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Non traitement des ponts thermiques : Suzanne Déoux s’alarme des conséquences sur la santé
Suzanne Déoux - © © DR

Non traitement des ponts thermiques : Suzanne Déoux s’alarme des conséquences sur la santé

Frédérique Vergne |  le 15/07/2014  |  EnergieImmobilierTechniqueEfficacité énergétiqueEnvironnement

Le débat sur l’éventuel non traitement des ponts thermiques se poursuit. Le docteur Suzanne Déoux, bien connue dans le monde du bâtiment, vient d’adresser un texte à la DHUP, la DGPR, la DGS, l’ADEME, au Plan Bâtiment Durable, à l’OQAI et au CEREMA sur les effets qu’aurait une telle décision sur la santé des occupants.

« Simplifier les règles de construction doit-il se faire au détriment de la santé des occupants ? Prétendre diminuer le seul coût de construction du bâti en augmentant le coût sanitaire et socio-économique est-il bien raisonnable ? » Ce sont les questions que se pose le Docteur Suzanne Déoux dans un texte adressé à la DHUP (Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages), la DGPR (Direction générale de la prévention des risques), la DGS (Direction générale de la santé), l’ADEME, au Plan Bâtiment Durable, à l’OQAI (Observatoire de la qualité de l’air intérieur) et au CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement). Elle  s’alarme ainsi des conséquences sur la santé de la proposition codée Q10 (remonter de 0,6 à 1 le coefficient des ponts thermiques linéiques à la jonction plancher intermédiaire/mur pour les immeubles collectifs) du groupe de travail n°1 sur la simplification normative de la démarche « Objectifs 500 000 ».

Risques sanitaires

Ici, le débat, qui fait l’objet depuis plusieurs semaines de l’inquiétude « médiatique » de certains acteurs du bâtiment (voir l’encadré) se place exclusivement au niveau de la santé des occupants.

Rappelant que les discontinuités de l’isolation de l’enveloppe d’un bâtiment (zones froides créées par le non traitement des ponts thermiques à la jonction plancher intermédiaire et mur extérieur) vont avoir un impact, outre sur la température ressentie par les occupants, sur la condensation de la vapeur d’eau contenue dans l’air intérieur chaud, Suzanne Déoux explique qu’ « outre les altérations des produits de construction qui pourront augmenter les émissions de polluants dans l’air, le développement des moisissures, dont l’impact sanitaire est bien connu, va être fortement favorisé. Cela le sera d’autant plus si aucun contrôle obligatoire des débits de ventilation ne garantit un renouvellement d’air suffisant pour évacuer la vapeur d’eau produite dans les logements ».  Le lien entre la présence de moisissures et l’augmentation de risques sanitaires d’une part, l’humidité et le développement de moisissures dans les bâtiments et, d’autre part, l’augmentation du risque de divers effets délétères sur la santé des occupants (surcroît de 30 à 50 % des symptômes des voies respiratoires supérieures, développement ou exacerbation de l’asthme, infections respiratoires, toux, respiration sifflante et oppression respiratoire), est désormais établi par les scientifiques. Et si l'évaluation sanitaire des choix constructifs est négligée lors de la conception, les coûts de santé induits par la « non qualité » seront pris en charge par l'assurance maladie.

Ne pas créer de ponts thermiques, une recommandation de l’OMS

Par ailleurs, Suzanne Déoux rappelle que « remonter le coefficient linéique des ponts thermiques de 0,6 à 1 W/ml.K va à l’encontre des préconisations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), présentées en 2009, dans son document  sur les valeurs guides relatives à l’humidité et aux moisissures…. l'OMS recommande que les enveloppes des bâtiments soient correctement conçues, construites et entretenues afin d’éviter la création de ponts thermiques et leur corolaire, le développement de moisissures ».

Quant au coût, la directrice associée de la société Medieco conclut : «  La qualité a certes un coût, mais elle est aussi la meilleure manière de réduire les coûts, surtout quand il s'agit de santé. La relance de l’immobilier ne peut justifier des considérations financières de courte vue alors que les surcoûts sanitaires seront durables et que l’homme doit être au centre des préoccupations des acteurs du bâti ».

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