Mugo, une success story atypique dans les espaces verts
Les concepteurs de Studio Mugo apportent 40 % des marchés de travaux et amplifient l'image de jeunesse qui auréole l'entreprise. - © Julien CRESP

Mugo, une success story atypique dans les espaces verts

Laurent Miguet |  le 17/10/2019  |  Entreprises du paysageYvelinesSaclay

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Paysage
Entreprises du paysage
Yvelines
Saclay
Valider

Dix ans pour atteindre 15 millions d’euros de chiffre d’affaires et 200 salariés : Mugo poursuit une croissance exceptionnelle dans le monde des espaces verts. Avec un œil neuf sur le secteur, les deux frères savoyards qui dirigent l’entreprise ont construit leur succès sur une clientèle de Facility managers avec des marchés globaux, depuis la conception jusqu’à l’exploitation.

La livraison prochaine de Grand Central conforte la place conquise à grande vitesse par Mugo dans la planète parisienne du Paysage. Avec une toiture comestible de 800 m2 à côté de la gare Saint-Lazare, l’entreprise contribue en tant que sous-traitante de Bouygues au projet dessiné par Jacques Ferrier pour le groupe Carlyle.

Œil neuf

Les clés du succès ? « On ne vient pas de ce monde. Donc nous sommes libres », répond Gauthier La Combe, l’un des deux créateurs de l’entreprise aux côtés de son frère, Benjamin La Combe. Après une formation commerciale et un passage par JC Decaux et Sodexo, les deux savoyards sont entrés sur le marché des particuliers en 2010 « avec un camion et une tondeuse » - dixit Gauthier La Combe - mais aussi avec l’avantage de l’œil neuf qui capte l’air du temps.
« Nous sommes nés avec le développement durable et en même temps que l’agriculture urbaine », rappelle Gauthier La Combe. Loin de toute prétention technologique, l’entreprise revendique une politique de prix plutôt supérieure à la moyenne. La croissance interne et externe lui donne désormais un rayon d’action national.

La vague de la RSE

Les exigences réglementaires en matière de responsabilité sociétale et environnementale (RSE) des grandes entreprises ont créé le terreau qui a fertilisé le développement : Covea et BNP Paribas font partie des grands comptes séduits par une offre qui verdit leur image. Mugo a retrouvé Sodexo, l’ancien employeur de son cofondateur, comme client récurrent.


« La récurrence, nous y veillons comme à l’huile sur le feu », insiste Gautier La Combe : l’entreprise réalise 60 % de son chiffre d’affaires dans l’entretien, avec une préférence pour les projets peu complexes. Les contrats signés avec les grands groupes couvrent tout le processus, de la conception jusqu’à la maintenance. La Direction générale de l’armement empreinte la même voie : après le Pentagone français dans le XVème arrondissement de Paris, Mugo est entré dans le Triangle de Bourges, pour y entretenir des sites de tir de missiles.

Relais de croissance

Depuis quatre ans sous l’autorité d’Antoine Guibourge, ancien conseiller en organisation bancaire, la création de Studio Mugo amène un maillon manquant : celui de la conception. Aujourd’hui forte de 15 salariés, cette entité apporte déjà 40 % des marchés de travaux. « Encore marginale, la contribution du studio aux marchés de maintenance ne peut que se développer, au fur et à mesure de la signature de nouveaux contrats globaux », pronostique Antoine Guibourgé.
La jeunesse de l’équipe de Studio Mugo reflète l’esprit "bonheur dans le pré" qui règne au siège de l’entreprise, à l’heure du déjeuner : une grande table y accueille les concepteurs et visiteurs, dans le jardin où quelques salariées soignent le nouveau potager.
Au sein du studio, le noyau de cinq anciens élèves de l’Ecole supérieure d’architecture des jardins (Esaj) a contribué à placer Mugo sous les projecteurs médiatiques, au seuil de son 10ème anniversaire : les jeunes concepteurs ont convaincu leurs dirigeants d’investir dans le sauvetage de leur école, unique établissement privé de formation initiale en conception paysagère.

Mugo a profité du dernier salon Jardins, Jardin pour annoncer son engagement au service de l’établissement parisien auréolé par une nouvelle gouvernance : Gilles Clément préside le Conseil d’administration de l’Esaj.

Tournant stratégique

La visibilité ainsi obtenue par ricochet rompt avec une pratique antérieure plus orientée vers le « vivons heureux, vivons caché ». Faut-il y voir un tournant stratégique ? Implanté depuis quelques mois à Buc (Yvelines) sur les franges du plateau de Saclay, Mugo regarde avec gourmandise les grands marchés publics de paysage qui s’y développent.
« On ne rentre pas facilement dans cet univers, mais nous avons l’ambition d’y aller, car nous espérons aider les villes à percevoir les bénéfices du paysage, trop souvent appréhendé uniquement comme une source de dépenses », confie Gauthier La Combe.
La commercialisation de la production alimentaire offre une autre piste de développement : Mugo, qui vise 5 hectares dédié à cette activité dans Paris et la première couronne d’ici 2024, étudie l’idée d’une marque. Sans doute la jeune entreprise n’a-t-elle pas fini de surprendre : les frères La Combe ont érigé « l’agilité » au rang de valeur cardinale.

Commentaires

Mugo, une success story atypique dans les espaces verts

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Date de parution : 10/2018

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Date de parution : 06/2018

Voir

AMC n°261 - Spécial Intérieurs 2017

AMC n°261 - Spécial Intérieurs 2017

Date de parution : 07/2017

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur