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Net retrait pour Vinci en 2020
Le PDG de Vinci, Xavier Huillard. - © bruno levy

Net retrait pour Vinci en 2020

J.B. |  le 05/02/2021  |  Résultats annuels VinciVinci résultatsEuroviaVinci Construction

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Sans surprise, les résultats annuels du groupe traduisent l’impact de la crise du Covid-19, notamment sur sa branche concessions. Pas de quoi déstabiliser son P-DG, Xavier Huillard, qui réaffirme ses ambitions et sa confiance dans un « modèle économique de temps long, particulièrement bien adapté aux grands enjeux actuels ».

« Nous avons traversé une année difficile, durant laquelle toutes nos divisions ont été impactées par la crise du Covid-19 à des intensités différentes », a commenté le P-DG de Vinci, Xavier Huillard, lors de la présentation des résultats annuels de son groupe le 5 février.

Des paroles qui font écho à un chiffre d’affaire (CA) 2020 de 43,2 milliards d’euros, en retrait de 10,0 % par rapport à 2019. Le résultat net chutant de 62 % pour se porter à 1,242 milliard d’euros.

Des motifs de satisfaction

Sans sous-estimer cette baisse imputable à la crise du Covid-19, le dirigeant a également tenu à rassurer : « Grâce à un niveau d’encaissements clients exceptionnel et à la maîtrise des dépenses opérationnelles et d’investissements, le cash-flow généré dans l’année s’est maintenu à un niveau remarquablement élevé, proche de celui de 2019, qui constituait un record historique ».

Un motif de satisfaction auquel viennent s’ajouter « la croissance des prises de commandes qui a porté le carnet de commandes à un plus haut niveau historique de 42,4 milliards, mais aussi la résilience de l’activité et le résultat opérationnel de Vinci Energies qui conforte la stratégie de développement du groupe sur ce créneau. »

La branche concessions première impactée

Ce sont les activités de concessions autoroutières et, surtout, aéroportuaires qui payent le plus lourd tribut à la crise sanitaire. Leur chiffre d’affaires cumulé ressort à 5,8 milliards d’euros, en retrait de 31,7 %.

Dans le détail, Vinci Autoroutes et Vinci Airports enregistrent ainsi respectivement une baisse de 17,5 % et 62,4 % de leur chiffre d’affaires, à 4,6 milliards d’euros et 990 millions d’euros.

« Le trafic autoroutier et aéroportuaire s’est progressivement redressé dans le courant de l’été après le premier confinement, mais cet espoir de reprise a été douché par les vagues successives de la pandémie et l’absence de coordination entre les différents pays, en particulier européens, concernant les restrictions de circulation et les mesures de quarantaine », regrette Xavier Huillard.

Si tout porte à croire que le redressement de l’aérien « ne se fera pas d’un claquement de doigt », le trafic routier devrait reprendre quasi immédiatement, une fois la situation sanitaire stabilisée, estime-t-il. « Nous voyons bien que le trafic des véhicules légers ne demande qu’à repartir. Les indicateurs de la période estivale entre les confinements de mars et octobre en témoignent. Il y a une vraie aspiration à la mobilité. Cette crise confirme que la route est le réseau vital de notre pays. »

Le contracting fait de la résistance

Du côté des activités dites de contracting, qui regroupent les entités Vinci Construction, Eurovia et Vinci Energies, la résistance s’est avérée bien meilleure. Cette branche qui se réorganisera demain en deux pôles : l'un dédié au BTP et l'autre à l'énergie, a réalisé un chiffre d'affaires de 36,9 milliards d’euros, en recul de 5,2 %.

En France, l’activité a été très faible durant le premier confinement tant dans le bâtiment que dans les travaux publics. Elle a progressivement repris à partir de la fin avril pour retrouver un niveau proche de la normale en juin. Conséquence : le chiffre d’affaires de la branche s’établit à 17,5 milliards d’euros au niveau national, en baisse de 10,6 %.

A l’international, par contre, l’activité a pu être maintenue dans la plupart des pays où le groupe est présent. D'où un chiffre d’affaires de 19,4 milliards d’euros, comparable à celui de l’exercice précédent.

Trois divisions à la loupe

Dans le détail, le spécialiste de la route et de la mobilité, Eurovia, annonce un CA de 9,6 milliards d'euros. Un résultat en baisse de 6,2 %, mais qui s’accompagne de signaux positifs avec un marché mieux orienté au deuxième semestre 2020. Même constat pour Vinci Construction qui, malgré une baisse de 8,6% pour 13,6 milliards générés, a retrouvé progressivement son niveau d’activité dans la deuxième partie de l’exercice.

Vinci Energies, enfin, est sans conteste la division qui se sort le mieux de 2020. En y intégrant les opérations de croissance externe réalisées sur la période, son CA reste quasi stable à 13,7 milliards d’euros. « Vinci Energies a poursuivi sa politique de croissance externe tonique, avec une vingtaine d’acquisitions dont la plus significative au Canada, marquant une nouvelle étape dans le développement de ses activités en Amérique du Nord, et une autre en Allemagne dans le secteur de l’éolien offshore. », se réjouit M. Huillard.

Carnets et prises de commandes à la hausse

Autre bonne nouvelle pour le groupe Vinci : la progression des prises de commandes qui lui permet de s'appuyer sur un carnet historiquement haut.

En croissance de 4 % par rapport à 2019, elles sont le fruit d’une forte poussée à l’international (+14%), venant compenser un recul sur le marché français (-6%). Elles augmentent ainsi de 2 % pour Vinci Energies et de 14 % pour Vinci Construction. Seul Eurovia enregistre un repli de 7 %, notamment corrélé au contexte post-électoral français, habituellement peu favorable au lancement de nouveaux projets par les collectivités locales. Pour autant, la situation semblait déjà se redresser pour le spécialiste des travaux routiers au quatrième trimestre 2020 avec une progression de 13 % dont 7 % en France.

2021 : une lecture aléatoire

Dans le contracting, le groupe espère retrouver en 2021 un chiffre d’affaires comparable à celui de 2019 et améliorer les marges opérationnelles des trois pôles de métiers. Un rebond qui sera évidemment conditionné à une stabilisation du contexte économique et sanitaire. Face à ce manque de visibilité, Vinci préfère d’ailleurs s’abstenir de prévision sur l'évolution des activités de Vinci Airports et Vinci Autoroutes dans les mois à venir.

« Une chose est certaine. Nous ne retrouverons pas en 2021 les niveaux d’activité et de marge pré-crise. L'important aujourd'hui est de se projeter. Nous disposons de solides atouts pour continuer à tracer notre chemin et accompagner la relance de l'économie quand la crise aura été surmontée. Notre modèle économique basé sur le temps long est particulièrement bien adapté aux grands enjeux actuels : transition écologique, efficacité énergétique, nouveaux besoins en matière de mobilité et de communication », assure un Xavier Huillard décidé à respecter la feuille de route présentée il y a un an.

« La crise sanitaire conforte notre groupe dans sa détermination à accélérer sa transformation environnementale. De nouvelles ambitions ont été définies et communiquées en début d'année 2020. Déclinées dans les différents pôles de métiers à travers des plans d’actions spécifiques, elles visent à lutter contre le changement climatique, avec un premier objectif de réduction de 40 % des émissions de CO2 d’ici 2030, mais aussi à promouvoir l’économie circulaire et protéger les milieux naturels. »

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