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Mineur - Une carrière explosive

Orianne Dupont |  le 17/08/2018  |  Deux-SèvresVie du BTPExploitation de carrières

Série de l'été 4/6 -

Dans les Deux-Sèvres, William Mothais est chargé des tirs de mine pour abattre la roche. Un métier qui l'anime depuis plus de vingt ans.

William Mothais est arrivé au tir de mines par hasard. Muni de son brevet de technicien agricole, il intègre les carrières Roy, dans les Deux-Sèvres, en 1991, et gravit les échelons. C'est en 1995 qu'il entre au service minage en tant que foreur, puis adjoint au chef mineur, et enfin responsable du service en 2006. Il manage aujourd'hui trois personnes - deux foreurs et un foreur- mineur - et organise les trois tirs hebdomadaires de la carrière de la Noubleau à Saint-Varent et celui, également hebdomadaire, de la carrière de la Gouraudière, à Mauzé-Thouarsais. Des sites sur lesquels sont abattues, en moyenne, 3,3 millions de tonnes de roches par an.

Machine bien huilée. La préparation d'un tir de mine est une machine bien huilée qui ne laisse pas de place à l'hésitation. Les mineurs préparent leur plan de tir en déterminant le nombre de forages, les profondeurs et les angles qui optimisent l'utilisation de l'explosif - limités à 15 t, ils ont consommé en moyenne 7,4 t par tir en 2017 -, assurent la sécurité des personnes et facilitent le travail de l'équipe qui récupère la roche abattue.

« Nous travaillons avec le théodolite [instrument de mesure qui détermine les angles, NDLR], mais nous utiliserons l'an prochain un drone qui, grâce à un logiciel, positionne les points de forage, ensuite programmés sur la foreuse. Cette dernière réalisera les trous de mine qui accueilleront les explosifs. C'est plus précis, plus sûr et les résultats du tir sont meilleurs. Avant, on mettait les barres de forage à la main ! » L'absence de monotonie et les évolutions techno logiques sont les aspects du métier qui le séduisent. William Mothais est toujours en éveil sur les nouveaux équipements qui permettent de coupler efficacité, sécurité et réduction des nuisances. Mais le drone sera sa dernière expérience car, à bientôt 60 ans, il prépare son départ en retraite.

Calme et réactivité. S'ils continuent à placer les détonateurs dans les trous, lui et son collègue ne manipulent plus les explosifs. Ceux-ci sont aujourd'hui préparés sur le site de la carrière, placés automatiquement par camion, et la mise à feu est déclenchée à distance. Des procédures expliquées par des schémas simples, mais qui requièrent vigilance et méthode. Afficher l'heure du tir, boucler la zone, vérifier l'absence de personnel, déclencher la sirène, avant et après le tir. Tout en ayant une bonne connaissance du fonctionnement d'une carrière. Un profil que William Mothais recherche pour assurer le passage de relais, mais qu'il juge « difficile à trouver, la personne idéale étant celle qui veut s'investir et avoir la curiosité nécessaire pour apprendre »… Et un peu de sang-froid pour gérer des incidents de tir, rares, mais lourds de conséquence. William n'en a qu'un seul à répertorier dans sa carrière : « Un des détonateurs n'avait pas explosé, il a fallu le retrouver pour le déclencher, ce qui n'est pas évident après un tir. Je suis parvenu à le localiser avec le théodolite à 10 cm près… Non sans sueurs froides. » Le calme et la capacité à réagir sont pour lui les compétences essentielles à posséder pour embrasser cette carrière.

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PHOTO - 14541_877151_k5_k1_2059738.jpg - © THOMAS LOUAPRE / LE MONITEUR
Formations et salaire

- Diplôme : certificat de préposé au tir, diplôme de niveau V.

- Plusieurs habilitations renouvelables sont nécessaires : permis de tir délivré (interne à l'entreprise, il peut être renouvelé chaque année) ; habilitation préfectorale à l'emploi et aux transports des explosifs (durée indéterminée dans une entreprise définie) ; Bilan d'aptitude délivré par les grandes écoles (Badge) « Abattage à l'explosif » et formations auprès des fournisseurs d'explosifs.

- Salaire : 20-55 K€ brut/an.

« Rigueur, sang-froid et respect des règles, des compétences clés »

« L'abattage à l'explosif, qui regroupe forage, minage et débitage au brise-roche hydraulique, est la première étape de fragmentation de la roche, avant le concassage et le broyage. Il est déterminant pour toute la chaîne de traitement de la roche abattue : il faut éviter les projections pour la sécurité et respecter la blocométrie afin d'alimenter le concasseur. Si les blocs sont trop gros, ça va réduire la cadence, la productivité… D'où l'importance d'avoir un profil de mineur qui mêle rigueur, sang-froid et respect des règles. Compétences intrinsèques de ce métier. Si nous n'arrivions plus à assurer la sécurité et la productivité, nous envisagerions de sous-traiter, tout en gardant la maîtrise de l'activité pour le bon déroulé de la chaîne de production. »

Bruno Fardoit, directeur général délégué des carrières Roy.

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PHOTO - 14541_877151_k4_k3_2059737.jpg - © SA ROY

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