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Niort poursuit sa métamorphose

THIERRY THOMAS |  le 24/01/1997  |  Deux-SèvresRénovationLogement socialArchitectureEducation

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-L'aménagement de l'Espace niortais va recomposer le quartier de l'Hôtel-de-Ville. -Au menu : construction d'un hôtel administratif et réhabilitation de plusieurs immeubles.

« L'Espace niortais prolonge les autres opérations d'urbanisme conduites sur l'ancien axe historique qui va de la place Saint-Gelais à la place Saint-Jean. Elle suit la réhabilitation du centre Du Guesclin, de La Roulière, la rénovation des halles et la recomposition de la place Saint-Jean, en cours d'achèvement », explique Bernard Bellec, maire de Niort.

L'opération dite « de l'Espace niortais » concerne la rénovation de tout un quartier qui jouxte l'hôtel de ville. Elle est estimée à quelque 130 millions de francs. Le noyau central du projet porte sur la construction d'un hôtel administratif municipal qui regroupera l'ensemble des services jusqu'alors éclatés en différents points de la ville. L'ensemble développera une surface totale de quelque 6 000 m2 de bureaux, répartis entre deux bâtiments reliés entre eux et disposés de chaque côté de la rue de l'Ancien-Oratoire.

Pour l'architecte Jean-François Milou, « les deux bâtiments recevront les services municipaux : pour l'un, ceux qui sont en contact constant avec le public ; et pour l'autre, ceux qui n'ont que des rapports épisodiques avec les Niortais. L'actuel hôtel de ville gardera sa fonction de représentation politique ». Les deux nouveaux immeubles offriront une dominante de pierre et de verre, afin de se démarquer de la tendance des années 80, d'acier et de verre.

Le chantier sera symboliquement lancé le 27 avril, soit cent ans jour pour jour après la pose de la première pierre de l'actuelle mairie. La consultation des entreprises interviendra au printemps pour un chantier d'une durée de dix-huit mois.

L'hôtel administratif abritera en sous-sol près de 250 places de stationnement, compromis, comme le souligne Bernard Bellec, « entre la volonté de la majorité municipale de ne pas pousser à l'arrivée des voitures en centre-ville et le désir des commerçants qui souhaitent toujours plus de stationnement ».

Pour la construction du garage, les appels d'offres passés en lots séparés, interviendront à la fin du mois de janvier. Les travaux seront lancés en avril pour un an.

Deux équipements sociaux importants

Le second temps fort de l'opération porte sur la réalisation de la Maison de l'emploi et du Centre d'animation jeunesse et d'information (Caji), tous deux abrités dans 830 m2 de surface utile et situés dans les bâtiments de l'ancien musée des Beaux-Arts. L'opération a été confiée à l'architecte Hervé Beaudouin. La Maison de l'emploi regroupera toutes les structures liées à l'emploi : le PLIE (plan local d'insertion économique), la mission intercommunale d'insertion par l'économie, l'Agence nationale pour l'emploi, etc.

Le Centre d'animation jeunesse doit être un lieu de rencontre, d'animation et d'information pour les jeunes Niortais. Une salle de 400 à 450 places sera rattachée au Caji. Géographiquement, la salle sera intégrée au garage. Elle est appelée à devenir un espace de création pour les artistes régionaux.

La Maison de l'emploi et le Caji en sont au stade de l'esquisse. L'opération sera lancée en fonction de la programmation budgétaire 1997.

Le troisième et dernier volet de l'opération « Espace niortais » concerne la réalisation de logements sociaux. Bernard Bellec est très attaché au maintien de logements, et notamment de logements sociaux en centre-ville, comme le montre l'opération de la Ménagère. La Ménagère était une enseigne qui occupait en centre-ville un immense bâtiment. Les activités commerciales ont périclité. La ville s'est alors portée acquéreur de l'immeuble et l'a réaménagé avant d'y réinstaller une épicerie au rez-de-chaussée. Elle participe en outre à la réalisation de 17 logements sociaux dans ce même immeuble.

C'est dans le même esprit que la ville a signé une convention avec le Pact des Deux-Sèvres pour la réalisation de 30 logements sociaux et de deux surfaces commerciales rue Saint-Jean. Le Pact des Deux-Sèvres travaillera sur des immeubles acquis par la ville dans le cadre de l'Espace niortais. L'opération, d'un montant de 10 millions de francs, se déroulera en plusieurs tranches sur 1997 et 1998.

