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Mucem : des coûts de construction trop élevés et un mauvais PPP
La résille du MuCEM, un support de création pour des jeux de lumière - © © M.Colin/Lec

Mucem : des coûts de construction trop élevés et un mauvais PPP

Barbara Kiraly |  le 11/02/2015  |  courdescomptes2015ConjonctureEtatFrance entièreBouches-du-Rhône

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Coût de construction trop élevé, contrat de partenariat public-privé mal ficelé... La Cour des comptes épingle le Mucem de Marseille. Passage en revue des critiques concernant la construction et la gestion du bâtiment.

La Cour des comptes a épinglé la construction et la gestion du Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem). Dans son rapport rendu public mercredi 11 février, la Cour pointe le coût de construction du Mucem : plus de 160 millions d’euros, soit près du double du devis réalisé en 2009 (88,17 millions d’euros). « Une part substantielle de cette augmentation est imputable au coût du temps. En effet, la suspension du projet entre 2002 et 2009 se traduit par un renchérissement du coût des travaux de 40,84 millions d’euros, soit une augmentation de 57,5 % », explique le rapport.

L’augmentation de l’enveloppe serait également due aux choix des matériaux utilisés pour la construction du musée. « Le recours au béton fibré à ultra hautes performances (BFUP), matériau très novateur qui n’avait jamais été utilisé pour la construction d’un bâtiment jusqu’alors, explique à lui seul plus de la moitié des surcoûts constatés sur le môle J4 (9,4 millions d'euros sur un total de 15 millions d'euros), signale la Cour des comptes. S’il n’est pas illégitime que des projets publics servent à faire avancer les règles de l’art en matière architecturale, notamment par l’utilisation de matériaux innovants, encore faut-il avoir conscience des coûts induits par de telles expérimentations, ce qui n’a pas été le cas des diverses utilisations du BFUP dans la construction du bâtiment J4. » Pour contenir la facture, la Cour recommande « d'estimer le coût d’entretien et de maintenance du bâtiment Ricciotti, notamment au regard des matériaux utilisés (BFUP,inox, parois vitrées) ».

Remise en question du PPP signé avec Icade

La Cour des comptes remet également en cause le contrat de partenariat public privé (PPP) signé avec la société Icade en charge de la construction et de l’exploitation-maintenance du centre de conservation et de ressources du musée. « Au total, l’État acquitte [un] loyer annuel (3,18 millions d’euros en 2013) pour un bâtiment dont la gestion s’avère beaucoup moins complexe que ce qui avait été initialement présenté afin de justifier le recours à un PPP. »

Pour rappel, les loyers ne sont pas payés par le Mucem, mais par le service des musées de France. Ce qui pose problème à la Cour des comptes. « D’une part, le fonctionnement des réserves se trouve disjoint de celui du musée, l’établissement n’ayant pas à sa charge leur onéreuse maintenance-exploitation, […] d’autre part, il affaiblit le contrôle qu’exerce l’État sur le PPP, le suivi financier, réalisé par le ministère de la Culture étant séparé du suivi des prestations, réalisé par le MuCEM. » Et de conclure : « au regard de ce bilan coûts-avantages, le recours à un PPP pour la simple maintenance d’un bâtiment de réserves serait sans doute écarté aujourd’hui. »

80 millions d’euros pour rénover l’ancien musée des arts et traditions populaires

Le Mucem est issu de la délocalisation à Marseille du musée national des Arts et traditions populaires (MNATP) installé à l’origine à la lisière du Bois de Boulogne dans le XVIe arrondissement de Paris. Alors que le projet de construction du Mucem a pris des années de retard, le temps perdu n'a pas été mis à profit pour réfléchir à l'exploitation du bâtiment du MNATP. « Laissé dans un état de quasi abandon depuis de nombreuses années, le bâtiment nécessite, pour sa remise en état, des investissements sans doute lourds [pour financer des travaux de] désamiantage, mise hors d’eau, mise aux normes générales (accessibilité, sécurité incendie suppression du transformateur à  pyralène), diagnostic plomb. Dans un rapport, l’Inspection générale des affaires culturelles (IGAC) estime qu’une enveloppe comprise entre 50 millions et 80 millions d’euros pourrait être nécessaire pour remettre le bâtiment en état de fonctionnement. » En conclusion, la Cour conseille de « rétrocéder ou réaffecter rapidement le bâtiment parisien du Mucem ».

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