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Nexity, la douche froide
Le siège du groupe Nexity, dans le quartier d'affaires de La Défense. - ©

Nexity, la douche froide

Defawe Philippe |  le 09/10/2008  |  ImmobilierLogementsEntreprises

Numéro un français de la promotion immobilière, Nexity est frappé à son tour par le tempête financière et boursière : réservations de logements en chute libre (- 28%), suppressions d'emplois (150 personnes), révision à la baisse des perspectives financières. Selon son président, Alain Dinin, la crise pourrait même menacer 180.000 emplois dans le bâtiment.

Sur le marché global, le groupe Nexity se montre encore plus pessimiste que le président de la FPC, Jean-François Gabilla, en ne tablant que sur 75.000 ventes en promotion cette année et sur un recul des mises en chantier de logements de 90.000 unités.
Les données communiquées par la filiale des Caisses d'épargne ne tiennent pas compte du plan de rachat annoncé par le gouvernement en fin de semaine, sur lequel il attend d'en savoir plus. Elles montrent une chute de 24% des réservations nettes de logements auxquelles s'ajoute un recul de 39% du nombre de terrains à bâtir. Au global, la baisse ressort donc à 28% en nombre de lots. En valeur, elle est à peu près équivalente (- 29%).
Hors ventes en bloc à des institutionnels, les annulations de réservations de logements progressent de 19%. Elles dépassent les 40% sur les neuf mois. Un chiffre à rapprocher des indications données par Jean-François Gabilla: ce jeudi matin, sur LCI, il assurait que 50% des dossiers étaient aujourd'hui refusés par les banques contre 35% au premier semestre. Fait notable: le prix moyen des logements vendus (hors ventes en bloc aux institutionnels) s'élevait au cours des 9 premiers mois à 200.000 euros, en baisse de 4% sur la même période de 2007. Le prix des terrains à bâtir n'était en recul que de 3%.

Riposte rapide
Face à l'aggravation des événements, Nexity donne un tour de vis: Comme Kaufman il y a quelques jours, le groupe annonce un plan social dans sa branche promotion, portant sur environ 150 personnes. L'activité est freinée: 40% seulement des programmes prévus seront lancés au second semestre (47 contre 63 lancés au S1). Le niveau moyen des pré-commercialisations constaté lors du lancement des travaux était en moyenne de 61% sur les 9 premiers mois. 110 opérations aux rythmes de commercialisation insuffisantes sont purement et simplement abandonnés, entraînant l'annulation de 204 réservations au 4ème trimestre. Le gel de 19 terrains aura le même effet sur 123 réservations... autant dire que le dernier trimestre ne sera pas bon sur le plan commercial.
Dans le logement et le lotissement, la fermeture ou le regroupement régional d'agences est annoncé. Deux implantations étrangères sont fermées au Portugal et république Tchèque. L'ensemble de ces mesures nouvelles aura un impact de 60 millions sur le résultat opérationnel du groupe (80 millions, compte tenu des mesures précédentes).
Tout en rappelant que la situation financière du groupe est "saine" et qu'il bénéficié de finances bancaires "corporate" sécurisés sur le moyen terme, Nexity revoit à la baisse ses perspectives pour 2008 et sur le moyen terme. Il prévoit un résultat net consolidé de 140 millions contre 200 millions avancés à la fin du 1er semestre et 212 millions affichés en 2007. Plus globalement, il reste comme en juin sur une "reprise du marché immobilier attendue pour 2010 après un point bas en 2009".

Menaces sur l'emploi
Comme Jean-François Gabilla il y a dix jours, Alain Dinin, le président du Nexity, met l'accent sur les conséquences d'un recul de la promotion pour l'ensemble de la filière bâtiment, l'emploi et les recettes fiscales. Durcissant le trait par rapport au président de la FPC, il estime à 180.000 le nombre d'emplois menacés et à 3 milliards le recul des recettes de TVA.
Une déclaration au Monde qui intervient en pleine négociation entre promoteurs et bailleurs sociaux sur la décote appliquée lors du rachat des 30.000 logements vendus en Vefa. "Si ces habitations sont destinées au parc locatif social et qu'elles sont soumises à une TVA de 5,5%, alors nous pourrons aller jusqu'à 20% de décote. Sinon, nous serons en mesure de baisser nos prix de 8 à 10%", déclare-t-il dans Le Monde. Une position encore éloignée des 25% avancés par la SNI, qui avance dans sa démarche de rachat de 10.000 unités en lançant aujourd'hui même un appel à projets, ou des 20% évoqués la semaine dernière par les HLM. De son côté Michel Delebarre, président de l'Union sociale pour l'habitat, demande d'ailleurs que "soient mis en place les moyens budgétaires nécessaires à la réalisation des opérations". Même s'il ne le veut pas, l'Etat risque bien d'y être contraint, ne serait-ce que par le biais du différentiel de TVA appliqué à la construction sociale, qui se traduira dans ses comptes par une moindre recette fiscale.
Sur le terrain, les salariés font les frais des difficultés des promoteurs: le comité d'entreprise du breton Celeos (500 emplois), en redressement judiciaire depuis le 3 septembre, examinait jeudi un plan social visant à supprimer la moitié des emplois, selon Ouest-France

Françoise Vaysse

Lire aussi le Billet de Françoise Vaysse : "Surenchère ?"

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