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Municipales Aménagement urbain : les candidats de l'ouest s'affrontent

bertrand escolin |  le 02/03/2001  |  Collectivités locales

Le devenir des agglomérations en question

Si la majorité des candidats aux élections municipales dans les grandes villes de l'ouest ont un profil « consensuel », depuis la disparition d'Olivier Guichard de la scène politique, aucun « ténor national » ne s'est vraiment affirmé dans le Grand Ouest.

Pourtant, les anciens ministres sont légion : François Fillon à la tête de la région des Pays de la Loire qui ne se représente pas à Sablé-sur-Sarthe, François d'Aubert qui se représente à Laval, Jean Arthuis qui préside aux destinées de la Mayenne, Edmond Hervé qui postule son 5e mandat à Rennes et Louis Mexandeau qui se présente à Caen. Pourtant, de nouveaux élus ont su s'affirmer, comme Yvon Robert, maire PS de Rouen (après vingt-cinq ans de mandat de Jean Lecanuet), Jean-Claude Antonini (PS) à Angers (dauphin de Jean Monnier, maire depuis 1977) et Jean Germain (PS) qui a su s'affirmer à Tours après un règne de trente-six ans de Jean Royer.

Alors que plusieurs villes semblent en panne de campagne à forts enjeux urbains (Caen, Brest ou Orléans), cinq grandes villes semblent se diviser sur des grands projets et sur la vision d'urbanisme des candidats.

Le Mans

Le Mans où Jean - Claude Boulard, président (PS) de la communauté urbaine se présente face à Jean - Marie Geveaux, député (RPR). Si les deux sont d'accord sur le futur tramway, c'est sur le tracé et le mode choisi que se divisent les candidats : « forcément sur pneu » pour J.-M. Geveaux, alors que J.-C. Boulard ne ferme pas la porte à l'option sur rail « en fonction des conditions économiques du moment », sachant qu'il vise plutôt « l'efficacité » et que l'expérience de Nancy (sur pneu) ne semble pas concluante comme outil d'urbanisme. Autre point : l'espace des Jacobins, que Jean-Marie Geveaux verrait bien redessiner pour y installer un théâtre, alors que J.-C. Boulard semble avoir été échaudé par l'échec du multiplexe de cinéma, sans enterrer pour autant le projet de centre-ville.

Le Havre

Au Havre, le maire sortant (ancien ministre également), Antoine Rufenacht (RPR), joue la carte du bilan : réalisation et succès de l'Espace Coty, des Docks Café, de Dock Océane, projets lancés des Nouvelles Gares, de l'Ecole nationale de musique et de danse, etc. Son opposant, Daniel Paul, ne conteste pas ces équipements, même s'il en revendique parfois la paternité. Même similitude dans les plans de campagne (casino, piscine olympique et patinoire) et le soutien aux grands projets portuaires et industriels. Le député communiste reproche essentiellement au maire sortant son « absence de concertation au niveau social », pour ce qui est du GPV notamment, et d'avoir livré le rare foncier du centre-ville aux promoteurs privés, au détriment des équipements publics.

Rennes

A Rennes, le maire sortant (PS) Edmond Hervé et l'UDF Loïck Le Brun s'opposent clairement sur une vision d'urbanisme. Au « bourrage urbain » et aux « incohérences de la politique de transport et de circulation », que dénonce le candidat de la droite rennaise, Pierrick Massiot, directeur de campagne d'E. Hervé, répond que l'urbanisme est une priorité : « il faudra construire 10 000 à 12 000 logements d'ici à 2010 », dans la continuité des 1 300 logements annuels construits entre 1994 et 1999, dont un quart de sociaux. Pour Edmond Hervé, « une ville sans travaux est une ville qui meurt ». Face à une politique de maîtrise foncière de vingt ans, la droite locale s'insurge devant « un bourrage urbain non maîtrisé, comme si la densification était la seule voie pour satisfaire la demande ».

Nantes

A Nantes, les propositions du maire sortant, Jean-Marc Ayrault ont une répercussion en aménagement et le cadre de vie. Le challenger, Jean-Luc Harousseau, sort une importante liste de projets (réhabilitation de l'île de Nantes, centre d'affaires sur le pré Gauchet, franchissements de la Loire, tramway), mais c'est sur le centre-ville et l'accessibilité que les candidats s'opposent. « Nouvelle gare Baco connectée aux bus et au tram, retraitement des rues du Calvaire, de l'Arche-Sèche, et dynamiser l'offre de commerces », explique le candidat sortant. Pour le challenger, il faut « aménager les voies d'accès, mettre en 2 x 2 voies les grands axes pénétrant dans la ville, élargir certaines portions du périphérique, et augmenter le stationnement en centre-ville... pour en dynamiser le commerce ».

Rouen

A Rouen, fort d'un bilan d'assainissement de l'endettement de la ville, Yvon Robert, qui a lancé le tramway (« métrobus ») veut montrer qu'il est un véritable entrepreneur. Son rival, l'UDF Pierre Albertini, qui a voté contre le métrobus et Teor, reconnaît le succès du premier mais souhaite interrompre la mise en exploitation du second. Les mêmes doutes l'habitent sur l'aménagement des quais rive gauche (il préférerait un parking de dissuasion) et sur le palais des sports. En revanche, P. Albertini, député-maire de Mont-Saint-Aignan, se déclare favorable à un stade de football, alors que Y. Robert préfère rénover Robert-Diochon.

PHOTOS : J.-C. Boulard ; J.-M. Gevaux ; A. Rufenacht ; D. Paul ; E. Hervé ; L. Le Brun ; J.-L. Harousseau ; J.-M. Ayrault ; P. Albertini ; Y. Robert

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