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Narbonne (Aude) Une crèche « zéro énergie fossile »

JEAN LELONG |  le 30/08/2007  |  EnergieTechniqueEfficacité énergétique

En tirant parti des apports solaires, de l’inertie du sous-sol et de la géothermie, la crèche conçue par Françoise Ferrié devrait fonctionner en autarcie énergétique. Une option notamment rendue possible par l’adaptation fine du bâtiment à son contexte géographique et climatique.

Le fonctionnement du centre multi-accueil pour la petite enfance de La Coupe, à Narbonne (Aude), devrait rapporter chaque année quelques milliers d’euros à la municipalité. Un bénéfice lié à l’écart entre le prix de rachat par EDF d’un kilowattheure d’origine photovoltaïque (0,55 euro) et le coût de ce même kWh pour l’abonné. Ce bâtiment de 620 m2, qui ouvrira en septembre, a été conçu sur la base d’un objectif simple : zéro énergie fossile ! Il utilisera le rayonnement solaire et l’inertie du sous-sol pour satisfaire ses besoins en éclairage et en régulation thermique.

L’édifice a été construit de plain-pied autour d’un atrium, « à l’image des maisons romaines », revendique son auteur, l’architecte Françoise Ferrié. Plusieurs volumes s’articulent à cet espace central selon un plan très découpé. Tournant le dos au vent dominant, la crèche s’ouvre au sud-est sur un patio donnant accès à l’atrium.

Une vaste pergola coiffera bientôt la toiture-terrasse sur les deux tiers de sa surface, affirmant l’identité visuelle du bâtiment tout en faisant écran au rayonnement solaire. Le premier souci des concepteurs a été, en effet, de protéger le bâtiment des aléas climatiques, et en particulier des surchauffes estivales. « Nous avons d’abord travaillé sur l’enveloppe en maximisant l’isolation et l’inertie pour éviter les déperditions et limiter les besoins énergétiques du bâtiment », explique Françoise Ferrié. Les parois verticales sont réalisées en briques Monomur de 37,5 cm d’épaisseur, sur-isolées par l’extérieur avec 15 cm de laine de roche puis recouvertes d’un bardage en pin Douglas.

Purge thermique nocturne. Les grandes baies vitrées percées dans la façade sud sont protégées du rayonnement solaire par une avancée de la surtoiture, des brise-soleil extérieurs et des vitrages à faible émissivité. Le plancher, construit sur un vide sanitaire de 1,20 m, est constitué d’un système de poutrelles avec hourdis en polystyrène, surmonté d’un plancher chauffant isolé. La toiture-terrasse est protégée par une isolation de 22 cm de polystyrène. La pergola qui la surmontera associera 270 m2 de capteurs photovoltaïques en partie centrale et, en périphérie, des lames de bois de 25 cm de hauteur, dont l’espacement a été calculé selon la course du soleil simulée sur un an.

Cette surtoiture se prolonge au sud et à l’ouest par de larges débords destinés à protéger les façades et à créer des espaces extérieurs ombragés. La surface non couverte par la pergola sera partiellement végétalisée (100 m2). La partie restante de la toiture supporte 20 m2 de capteurs solaires thermiques destinés à la production d’eau chaude sanitaire.

La production de l’ombrière photovoltaïque, estimée à 34 000 kWh par an, devrait compenser la consommation électrique du bâtiment. Mais l’essentiel de la ressource énergétique sera puisé dans le sous-sol. Six sondes géothermiques, plongeant à 100 m sous terre, fourniront les calories nécessaires au chauffage, via une pompe à chaleur et un système de plancher rayonnant. Un puits provençal complète le dispositif. Chaque salle d’activité est en outre équipée d’une imposte à ouverture programmable qui permettra, la nuit venue, de purger le bâtiment de sa charge thermique. « La crèche fonctionnera comme un bâtiment méditerranéen traditionnel que l’on ferme dans la journée en été et que l’on ouvre la nuit pour en évacuer la chaleur, explique Françoise Ferrié. Nous y avons simplement ajouté des procédés et des techniques qui amélioreront son confort. »

Sur le coût de l’ouvrage (1,3 million d’euros), 300 000 euros sont imputables aux options énergétiques retenues. Un « surcoût » partiellement compensé par les aides à l’installation de capteurs photovoltaïques attribuées par la région Languedoc-Roussillon et l’agglomération de la Narbonnaise (185 000 euros). « Le temps de retour sur investissement ne devrait pas excéder dix à quinze ans », estime Michel Laurens, responsable du service des bâtiments à la mairie de Narbonne.

Maîtrise d’ouvrage : ville de Narbonne.

Assistance à maîtrise d’ouvrage : Institut Eifer.

Maîtrise d’œuvre : Françoise Ferrié, architecte. Alto, BET thermique. Cesil, BET structure. 2CMO, coordination SPS.

Bureau de contrôle : Socotec.

Principales entreprises : Yilbat (gros œuvre), Charpente Le Toit (pergola bois, bardage bois), SE 2000 (étanchéité), Renouveau Stefanutti (cloisons, plâtrerie), Martin Duedra (menuiseries), Caro d’Oc (carrelages, faïences), Luques (peintures), Ponsol (chauffage, ventilation), Lanz Elec (courants forts et faibles).

Surface : 620 m2 HON.

Coût : 1,3 million euros HT.

PHOTO - Archi414 bioclim3.eps
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PHOTO - Archi414 bioclim8.eps
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CARTE - Archi414 bioclim1.eps
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CARTE - Archi414 bioclim9.eps
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