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Municipales : ce que le BTP peut espérer (ou craindre) des nouveaux élus... en Rhône-Alpes/Auvergne et Méditerranée
Eric Piolle, futur maire de Grenoble - © © www.unevillepourtous.fr

Municipales : ce que le BTP peut espérer (ou craindre) des nouveaux élus... en Rhône-Alpes/Auvergne et Méditerranée

Les bureaux régionaux du Moniteur (avec les correspondants) |  le 31/03/2014  |  EtatEntreprisesLogement socialImmobilierLogement

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Si la plupart des nouveaux maires seront désignés dans les prochains jours par les conseils municipaux issus des urnes,  les majorités municipales sont désormais connues. Le mandat qui va s’ouvrir verra-t-il émerger des maires bâtisseurs ou sera-t-il synonyme de projets bloqués ? Quelles répercussions du scrutin sur les intercommunalités dont les pouvoirs seront renforcés ? Début de réponse avec le tour de France réalisé par les équipes régionales du Moniteur.

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Rhône-Alpes/Auvergne

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Rhône-Alpes/Auvergne : Grenoble passe au vert, le Grand Lyon convoité

Sans surprise Gérard Collomb a remporté la mairie de Lyon. A l’issue du conseil municipal de vendredi prochain, Gérard Collomb entamera son 3e mandat de maire. Reste à savoir comment se traduiront les contreparties données aux écologistes, alliés du 2e  tour.

Avec le basculement à droite de neuf communes du département (Rilleux-la-Pape, Saint-Priest, Décines…), la présidence du Grand Lyon sera en revanche plus difficile à remporter. Le maire de Lyon n’aura d’autres choix que de rassembler au-delà de sa famille politique pour espérer l’emporter. Les maires des petites communes et les centristes seront autant d’arbitres à la construction de la future métropole.

Grosse surprise de ces élections municipales, la ville de Grenoble échappe à l’équipe sortante. C’est l’écologiste Eric Piolle, ingénieur de 41 ans, qui devrait être élu maire à l’issue du conseil municipal vendredi 4 avril. Un changement de cap pour Grenoble, que le BTP local redoutait à la veille de l’élection.

« L’élection de la liste écologiste serait catastrophique pour le BTP car il y aura un coup d’arrêt à tous les grands projets lancés », soulignait Pierre Streiff, président de BTP Isère. Dans un communiqué commun, les forces économiques locales avaient invité « toutes les parties prenantes à s’engager dans des projets porteurs d’avenir, de croissance et d’espoir pour notre territoire et aux électeurs d’analyser en détail les programmes des candidats pour faire le bon choix ». Les grands projets urbains tels que ceux de la Presqu’île, l’Esplanade et Flaubert devraient être remis à plat. La mise en place d’un outil public de construction de logements destinés à la location (social et loyer intermédiaire) est au programme de la nouvelle équipe tout comme un vaste plan de rénovation thermique et phonique du bâti construit entre 1945 et 1975. L’une des premières actions fortes de cette nouvelle équipe devrait être la révision du PLU pour « protéger la ville de la spéculation immobilière, limiter les droits à construire pour réduire les marges des promoteurs (…) et fixer un objectif de 25% de logements sociaux d’ici 2025 ».

Deux villes moyennes du département basculent à droite. A Valence, Nicolas Daragon, 42 ans, succède à Alain Maurice. Gérant de sociétés d’études de marché et de sondages et d’une agence immobilière, le nouveau maire de Valence est conseiller général depuis 2004.Il s’est engagé à stopper le projet d’enfouissement de l’autoroute A 7 dont le coût (1 milliard) est jugé trop élevé,  « sauf si le concessionnaire paie les travaux à 100 % ».

Parmi ses projets phares figurent la construction d’une grande salle de spectacle et de congrès doté d’un hall d’exposition dans le secteur de la Motte. A l’emplacement de l’actuel parc des expositions, seront aménagés un écoquartier et un jardin public. Un centre aqua-ludique sera construit et une étude sera lancée pour la rénovation ou la reconstruction de la piscine Tournesol. Un gymnase pourvu de salles pour le judo et l’escrime sera construit sur l’espace Louis Pech (Valence Sud) ainsi qu’un boulodrome. D’un coût prévisionnel de 12 millions, le projet de déménagement de l’école des beaux-arts de Fontbarlettes à Latour-Maubourg sera suspendu.  Côté logement, la construction de grands immeubles et la bétonisation de certains quartiers prévus dans le plan local d’urbanisme seront stoppées. La nouvelle équipe entend privilégier les espaces pavillonnaires à la construction d’immeubles « tous azimuts » et favoriser l’accession à la propriété pour les logements sociaux. Un « plan ORSEC » sera lancé « de toute urgence » pour lutter contre l’habitat insalubre et indigne. Priorité sera donnée à la réhabilitation des immeubles dégradés du centre-ville.

