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Montée en compétence exigée
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Montée en compétence exigée

JULIE NICOLAS |  le 05/10/2018  |  EnvironnementBIMNumérique

Gestion énergétique -

Pour concevoir des bâtiments économes, les professionnels, déjà engagés, doivent encore progresser.

Alors que la RT 2012 est entrée dans les mœurs et que la prochaine réglementation environnementale (RE) se prépare, il est tentant de penser que les apports solaires, la ventilation naturelle et l'inertie des bâtiments sont pris en compte systématiquement. Nous pourrions même imaginer que le building information modeling (BIM) soit mis au service des économies d'énergie et du confort. Or, si l'étude menée cet été par Adexsi ( industriel spécialisé notamment dans la gestion énergétique) et « Le Moniteur » auprès de maîtres d'ouvrage, maîtres d'œuvre et entreprises de construction met en lumière une réelle sensibilité des acteurs sur ce sujet, elle pointe aussi un savoir-faire insuffisant.

Ainsi, trois quarts des professionnels évaluent favorablement leur niveau d'expertise sur la gestion des énergies naturelles. Le sujet est donc connu. Autre bonne nouvelle : 66 % des personnes interrogées prennent en compte les énergies naturelles dans leurs projets, soit systématiquement (33 %), soit dans plus de la moitié de leurs projets (33 %). Ils ne sont que 5 % à ne jamais y penser.

Des priorités connues. De même, les réponses à choix multiples montrent que les professionnels connaissent les priorités pour concevoir des bâtiments économes. Ainsi, l'isolation arrive en tête des leviers d'action (75 %), suivie par le chauffage et l'eau chaude sanitaire (60 %, dont 70 % de maîtres d'ouvrage). La ventilation arrive en troisième position (59 %). Quant à l'éclairage, il n'arrive qu'en cinquième position, avec 30 % des réponses. Une surprise car l'éclairage naturel implique aussi des apports calorifiques gratuits en hiver et du confort pour les occupants.

Néanmoins, l'efficacité de la sensibilisation des professionnels ne se dément pas. La majorité d'entre eux prend en effet en considération l'aspect bioclimatique dès l'esquisse du projet. Près de la moitié (46 %, dont 73 % d'architectes) tient systématiquement compte de l'orientation du bâti par rapport à l'ensoleillement, aux vents dominants et aux ombres portées/ projetées tandis que 42 % y font attention « parfois ».

Enfin, tous admettent que ces bâtiments coûtent moins chers à exploiter, sont plus confortables et contribuent à limiter le réchauffement climatique. La preuve : parmi les avantages liés à la conception bioclimatique reconnus, la faible consommation énergétique arrive en tête (82 %), suivie par la protection de l'environnement (71 %) et le confort (64 %).

Pour autant, quand il s'agit de mener à bien les projets intégrant les énergies naturelles, la plupart des professionnels ont fait appel à des prestataires externes (59 %), ont dû former et sensibiliser leurs collaborateurs (respectivement 42 % et 24 %). Des chiffres à nuancer car 72 % de ceux qui font appel à des spécialistes externes sont des maîtres d'ouvrage. A l'inverse, 32 % des bureaux d'études ont bénéficié de ce genre de prestations. Par ailleurs, le premier frein évoqué reste le coût élevé (62 %), tandis que le manque de connaissances arrive en deuxième position avec 36 % des réponses.

66 % des professionnels tiennent compte des énergies naturelles dans au moins la moitié de leurs projets.

Des outils numériques peu maîtrisés. Enfin, l'étude met en lumière le manque de maîtrise des outils numériques qui, pourtant, pourraient les aider dans leur gestion des énergies naturelles. Alors que les logiciels de simulation de la lumière naturelle existent depuis longtemps, ils ne sont utilisés que dans 21 % des cas. Idem pour les simulations thermiques dynamiques (20 %). Autre enseignement : plus de la moitié des professionnels (56 %) n'utilisent pas le BIM. Un résultat qui s'explique par la montée en puissance progressive de cette méthode de travail.

L'enquête le montre : les efforts de sensibilisation ont porté leurs fruits. Mais il reste maintenant à former davantage les professionnels pour que le secteur de la construction diminue significativement ses émissions de gaz à effet de serre et, de là, réduise les factures d'énergie des bâtiments. Bien formés, les professionnels livreront des édifices plus confortables, moins énergivores et aux coûts maîtrisés.

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La lumière, la ventilation et la gestion des ombres sont dans le top 3 des énergies naturelles prioritaires.

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Selon 68 % des professionnels, les commandes de bâtiments à gestion énergétique sont en hausse depuis deux ans.

Cette étude a été réalisée par Infopro Digital Etudes, via un questionnaire en ligne, entre le 19 juillet et le 5 septembre 2018. L’échantillon représentatif compte 277 répondants, dont 38% de maîtres d’ouvrage, 24% d’architectes et 20% de bureaux d’études

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