la Bourse de Francfort, certains courtiers jugeant le prix de cession légèrement décevant. A 14H00 GMT, l’action du géant de la Ruhr reculait de 0,39% tandis qu’à Oslo, l’action Norsk Hydro abandonnait 1,39% à 13H45 GMT.
La fusion des activités aluminium de VAW et Norsk Hydro devrait déboucher sur quelque 200 M EUR de synergies d’ici à fin 2003. La moitié de ces synergies sera dégagée grâce à un programme de réduction des coûts qui implique la suppression de 1.100 emplois, dont au moins 300 en Norvège.

Le groupe norvégien a aussi annoncé qu’il céderait « assez rapidement » la division « emballage souple » de VAW, qui réalise un chiffre d’affaires de 550 M EUR et emploie 4.800 salariés.
Interrogé sur une éventuelle scission –évoquée par la presse norvégienne– des différentes activités de Norsk Hydro qui, outre l’aluminium, est également actif dans la production d’hydrocarbures et dans les engrais, M. Reiten a reconnu qu’il pourrait s’agir d’une future option.

« Je ne dis pas que nous nous séparerons d’une de nos activités mais si l’on regarde devant nous, en termes d’opportunités et d’options stratégiques, il est possible que l’une de ces opportunités requière un changement dans la structure de notre entreprise », a-t-il souligné.
Le rachat de VAW s’effectuant en numéraire, il a en revanche écarté l’idée d’une nouvelle émission d’actions qui contribuerait à modifier le capital de l’entreprise, dans laquelle l’Etat norvégien détient toujours 44%.

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