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Jurisprudence

MONTPELLIER L'approfondissement des réseaux transversaux

GUILLAUME DELACROIX, RICHARD GOASGUEN, JEAN LELONG, JEAN-JACQUES TALPIN |  le 11/02/2000  |  TransportsCollectivités localesEnvironnementMaîtrise d'ouvrageHérault

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«Montpellier est une ville dont les réseaux étaient anciens. Le chantier du tramway a donné aux opérateurs l'occasion de les moderniser. » Le constat de Francis Amans, coordinateur général du tramway, se vérifie surtout pour les réseaux humides. La ville de Montpellier a réalisé 22 km de conduites d'eau potable, d'eaux usées et d'eaux pluviales au long des 15 km de la première ligne de tramway. Deux principes avaient été retenus par le maître d'ouvrage : déplacer tous les réseaux situés dans l'axe de la plate-forme, sauf les réseaux visitables ; approfondir et mettre sous fourreau les réseaux transversaux.

Les travaux ont été engagés en juillet 1997, six mois avant la mise en chantier de la plate-forme du tramway. Ils se sont achevés au printemps 1999. Le coût du déplacement des réseaux humides a été chiffré à 16,5 millions d'euros. Une convention passée avec le district de Montpellier, maître d'ouvrage du tramway, laisse à la ville environ un tiers de l'effort financier. Cette contribution mesure l'effet de modernisation du réseau entraînée par le chantier.

L'exemple de l'assainissement est particulièrement significatif : alors que 5,9 millions d'euros ont été engagés pour dévoyer les réseaux, Louis Pouget, adjoint délégué aux services techniques, estime que 3 millions d'euros de travaux auraient été nécessaires sans la contrainte du tramway. Ainsi, dans le quartier de La Paillade, la ville a profité du chantier pour dissocier les réseaux collectant les eaux usées de La Paillade et celles de la commune voisine de Grabels. Le projet était dans les tiroirs depuis trois ans.

La plus grosse opération, en matière d'assainissement, a consisté à restructurer le système unitaire situé sous l'avenue du Professeur-Grasset. Ce réseau, dont les plus anciens éléments dataient d'un siècle, a été remplacé par un collecteur unique d'un diamètre allant de 1 à 2 m, placé sous la plate-forme. Dans la même artère, la ville a remplacé une conduite primaire d'eau potable datant, elle aussi, du début du siècle. La nécessité de reprendre l'ensemble des branchements sur les 9 km de conduites d'eau potable rénovées a également permis le remplacement du plomb par du polyéthylène.

Le renouvellement de la fibre optique

L'opération n'a toutefois pas été aussi positive pour tous les maîtres d'ouvrage. France Télécom, dont le réseau est à la fois récent et correctement dimensionné, a refait 10 km de conduites sans introduire de grandes modifications, à l'exception du réseau de vidéotransmission.

L'opérateur, qui avait prévu de remplacer à Montpellier la fibre optique par un réseau mixte fibre optique/coaxial, s'est efforcé de caler ce programme de renouvellement sur le chantier du tramway. Pour le reste, les équipements ont été refaits à l'identique. « Non seulement notre réseau n'a pas été amélioré, mais nous estimons qu'il s'est détérioré, indique Jean-Pierre Bregeon, responsable de l'unité d'infrastructure réseaux pour la région de Montpellier. Les travaux se sont poursuivis pendant plusieurs mois après notre intervention, et nous avons enregistré de nombreux dérangements. » France Télécom chiffre à 3,3 millions d'euros (hors études) le coût du dévoiement des réseaux lié à la construction de la plate-forme. L'entreprise souligne la qualité de la coordination assurée par la maîtrise d'ouvrage, mandataire du district, mais elle se serait d'autant plus volontiers dispensée d'un tel chantier que l'addition est à sa charge.

La construction du tramway étant considérée comme une opération effectuée dans l'intérêt du domaine occupé, le concessionnaire est en effet tenu d'assurer lui-même le déplacement de ses réseaux. L'opérateur de télécommunications est toutefois très attentif à la jurisprudence qui pourrait naître des contentieux ouverts dans d'autres villes équipées d'un tramway.

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Exemple type des difficultés rencontrées ici à Montpellier : parfois, le dévoiement des réseaux devient une urgence.

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