Logement

« N’attendons pas pour nous mobiliser », conseille Pierre-René Lemas, directeur général de la CDC, aux acteurs du logement

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social - Réforme de l'Etat

« Nous n’avons rien à gagner à attendre en permanence la législation du coup d’après », estime Pierre-René Lemas, directeur général de la Caisse des dépôts, à l’attention des professionnels du logement réunis lors du colloque organisé par AEF Habitat et Urbanisme, jeudi 12 juin 2014, sur le thème « Comment financer et orienter les politiques publiques en période de rigueur budgétaire : le cas du logement ». Il appelle donc les acteurs à « se mobiliser » pour répondre à la crise du logement. Pierre-René Lemas appelle par ailleurs à préserver le « modèle français » dans le secteur du logement, de l’urbanisme et de la construction qui « s’appuie sur un travail complémentaire » des acteurs privés et des organismes HLM.

« Je suis heureux d’être à nouveau à la tâche dans le secteur du logement », déclare Pierre-René Lemas, jeudi 12 juin 2014, en clôture du colloque organisé par AEF Habitat et Urbanisme sur le thème « Comment financer et orienter les politiques publiques en période de rigueur budgétaire : le cas du logement » (1). Il s’agit de la première intervention publique du nouveau directeur général de la Caisse des dépôts, nommé le 21 mai dernier, et qui a notamment par le passé dirigé l’OPH Paris Habitat de 2008 à 2011. « La dimension logement de la Caisse des dépôts est une dimension majeure », souligne-t-il.

Pour Pierre-René Lemas, « il n’y a pas eu une année sans crise du logement, mais la crise que l’on connaît aujourd’hui n’est pas de la même nature que celle que nous connaissions à la fin des années 2000 ». Pour y répondre, il fait part de plusieurs idées auxquelles il est attaché. « La première, c’est que nous n’avons rien à gagner à attendre en permanence la législation du coup d’après, à attendre le texte réglementaire qui va ouvrir une brèche, qui correspond aujourd’hui à une porte close. Je pense que l’ensemble des professionnels doit avancer dans l’état actuel du droit, de l’économie, du contexte financier national et européen. Personne n’a le temps d’attendre la réforme qui va venir. » « Il faut avancer », insiste-t-il, « tout en se gardant de systématiser » sous l’effet d’une vision trop large des sujets comme c’est le « péché mignon de l’État ». Sous peine, prévient Pierre-René Lemas, de perdre de vue « l’objectif initial » et d’avancer « moins vite ».

 

« La Caisse des Dépôts doit être à vos côtés »


Et d’assurer les acteurs du logement du soutien de la Caisse des dépôts. « Nous avons battu des records de prêts, et les records sont faits pour être battus, on doit donc continuer », ajoute Pierre-René Lemas. Pour rappel, l’année 2013 a représenté « un record historique » de mobilisation du fonds d’épargne pour le secteur du logement social et de la politique de la ville, avec 16,4 milliards d’euros de prêts signés sur l’année, en croissance de 10 % par rapport à 2012. En la matière, il met l’accent sur la nécessité pour les fonds d’épargne de se mobiliser au service de la politique du logement, de la politique de la ville, « mais aussi des politiques d’infrastructures et des grands projets des collectivités locales », afin « d’éviter toute discontinuité » entre les univers du logement et de l’urbanisme. « C’est une orientation que nous allons porter avec Odile Renaud-Basso [directrice générale adjointe de la Caisse des dépôts et directrice des fonds d’épargne], et qui me semble importante pour l’avenir. »

Par ailleurs, Pierre-René Lemas fait part de « sa conviction » qu’il existe « un modèle français » en termes de logement, d’urbanisme et de construction qui « s’appuie sur un travail complémentaire des différents acteurs du secteur privé de la construction et de la promotion, et sur le rôle des organismes HLM, qui ne doivent pas être un outil destiné au logement en relégation des plus pauvres ». En ce sens, « évitons de nous désarmer collectivement vis-à-vis de Bruxelles, qui n’attend qu’une application très stricte des directives européennes pour dire qu’en dehors de quelques organismes qui logeront des très très pauvres, le reste revient au marché ». Sur ce point, l’USH s’est récemment inquiétée de la « définition résiduelle » donnée au logement social par la commission européenne.

« C’est de la mobilisation que peut naître la confiance à condition que l’ensemble du secteur du logement, de la construction et de l’urbanisme soit dynamique », conclut-il.

 

1) L’intervention de Pierre-René Lemas concluait les deux tables-rondes de la matinée sur le financement de la politique du logement, et sur les priorités pour répondre aux besoins sur les territoires.

Source AEF Habitat et Urbanisme www.aef.info

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