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Munich Effets optiques pour un aménagement paysager
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Munich Effets optiques pour un aménagement paysager

le 22/09/2005  |  TransportsArchitectureAménagementInternationalEurope

Implanté sur le site de l’ancien aéroport de Munich, le parc de la ville nouvelle de Riem (200 ha), a été réalisé par les paysagistes de Latitude Nord. Le sol a été entièrement remodelé selon des procédés optiques qui fondent ce parc dans la campagne.

En dépit d’un rude climat, les Munichois n’ont pas oublié de cultiver un certain art de vivre. Pour s’en convaincre, il suffit de se promener dans le jardin anglais du centre-ville, magnifique espace naturel encore plus vaste que Central Park à New York.

Depuis le printemps 2005, un nouveau parc écologique vient encore enrichir les possibilités de sorties des citadins. Situé à une dizaine de kilomètres à l’est de la ville, ce parc – qui a reçu en juin le prix allemand du paysage – constitue une pièce maîtresse de la ville nouvelle de Riem. Edifiée sur l’ancien aéroport, celle-ci accueillera à terme 16 000 habitants et 13 000 emplois.

La monumentalité des aménagements paysagers est à l’échelle de ce parc de 200 ha qui couvre plus du tiers de la superficie de la ville nouvelle.

Prairies et bois. Le lac artificiel, où l’on peut se baigner, s’étend sur 11 hectares. L’allée principale, digne d’une allée royale, se développe sur deux kilomètres de long. La terrasse panoramique est soutenue par un mur en granit de deux mètres d’épaisseur. Il y a aussi les grandes étendues des prairies sèches et les massifs boisés qui prendront de l’épaisseur avec le temps… Surtout, ce parc semble n’avoir aucune limite : son horizon s’étend au sud jusqu’à la chaîne des Alpes, à des dizaines de kilomètres de là. Un effet optique soigneusement calculé par les paysagistes français concepteurs du parc, Gilles Vexlard et Laurence Vacherot, lauréats d’une consultation internationale organisée il y a dix ans.

Le terrain d’origine, plat et vide, semblait ingrat. « Tout l’enjeu était de trouver des moyens pour donner aux gens l’envie d’aller dans ce parc sans verser dans la solution facile du parc d’attraction », se rappelle Gilles Vexlard. Ainsi est née l’idée fondatrice d’un parc sans limite, qui maintient la curiosité du visiteur en dévoilant progressivement ses éléments constitutifs, avec un sol totalement remodelé pour cadrer les vues et dégager les horizons.

Distiller des effets variés. Le célèbre architecte-jardinier André Le Nôtre avait au 17e siècle inventé et perfectionné les procédés optiques appliqués à la composition des jardins. Ils sont ici remis au goût du jour dans une version contemporaine. « La pente est un outil de perception de l’espace, mais elle doit être parfaitement maîtrisée pour faire naître ces procédés optiques », précise Gilles Vexlard. Sur le site, elle existait déjà – elle démarre au pied des Alpes et s’achève dans l’Isar –, mais à l’échelle du territoire on ne la voyait pas. Le projet des paysagistes l’exacerbe à des degrés divers, pour distiller des effets variés. Imperceptible sur la passerelle qui enjambe les jardins en creux, la pente se fait plus franche aux environs du lac pour donner à celui-ci plus de visibilité… D’épais massifs boisés accompagnent ces mouvements, de manière à minimiser la présence des bourgs limitrophes qui auraient donné une échelle à ce paysage. Le parc semble ainsi se fondre dans la campagne environnante.

Cet immense nivellement a été réalisé sur la totalité du site, sans hiérarchie et pour l’essentiel à hauteur d’œil (plus ou moins 1,50 m avec quelques exceptions jusqu’à plus ou moins 3 m). Les limites du terrain, contenu au départ dans l’ovale de l’ancien stade d’aviation, ont été effacées. C’était la condition préalable pour que les effets optiques puissent vraiment marcher. Les alignements d’arbres, qui matérialisaient cet ovale, ont donc été supprimés. Seul reste un fragment de la tribune de pierre, envahi par les hautes herbes (un biotope classé) et protégé par un saut-de-loup.

Sur ce site remodelé, tous les archétypes de végétation sont déclinés, du bosquet à l’arbre solitaire en passant par les haies taillées, les arbres d’alignement et les massifs boisés. Ces derniers ont été plantés préalablement à la réalisation du parc pour avoir le temps de pousser. Les essences (charmes, chênes, pins et alisiers essentiellement) ont été choisies en fonction de l’environnement afin d’établir des connexions avec les biotopes des milieux naturels.

Un cadre pour usages spontanés. « La structure du parc est aujourd’hui en place. Si elle est réussie, les usages viendront d’eux-mêmes », estime le paysagiste. Les bosquets bordant l’allée monumentale forment déjà le cadre de manifestations festives. Disséminés dans le parc, parasols et transats sont mis à la disposition des usagers. Des scènes liées à ce nouveau paysage se mettent en place un peu partout, jouant avec le végétal, l’architecture – un emmarchement de granit qui vient mourir dans une prairie sèche par exemple – et le mouvement des promeneurs. Mais il faudra attendre la fin de la Buga, l’exposition nationale horticole qui a lieu jusqu’à début octobre, et le déménagement de ses installations (téléphérique, kiosques…), pour en mesurer pleinement l’effet.

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Un dispositif écologique conséquent Fiche technique

Les déblais et remblais ont été gérés sur place et les graviers récupérés pour construire deux buttes de luge, chères aux Munichois, et le nouveau quartier de logements. L’excédent de matériel a même été revendu à des entreprises de construction de routes.

Les matériaux de construction ont été choisis en fonction de leurs critères écologiques et de leur pérennité (pas de bois tropical, pas d’acier galvanisé, moins pérenne que l’Inox).

Les plantations ont été sélectionnées dans l’environnement munichois (pins, charmes, chênes…), pour avoir une bonne connexion de tous les biotopes.

Les massifs boisés ont été implantés dans le sens des vents dominants pour favoriser le renouvellement d’air de la ville de Munich.

De vastes étendues de prairies sèches ont été créées pour développer la biodiversité dans le parc.

Pas plus de deux tontes sont programmées chaque année, avec une option possible pour le pâturage, mode de tonte très prisé en Allemagne.

Il n’y a pas de réseau d’assainissement. Les eaux pluviales sont drainées dans le parc puis renvoyées dans la nappe phréatique.

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Landeshauptstadt München, représenté par la SEM Massnahmeträger München-Riem GmbH.

Maîtrise d’œuvre : Latitude Nord paysagistes, Gilles Vexlard et Laurence Vacherot ; Raphaëlle Foussardier, David Schulz, Philip Denkinger, chefs de projet ; Stahr & Haberland paysagistes, et LUZ Landschaftarchitekten- München, DCE et suivi de chantier.

Pépinières : Bruns, von Ehren et Ley.

Budget : 37 millions d’euros environ.

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