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Nantes Le port de Nantes/Saint-Nazaire à la croisée des chemins

bertrand escolin |  le 23/03/2001  |  TransportsCollectivités localesBouches-du-RhôneCharente-MaritimeCher

Des investissements publics et privés à la hausse

Le port de Nantes/Saint-Nazaire se trouve à la croisée des chemins. Son développement très honorable (32 millions de tonnes en 2000, soit une progression de 10,8 %, la deuxième en France) doit-il s'ouvrir plus largement aux investissements privés ? Quitte à froisser les syndicats du personnel portuaire, attachés au statut particulier des ports autonomes.

Plusieurs projets accompagnent déjà le programme de croissance portuaire : la navette fluviale prévue entre Cheviré et Saint-Nazaire pour les tronçons d'Airbus A380 entre les deux sites estuariens d'EADS, la construction en projet d'une ligne de déchargement des Ciments de l'Atlantique (pour 25 millions de francs).

50,3 millions d'euros investis

L'ensemble des investissements des logisticiens et industriels sur les sites portuaires représente 18 millions d'euros, à rapprocher des 30,5 millions d'euros annuels investis par le Port. Parmi les principaux investisseurs privés : Silo portuaire de Saint-Nazaire (nouveau bâtiment de 5 300 m2), Sea-Invest France (un entrepôt de 6 000 m2 prévu sur Cheviré aval), Sodistock (installation d'ensachage à Roche-Maurice), Descours & Cabaud (plate-forme de logistique à Cheviré centrale, pour 40 millions de francs d'investissements), SINBPLA (extension de stockage bois sur 2 400 m2 à Cheviré), ainsi que de nouveaux clients : Cléobis (consignataire), qui a ouvert un bureau au centre roulier de Montoir, Océan transit Shipping (logistique), qui s'est installé à l'entrée du terminal à marchandises diverses de Montoir, et Ziegler, qui vient d'ouvrir une agence maritime toujours à Montoir.

De son côté, le port poursuit son programme d'investissements publics : 170 millions de francs en 2000, 210 millions de francs prévus en 2001, 240 millions de francs en 2002.

Sont prévus notamment les travaux de construction du quatrième poste du terminal à marchandises diverses et à conteneurs (TMDC4) démarrés en octobre 2000 et qui s'achèveront au premier trimestre 2002, avec la construction d'un quai de 250 m en continuité aval des quais existants. Une modification des accès ferroviaires est également engagée avec RFF et SNCF.

Regroupement des ports du nord-ouest Atlantique

Au-delà de sa 23e position européenne, 3e position française (après Le Havre et Marseille), le port de Nantes est acculé à une logique de marché mondial : « S'il ne progresse pas au rythme de 10 % l'an, le port va régresser. Il faut atteindre une taille suffisante pour être attractif auprès des armateurs, explique Michel Quimbert, président du port de Nantes/Saint-Nazaire. Les seuls investissements publics et privés, le fort développement des Chantiers de l'Atlantique, l'essor du nouvel A380 sur les deux sites estuariens n'y changeront rien, il faut nous regrouper. »

D'où l'idée de rassembler les capacités des différents ports de l'ouest Atlantique : signée le 23 novembre dernier par le ministre des Transports, la convention d'alliance entre quatre ports du nord-ouest Atlantique (PNOA), à savoir Brest, Lorient, La Rochelle, Nantes/Saint-Nazaire, pourrait rapidement s'étendre au port de Bordeaux.

Première initiative de l'association, que préside également Michel Quimbert, la démarche conjointe des ports nord-ouest Atlantique avec la région Centre et la SNCF de créer un « port sec » à Vierzon (voir « Le Moniteur » no 5071 du 2 février 2001, p. 37). Un projet qui suscite l'ire du maire de Saint-Nazaire, qui y voit un risque de transformation du port de Nantes/Saint-Nazaire en simple port de vrac. « Sottise, tonne le président du port, l'hinterland de notre port doit s'ouvrir pour récupérer du trafic céréalier notamment de la région Centre, qui passe actuellement par les ports du nord de l'Europe. »

Une liaison fret de qualité entre le littoral et la région Centre

Dernier problème à régler et non des moindres : avoir une liaison fret de qualité entre le littoral et la région Centre. La convention d'étude, qui vient d'être signée en janvier avec la SNCF, la région Centre et le port de Nantes/Saint-Nazaire, devrait améliorer ce tronçon vital de l'axe ferré Nantes-Lyon, pour lequel la région Centre a déjà largement investi (électrification de Vierzon-Tours).

Mais, viendra-t-elle à temps dans un marché mondial où seule compte l'attractivité de l'offre portuaire et où la façade nord Atlantique émerge à peine face à l'omniprésence des ports nord-européens ?

PHOTOS : Le port de Nantes (terminaux de Cheviré, à gauche, et de Montoir, ci-dessus) est contraint de progresser au rythme de 10 % l'an s'il veut conserver sa place de 3e port français et 23e port européen.

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