Chantiers

Mosquée de Strasbourg : état de grâce pour les plâtriers

L’habillage intérieur des deux coupoles qui coiffent la grande mosquée de Strasbourg donne lieu à un chantier de plâtrerie d’une dimension exceptionnelle, jusqu’à la mi-mai 2011.

« Notre premier chantier de mosquée crée une occasion formidable de former des jeunes au plaisir du métier », s’extasie Christian Werey, P-DG de l’entreprise WereyStenger, titulaire du lot plâtre et peinture. Jamais l’entreprise alsacienne n’avait déployé sur une telle surface la technique de coffrage Stucanet (1) : « 550 m2 pour la petite coupole, 850 pour la grande », détaille Pierre Hadey, l’un des deux conducteurs de travaux mobilisés par le plâtrier, spécialisé dans les détails d’exécution les plus complexes. Cette surface exceptionnelle renvoie au parti architectural de l’italien Paolo Portoghesi, représenté en Alsace par le strasbourgeois Paul Maechel : la sphère sommitale repose sur une coupole surbaissée, également construite en métal. Cette dernière s’appuie sur les 8 piliers extérieurs en béton, qui structurent une forme décrite tantôt comme un bouquet oriental, tantôt comme une étoile. Aux arrêtes de cette dernière, les staffeurs maîtrisent la géométrie des entrecroisements de courbure – non sans quelques reprises. Cette même exigence s’impose pour aligner les fenêtres de toit dans le cercle niché sous le sommet de la coupole centrale, qui culmine à 22 m au-dessus du sol.

Fixation : l’expérience du parlement européen

Des treillis Poutrafil, soudés sur chantier par WereyStenger, composent l’armature principale, subdivisée en arcs principaux et secondaires, espacés respectivement de 90 et 45 cm. Le tissu métallique Stucanet se fixe perpendiculairement à ces arcs, et sert de support à la projection de 25 mm de plâtre de type Lutèce, qui résiste au feu pendant une demi-heure. « Quatre moules ont suffi, alors qu’une solution 100 % staff en aurait nécessité 15 », explique Christian Werey, qui a mobilisé le bureau d’études interne à l’entreprise pour dessiner et fabriquer les gabarits en atelier. En aval, le plâtre sans fibres facilitera le travail du peintre Nonnenmacher, sous-traitant de WereyStenger.
Pour accrocher son ouvrage à la charpente, le plâtrier s’est appuyé sur son expérience de la réparation des faux plafonds du parlement européen de Strasbourg : aux fixations Hilti adaptées à des charpentes qui se présentent de biais, s’ajoutent les polochons composés de fibre végétale entourée de plâtre à modeler, et dont la résistance obéit aux DTU 25-51.
Alors que ce travail bat son plein mi-février, WereyStenger présente à l’architecte les premiers prototypes du garde-corps qui ceinturera le balcon réservé aux femmes, sur une longueur de 117 m. La multiplicité des étapes de validation technique et esthétique ne facilite pas le respect des délais, mais n’enlève rien à la fierté des plâtriers : un sentiment partagé par l’ensemble des intervenants rassemblés autour de la Société d’équipement de la région de Strasbourg, assistant au maître d’ouvrage, et de Demathieu & Bard, entreprise générale.

 

(1)Stucanet est un support d’enduit constitué d’un treillis soudé galvanisé, associé en général à un carton alvéolé. Pliables, les panneaux Stucanet libèrent la créativité des architectes et permettent un enduisage optimal des voûtes, sous pentes, poutres et autres surfaces difficiles, à l’intérieur comme à l’extérieur.

 

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