A Saint-Etienne, c’est Gaël Perdriau, 41 ans, cadre chez GdF Suez, qui succède à Maurice Vincent. Il veut reprendre à zéro le projet d’aménagement des Ursules et y inclure l’ancienne école des Beaux-Arts, la Bourse du travail. Les sites prioritaires à aménager sont les Ursules, la Charité, l’ilot Poste-Weiss à Châteaucreux, Monthieu, Pont de l’Ane, Carnot, les entrées de ville. Il veut accélérer la rénovation urbaine engagée par l’ANRU et l’EPASE « en exigeant le respects des engagements de l’Etat ».

Parmi ses projets phares, il est prévu la a création d’un écoquartier à Séverine, la rénovation de la Bourse du travail, l’extension du musée d’art moderne ainsi que la construction d’une patinoire d’agglomération. Au niveau du logement, La construction d’un « habitat de qualité et de petite taille », de maisons de ville par exemple sera favorisée. En complément des actions de l’ANRU et de l’EPASE seront conduites des opérations foncières et immobilières d’intérêt communal. Les ilots vétustes inoccupés seront démolis et à leur emplacement seront aménagés des aires de jeux, espaces verts ou de stationnement.

Concernant les transports, une nouvelle ligne de tramway reliant Châteaucreux à la Terrasse, via le quartier du Soleil et le Technopôle, sera aménagée : elle desservira les grands équipements culturels (Zénith, future Comédie de Saint-Etienne), le Parc des expositions et le stade Geoffroy-Guichard.

Clermont-Ferrand est restée à gauche… mais à quel prix ? En s’associant au second tour avec Alain Laffont, ténor de la gauche anticapitaliste et du Front de Gauche, Olivier Bianchi (PS) devra sans doute faire quelques compromis dans son programme. Si l’un et l’autre sont d’accord pour construire une grande bibliothèque communautaire et un lieu identitaire pour la future Scène nationale, qu’en sera-t-il de l’agrandissement du (demi) stade Gabriel-Montpied ? Le sujet était au cœur des débats durant la campagne de premier tour. Olivier Bianchi est pour, Alain Laffont est contre, préférant à ce projet « pharaonique » (estimé à plus de 60 millions d’euros) la construction de bâtiments plus modeste (crèches, maison de quartiers…).  « Il n’y a pas de remise en cause projet par projet » insiste Olivier Bianchi. « Nous sommes pour que les choses avancent » enchérit Alain Laffont. Dans les faits, la gestion de la ville sera sans doute plus compliquée. Autre enseignement de ce scrutin : même si Clermont Communauté devrait rester à gauche, 14 des 21 communes de l'agglomération sont désormais dans l'opposition.

Emmanuelle N’Haux, à Lyon

Méditerranée : incertitudes sur plusieurs projets de transport

A Marseille, Jean-Claude Gaudin (UMP) s’apprête à conduire un quatrième mandat consécutif, à Toulon, il aura suffi d’un seul tour à Hubert Falco (UMP) pour être reconduit à la tête de la Ville pour son troisième mandat (il a déjà été réélu maire le 28 mars), à Nice, Christian Estrosi (UMP) s’impose largement devant ses concurrents pour entamer son deuxième mandat…Pour le BTP en PACA, ces municipales signifient avant tout continuité dans la gouvernance des projets et des politiques urbaines. A Marseille, la future équipe municipale prévoit ainsi de poursuivre le renforcement de l’attractivité de la ville pour doper sa fréquentation touristique, de continuer à nourrir son développement économique, d’activer plusieurs dossiers de transport au sein de la communauté urbaine MPM qui va tomber dans l’escarcelle de la majorité municipale. A Nice, l’horizon étant complètement dégagé pour la ligne 2 du tramway, Christian Estrosi devrait donner sans tarder le coup d’envoi de ce projet très attendu dans la ville même si le tunnel a fait débat pendant les élections.

L’inconnu en revanche est de mise à Avignon où Cécile Helle (PS) qui a remporté la mairie et qui a fait de l’annulation du projet du tramway son cheval de bataille. Mais elle a dû s’allier entre les deux tours avec le Front de Gauche… favorable au tramway et il faudra encore attendre l’élection à la présidence de la Coga (dont il n’est pas sûr du tout qu’elle revienne à la gauche), maître d’ouvrage, pour en savoir plus sur le futur de ce dossier.  

Sur l’aire métropolitaine marseillaise, des nuages pèsent également sur la place rapide de la Métropole Aix Marseille Provence. Promulguée aux forceps par le gouvernement socialiste, ses principaux opposants ont été réélus comme Maryse Joissains à Aix et celle-ci s’est présentée pendant la campagne comme « le seul candidat contre la métropole ». Elle a promis, si elle était élue, « d’obliger le gouvernement à la négociation » ou «  à défaut d’organiser avec les autres maires un référendum d’initiative populaire ». Du côté de l’Union des maires des Bouches du Rhône, très opposée également au projet, on annonce que « la destinée de la Métropole est loin d’être définitive».

