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Nature urbaine autour de Lyon : métamorphose à Vénissieux [1/4]

Nature urbaine autour de Lyon : métamorphose à Vénissieux [1/4]

Laurent miguet |  le 02/09/2018  |  ArchitectureUrbanismejardinsNature en ville

Le chantier du Grand Parilly, à Vénissieux (Sud de Lyon), a offert le grand spectacle d’une métamorphose urbaine, lors de la tournée rhodanienne du jury national des villes et villages fleuris. Pour son feuilleton numérique de rentrée, Paysage Actualités a suivi le périple en quatre étapes, du 28 au 30 août. Jusqu’à la séance plénière du jury qui statuera fin octobre sur le maintien de leur label Quatre fleurs, les quatre communes visitées retiennent leur souffle.

Les pelles mécaniques s’ébattent à l’entrée du mail qui servira de colonne vertébrale au nouveau quartier. Sous le soleil de plomb de ce 28 août, la chargée de projets de la ville de Vénissieux déploie l’affiche de l’infrastructure telle qu’elle se présentera dans un an : l’artère drainera les automobilistes, les piétons et les cyclistes, mais aussi  les eaux pluviales, filtrées par une noue jardinée. Derrière les engins, se détache l’ossature en béton du magasin Ikéa. « L’enseigne a dérogé à sa charte architecturale mondiale, pour répondre aux exigences de notre projet urbain », souligne la maire Michèle Picard.

Commerce urbain

Autre grande surface spécialisée annoncée pour une implantation opérationnelle en septembre 2019, Leroy Merlin porte l’ensemble de l’opération, via sa filiale Leroy Merlin Aménagement : un investissement de 24 millions d’euros pour une emprise de 20 hectares. Déterminés à sortir des sentiers  battus de l’urbanisme commercial, le Grand Lyon et la ville de Vénissieux ont exigé une répartition des 18 000 m² à construire en trois tiers : logements, commerces et activités tertiaires. « Nous voulions un quartier, et pas des boîtes à chaussure », résume Michèle Picard.
Plus connu par les habitants sous le nom de Puisoz, le Grand Parilly se démarquera aussi par la générosité des 6 hectares d’espaces publics, que la commune et la métropole récupéreront après une période de rodage de trois ans, sous la responsabilité de l’aménageur. Outre le mail arboré qui séparera les commerces des logements et des services, une place centrale illustrera cette volonté. Composante paysagère de la maîtrise d’œuvre exercée par l’urbaniste Thierry Roche, l’agence de paysage In Situ planifie la plantation de 2200 baliveaux en cépée.

Maîtrise interne

Le spectacle du chantier du Grand Parilly complète la découverte d’une ville bien éloignée des clichés imprimés dans les esprits au fil des épisodes troublés du quartier des Minguettes : même dans cette cité où se concentre près d’un tiers des 63 000 habitants de Vénissieux, aucun tag ne vient démentir l’image d’un espace public soigné et sous contrôle. Outre une surveillance permanente, la ville obtient ce résultat par ses  forces internes : « Sur un total de 84 aires où se répartissent 400 jeux, nous en remplaçons deux à trois par an, à raison de 30 000 euros par site », témoigne Philippe Laurent, directeur des espaces verts.


Parmi les 85 agents de son service qui disposent d’un budget annuel de fonctionnement de 550 000 euros, les menuisiers et peintres rabotent et remettent régulièrement à neuf les bancs les plus anciens. La solidité et l’élégance des clôtures, autour des squares, témoignent du savoir-faire des serruriers. Réimplantées en 2011 au sud des Minguettes, les serres communales fournissent les fleurs, vivaces et arbustes qui ont permis à la ville de décrocher en 2015 la quatrième fleur, graal des villes et villages fleuris.

Génie souriant

A la détermination constante dans l’entretien de l’espace public, s’ajoute un supplément d’âme écologique : depuis 2010, la ville suit ses performances environnementales dans un rapport annuel assorti de 200 indicateurs. Le souci du détail, quartier par quartier, renvoie à l’étape que la maire met en perspective : « Le précédent mandat nous a permis de remonter la pente de l’attractivité par la  requalification des espaces bâtis. Nous pouvons désormais nous concentrer sur les vides urbains, auxquels nous souhaitons donner une touche culturelle et paysagère », développe Michèle Picard. La municipalité s’emploie à liaisonner ses quatre poumons verts, du parc de Parilly, au nord, jusqu’aux Grandes terres, au sud, en passant par les parcs Louis Dupic et des Minguettes.

Ce travail de liaisonnement se conjugue avec de multiples interventions destinées à cultiver l’identité de chacun des 13 quartiers, à commencer par celui de la mairie : depuis cette année, l’étiquetage de 190 arbres du parc Louis Dupic témoigne d’une volonté pédagogique associée à cette politique. Une souche de marronnier, transformée en génie souriant par le sculpteur à la tronçonneuse Patrice Lesage, apporte une touche joyeuse, renforcée cet été, dans ce même parc central, par les brumisateurs que plébiscitent les enfants et les jeunes parents, à côté de l’aire de jeux.

Pépite patrimoniale


Même là où la place manque pour une végétalisation en pleine terre, les quartiers s’enrichissent d’une nouvelle touche végétale, par le biais des suspensions. La créativité des équipes de Philippe Laurent se déploie jusqu’aux abords de l’usine Carbone Savoie, avec des feuilles métalliques plantées au sol et qui dessinent une ligne sinueuse sur les paillages ocre et blanc d’un terre-plein central.

D’autres aménagements récents mettent en valeur les pépites patrimoniales de la ville, comme le square de la place Jeanne d’Arc, devant l’église construite par les ouvriers de Berliet entre les deux guerres. Après la signature de la prochaine convention de rénovation urbaine, le quartier des Minguettes devrait profiter, lui aussi, du travail de dentelle paysagère en cours : « Pour mieux marquer les entrées trop peu visibles du parc, nous réfléchissons à des interventions artistiques », annonce Michèle Picard.

Espoir aux grandes terres

Au sud des Minguettes et des serres municipales, les 300 hectares des Grandes terres témoignent d’une réussite remarquable : « En 20 ans, le nombre d’espèces de nicheurs recensées est passé de 3 à 43 », se réjouit Jean-Pierre Millet, second adjoint à la maire. L’élu rend hommage aux agriculteurs qui ont joué le jeu du dialogue avec la ville, les associations de randonneurs, les chasseurs et les protecteurs de l’environnement.

De nouvelles pratiques agricoles, la plantation de haies et l’entretien de bandes enherbées ont favorisé le retour des alouettes et des chouettes. Bientôt, la voie cyclable qui reliera les Grandes terres au parc métropolitain du Grand Parilly permettra à un nombre croissant de citadins de redécouvrir leur voisinage agricole : Vénissieux franchira un pas de plus vers l’indispensable refondation des liens entre ville et campagne.

Commentaires

Nature urbaine autour de Lyon : métamorphose à Vénissieux [1/4]

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pam

03/09/2018 16h:51

juste un détail, le prénom de l'adjoint Millet est "Pierre-Alain"... et merci pour cette belle description de notre ville...

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