L'Opac Sud-Deux-Sèvres est également l'un des grands opérateurs du logement social dans la ville. « Nous accompagnons la ville dans sa politique d'habitat en réalisant des petits immeubles collectifs d'une quinzaine de logements, soit sur des lotissements communaux, soit à l'intérieur des quartiers. Nous développons également depuis plusieurs années une politique de logements très sociaux, individuels et diffus », explique Philippe Varenne, directeur général adjoint de l'Opac Sud-Deux-Sèvres.

L'Opac va livrer au début du mois de février un petit immeuble collectif de 14 logements (T2 et T3) sur le lotissement des Nardouzans (architecte Hervé Beaudouin, coût 5 millions de francs). Par ailleurs, il travaille actuellement sur un projet de 15 logements sur le secteur Clemenceau. L'opération devrait voir le jour en 1998.

Repères

Population (ville) : 58 660 habitants

Population (communauté de communes) : 70 621 habitants dans 14 communes

Budget : 468 millions en fonctionnement et 80 millions en investissement

Taux de dépollution des eaux usées : 44 %

DESSINS :

L'hôtel administratif, à proximité de la mairie, rassemblera, sur 6 000 m2, tous les services municipaux. Un projet de Jean-François Milou.

L'ancien musée des Beaux-Arts abritera le Caji, Centre d'animation jeunesse et d'information, et la Maison de l'emploi . Une opération confiée à l'architecte Hervé Beaudoin.

Un musée au XXIe siècle

L'Espace niortais est en grande partie réalisable grâce au transfert du musée des Beaux-Arts et du muséum d'histoire naturelle. L'ancien lycée Jean-Macé va se transformer en musée d'Agesci et recevoir les collections du musée des Beaux-Arts et celles du muséum d'histoire naturelle. « C'est un gros chantier, de l'ordre de 35 à 40 millions de francs, qui se terminera au cours de ce mandat. Nous avons obtenu l'accord de l'Etat qui interviendra à hauteur de 40 % dans le projet », précise le maire de Niort.

En plus des collections « classiques », le musée d'Agesci devrait accueillir un atelier de restauration et un conservatoire de l'éducation. « Niort a longtemps été une ville pilote en matière d'éducation », souligne Christian Gendron, conservateur des musées niortais. Pendant plus de trois ans, en partenariat avec l'Education nationale, des milliers d'objets ont été collectés dans les 400 écoles du département. Quelque 5 000 films pédagogiques et autant de manuels scolaires ont également été rassemblés.

La capitale des mutuelles attend des projets privés

Niort n'usurpe pas son titre de capitale des mutuelles avec plus de 5 000 personnes qui travaillent dans ce secteur d'activité. L'agglomération niortaise abrite en effet quelques-unes des grandes mutuelles françaises : Maif, Macif, Maaf, Inter Mutuelle Assistance, SMACL ou SMA BTP. Le patrimoine de ces entreprises est important au point que plusieurs mutuelles ont leur propre directeur du patrimoine.

Les grandes périodes de construction semblent aujourd'hui achevées. La dernière grosse opération en date fut l'extension du siège social de la Maif dans le quartier de Noron. Cependant, ce patrimoine doit être entretenu et fait l'objet, chaque année, d'un volume de travaux d'entretien et de rénovation non négligeable. Un sujet sur lequel les mutuelles ne se montrent guère prolixes.

De leur côté, les grandes surfaces niortaises ont dans leurs cartons plusieurs projets d'extension ou d'agrandissement, bloqués soit en commission départementale, soit au niveau national. C'est ainsi que le centre Leclerc souhaite étendre sa surface commerciale de 1 500 m2. Décathlon avait obtenu l'autorisation de passer de 1 765 à 2 950 m2. Mais le recours devant les instances nationales a été fatal au projet de cette enseigne d'articles de sport. Castorama avait présenté un projet d'extension-transfert vers la zone Mendès-France. Le projet, accepté au plan départemental, visait à passer la surface commerciale de 3 270 à 9 900 m2 et à créer 500 places de stationnement. Opération bloquée au plan national. Enseigne de jouets et de jeux, Maxitoys envisage d'ouvrir un magasin de 900 m2 sur la même zone de Mendès-France. Tous ces projets ne sont pas complètement abandonnés et Niort attend le dégel.

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