En Corse, la gauche aussi a été balayée. A Bastia, c’est une coalition emmenée par le nationaliste Gilles Simeoni, aux côtés du divers gauche François Tatti et de l’UMP/UDI Jean Louis Milani qui fait tomber « la citadelle » détenue par la famille Zuccarelli depuis plus d’un demi-siècle. Les projets de ce rassemblement du second tour : mener à bien la réflexion sur la faisabilité du port de la Carbonite, aménager le Vieux Port, réaliser le projet du palais des congrès, mettre en place un « plan Marshall » de réhabilitation du parc HLM. A Ajaccio, c’est le candidat soutenu par l’UMP, Laurent Marcangeli qui a raflé la municipalité au sortant DVG, Simon Renucci. Ses projets : le fond de baie, la reconquête de la citadelle, la libération du foncier de l’ancien de l’hôpital de la Miséricorde pour la création d’un éco quartier. Enfin c’est dans le Var que le Front National réussit une passe de trois avec Fréjus, Cogolin et Le Luc, s’ajoutant à Marseille 7ème secteur, Le Pontet et Orange.

A Montpellier, la mairie semblait promise à la liste PS/EELV conduite par Jean-Pierre Moure, président de l’agglomération de Montpellier mais c’est finalement le dissident socialiste Philippe Saurel, 56 ans, adjoint à la culture du maire sortant Hélène Mandroux, qui s’impose dans la capitale régionale et emporte ainsi le duel des héritiers de Georges Frêche. Son élection pourrait avoir pour effet le report du chantier de la 5e ligne de tramway. Le nouveau maire avait annoncé au cours de sa campagne son intention d’étaler la réalisation des grands équipements et son souhait de « réparer Montpellier ». Il devrait laisser la présidence de l’agglomération à son colistier, Max Lévita.

L’autre vainqueur inattendu des municipales en Languedoc-Roussillon, le journaliste Robert Ménard à Béziers élu avec le soutien le Front national, veut donner la priorité à la rénovation du centre-ville. Il remet en cause le projet d’aménagement des allées Paul-Riquet, porté par l’ancien maire Raymond Couderc, mais confirme le projet de mise en valeur des écluses de Fonséranes.

Dans le Gard, les deux principales villes, Nîmes et Alès, associées dans un pôle métropolitain, conservent leurs maires respectifs. Jean-Paul Fournier, réélu à Nîmes pour un troisième mandat, a inscrit parmi ses priorités la construction du musée de la Romanité, face aux arènes. A son programme figurent également l’achèvement de la première ligne de bus-tram et le lancement d’une ligne de tramway est-ouest entre le CHU de Carémeau et le quartier de Pont de Justice. Le maire d’Alès, Max Roustan prévoit la réalisation d’un nouveau contournement routier est entre Saint-Christol-lès-Alès et Salindres. Il engagera cette année l’extension du pôle mécanique d’Alès et envisage, à plus long terme, la création d’un nouveau pôle urbain au sud de l’agglomération autour d’une nouvelle halte ferroviaire.

Continuité aussi à Perpignan, où Jean-Marc Pujol veut réviser le plan local d’urbanisme pour mettre en œuvre un projet conçu autour d’une trame verte urbaine. Son programme prévoit aussi l’accélération du programme de rénovation du quartier Saint-Mathieu, en centre-ville, et la création de l’éco-quartier du Pou de les Coulobres, au sud de la ville.

Les cartes sont rebattues dans l’Aude, où les deux grandes villes changent de main. A Narbonne, Didier Mouly (DVD), fils de l’ancien maire Hubert Mouly, a inscrit à son programme la réalisation d’une salle multimodale de 5.000 places au sein du Parc des sports et de l’amitié. A Carcassonne, Gérard Larrat (DVD), qui retrouve son siège après cinq ans de gestion socialiste, met l’accent sur les deux pôles économiques de la ville, le centre-ville, avec le projet « Bastide 2020 », et la Cité, avec le projet « Cité 2020 ». Il annonce également la création d’un « mini-zénith » de 3.000 places dans l’actuelle salle du Dôme et la construction d’un complexe aquatique et sportif. A Mende, le socialiste Gérard Bertrand, réélu, vient de mettre en chantier un Espace événements de 3.600 m2 sur la place du Foirail. Il annonce la création de deux nouveaux secteurs constructibles, Lou Chaousse (35 ha) et le Roussel (27 ha), ainsi qu’un premier chantier de lutte contre les inondations.

Rémy Mario, à Marseille  

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