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« La France a une longueur d’avance sur le BIM et ses possibilités »
Nicolas Régnier, président de DataSoluce, rentre de trois mois à San Francisco. La start-up a été boosté afin d'accélérer son développement à l'international.

« La France a une longueur d’avance sur le BIM et ses possibilités »

JULIE NICOLAS |  le 17/07/2018  |  NumériqueBâtiment connectéStart-up

Nicolas Régnier, président de Datasoluce. Dans le cadre du programme « Impact USA », la start-up spécialisée dans la structuration des données du BIM vient de passer trois mois à San Francisco. Son fondateur livre au Moniteur ses impressions sur la maturité du Building information modeling outre-Atlantique.

Quel était l’objectif de ce séjour aux Etats-Unis ?

Le premier était de savoir si notre technologie et notre savoir-faire avaient un équivalent aux Etats-Unis, temple de l’innovation ! Le second était de découvrir l’état d’avancement des acteurs américains et leurs meilleures pratiques en matière de Building information modeling (BIM) ainsi que les enjeux et les dynamiques des marchés de l’immobilier et de la construction. Enfin, nous avons cherché à comprendre ce qui fait le succès des entreprises de la Silicon Valley afin de s’en inspirer.

Que vous a apporté ce voyage ?

Tout d’abord, nous avons remporté là-bas le 1er prix de la compétition « Tech Real Estate », qui a confirmé notre avance technologique. Il nous a aussi permis de valider l’adéquation de notre solution au marché américain, ce qui renforce nos perspectives de développement.

J’ai surtout pris conscience des nombreux atouts que la France offrait aux entrepreneurs et aux start-ups. Au-delà des couvertures sociale et médicale et de l’accès à l’éducation, le soutien à l’innovation dont nous bénéficions doit être souligné. Il est important que les entrepreneurs français en prennent conscience : nos ingénieurs sont excellents et unanimement reconnus là-bas. Les dispositifs et initiatives tels que ceux proposés par BPI France, Business France, la French Tech sont une chance pour lancer sa start-up !

Comment considérez-vous le marché américain de la construction et leur maturité sur le BIM ?

Nous, Français, n’avons absolument pas à rougir de nos pratiques en BIM ! Certes, j’ai pu voir des architectes, des concepteurs et des entreprises avec une parfaite maîtrise des logiciels de conception BIM… mais également des acteurs sans aucun équipement informatique ! Le BIM pour le maître d’ouvrage en est à ses prémices : bien qu’étant convaincus par le sujet, les promoteurs et investisseurs immobiliers n’exploitent pas encore pleinement son potentiel. La France a donc une longueur d’avance dans la vision d’ensemble du BIM et de ses possibilités.

Où en sont les américains de la digitalisation en matière de conception, sur les chantiers et pour l’exploitation/maintenance ?

Sur les nombreux projets immobiliers interrogés, je n’ai pas vu d’usages « exceptionnels » du BIM, que ce soit dans les technologies employées ou dans les modes de collaboration. L’usage majeur est la synthèse technique et quelques extractions de données des modèles BIM. C’est cela qui me fait dire que la France et son écosystème BIM ont de vraies opportunités hors de nos frontières. Charge à nos entrepreneurs d’avoir une ambition mondiale pour faire rayonner l’écosystème Français !

Quelles sont, selon vous, les grandes différences entre le secteur de la construction en France et aux Etats-Unis ?

Dans l’ensemble, je n’ai pas noté de différences majeures sur la manière de concevoir ou de construire en France et aux Etats-Unis. Certes le vocabulaire et certaines méthodologies diffèrent. Ainsi, je note le fait que les maquettes numériques BIM produites par les concepteurs et les entreprises deviennent des livrables contractuels, qui priment sur les autres documents (plan 2D, descriptifs CCTP et autres).

Autre différence, les permis de construire sont généralement déposés à l’aboutissement de la conception - l’équivalent de nos Dossier de consultation des entreprises (DCE) - et peuvent être soumis par corps d’état. C’est également le service instructeur du permis de construire qui se charge de vérifier la conformité règlementaire du projet. Ainsi, la collectivité locale envoie régulièrement au cours du chantier des inspecteurs en charge de valider les installations et équipements. Des points d’étapes avant la fermeture des cloisons ou des faux-plafonds sont ainsi obligatoires, et le service instructeur se fait rémunérer pour cela.

D’autres voyages aux Etats-Unis sont-ils prévus ?

Oui, notre technologie commence à être reconnue par les acteurs immobiliers de la Silicon Valley, nous sommes du coup invités à plusieurs événements dès le mois de septembre pour avancer avec différents partenaires financiers, techniques et immobiliers.

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