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Nicolas Michelin :
De g.à d. : Nicolas Michelin, Michel Delplace, Cyril Trétout, Paris 2011 - © Balthazar Lab

Nicolas Michelin : "Ce projet nous oblige à inventer tous les jours"

Propos recueillis par Cyrille Véran |  le 31/05/2011  |  ArchitectureParisSeine-Maritime

Choisi par le groupement Opale Défense (mené par Bouygues) pour réaliser la partie centrale du site (également appelée "parcelle
Ouest") et le bâtiment principal du ministère de la Défense à Balard, ainsi que pour le bâtiment situé sur la Cité de l'Air en bordure de l'avenue de la Porte de Sèvres, Nicolas Michelin détaille son projet pour Le Moniteur.

Vous définissez le ministère comme une « machine naturelle ». Quel est ce concept ?

Le ministère de la Défense est un dispositif innovant, qui compose avec les éléments naturels pour assurer son autonomie énergétique et son fonctionnement. En ce sens, il marque une rupture avec les logiques actuelles des bâtiments tertiaires. Nous proposons une ventilation naturelle assistée pour la quasi-totalité des bureaux. La toiture est équipée de cheminées aérauliques qui extraient l’air grâce au gradient thermique et au vent. Le bâtiment comprend également 7000 m2 de capteurs solaires -avec la possibilité d’étendre cette surface à 14000 m2-, des systèmes de géothermie et de récupération de chaleur.  Au total, 80% des besoins en chauffage, climatisation et eau chaude seront couverts par les énergies renouvelables produites sur le site.

Depuis plusieurs années, vous testez différents systèmes écologiques. Ce projet marque-t-il une étape importante dans vos recherches?

Ce bâtiment capitalise dix années de pratique. Nous avions testé la ventilation naturelle pour l’agence de l’eau à Rouen en 2003, mais avec le ministère de la Défense, on change d’échelle. A priori, un PPP n’est pas la meilleure forme contractuelle pour innover. Or pour le projet Balard, nous innovons, et bénéficions même de l’expertise de deux BET mandatés par Bouygues. Ce projet va incontestablement faire évoluer les normes et les règlementations des programmes tertiaires. Le niveau de performance énergétique sera également exceptionnel : 44 kWh/m2.an, toutes dépenses confondues. Soit des consommations (chauffage, éclairage, ventilation, eau chaude…) divisées par trois fois par rapport à la RT 2012 et de fortes économies en termes de maintenance.

En quoi ces choix écologiques influent-ils sur votre architecture?

Le plan s’organise selon un maillage dynamique : le pôle opérationnel au centre, directement connecté aux états-majors. Cette organisation, très fonctionnelle, ne découle pas seulement de la complexité du programme : elle contribue aussi à faire circuler l’air. La disposition des bâtiments sur pilotis participe également de ce système. Les jardins, reliés les uns aux autres, rafraîchissent l’air. Leur emprise représente 60% de la surface de la parcelle, un vrai challenge compte tenu de la densité du programme.

Cette organisation a-t-elle une incidence sur le confort de l’usager?

Il s’agit de renouveler la façon d’occuper des bureaux. Emprunter des circulations protégées mais non fermées, pouvoir ouvrir les fenêtres: cela paraît évident, mais c’est difficile à mettre en oeuvre dans les programmes tertiaires.  La largeur des bureaux  n’excédera pas 12 m au lieu des 18 m habituels (excepté pour ceux qui ceinturent la parcelle), une largeur permettant de les rendre traversant et lumineux. Enfin, les militaires souhaitent offrir les mêmes qualités de bureaux à tout le personnel, sans souci de hiérarchie.

Comment s’inscrit ce projet dans le tissu urbain parisien?

Cette grande pièce urbaine singulière n’est pas traitée de manière unique, mais décomposée en trois entités, et autant d’architectures qui se rajoutent à celles des frères Perret et des tours des années 70 de la DGA et de la Base aérienne. Cette fragmentation contribue à l’intégrer dans le tissu urbain parisien. Le projet Balard agit aussi sur son environnement proche : nous créons une circulation douce, une allée jardin,  qui permettra de sortir de Paris sous le périphérique. La trame des jardins est au gabarit des cours parisiennes et, détail important, ce sont des jardins en pleine terre.

Comment assurez-vous la sécurité du projet?

Les contraintes liées à la sécurité du projet sont très fortes, mais restent confidentielles. Notre objectif est de préserver au fil des études la qualité des espaces intérieurs et des façades, malgré ces contraintes. Les entreprises devront aussi innover pour dissimuler certaines parties du bâtiment lors du chantier. C’est le plus gros projet PPP de France et le plus sécurisé. Cela oblige à inventer tous les jours.

A lire aussi notre dossier spécial Balard en cliquant ici

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