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Mille tonnes d'acier entre l'eau et le ciel
Un quai a été aménagé et renforcé pour recevoir l’ouvrage. - © EIFFAGE

Mille tonnes d'acier entre l'eau et le ciel

Hakim Bendaoud |  le 09/11/2018  |  TechniqueHauts-de-SeineAcierOuvrage d'artDéconstruction

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Déconstruction -

A l'aide de deux barges, le tablier du pont Seibert a été déposé sur le quai de l'île Seguin (Hauts-de-Seine) pour être démonté. Une opération de haut vol.

Située dans les Hauts-de-Seine face à Meudon, juste en aval de l'île Saint-Germain, entre Boulogne-Billancourt (dont elle dépend administrativement) sur sa rive droite et Sèvres sur sa rive gauche, l'île Seguin a longtemps vécu au rythme des usines Renault qu'elle abrita entre 1929 et 1992. Chaque jour, des centaines d'ouvriers ont emprunté le pont Seibert pour rejoindre leur poste. Bâti en 1931, l'ouvrage d'acier s'est inexorablement corrodé au fil des années, et a fini par partir à la déconstruction en septembre dernier. Opération hors norme, la dépose

du tablier devait être réalisée en deux jours seulement !

« Le bras de Seine qu'enjambait ce pont étant très emprunté, il était impos-sible d'interrompre la circulation fluviale pendant plusieurs semaines, explique Aurélien Costiou, directeur opérationnel de la SPL Val de Seine Aménagement. La solution retenue a donc été de déposer le tablier métallique de l'ancien ouvrage sur les berges afin de le démanteler en occasionnant le moins de gène possible. » Pour soulever la structure d'un millier de tonnes, les équipes d'Eiffage chargées de conduire l'opération ont fait appel aux services de Sarens France et à deux de leurs barges mises côte à côte.

Déballastage des barges. Long de 61 mètres et large de 23 mètres, ce convoi flottant, sur lequel quatre systèmes de transport de charges lourdes nommés self-propelled modular transporters (SPMT) avaient été installés, a pris position sous le tablier. Pour supporter les contraintes mécaniques liées au levage, plusieurs points de l'édifice avaient au préalable été renforcés. Remplies d'eau, les deux barges devaient réaliser une opération de déballastage. Elles ont donc progressivement vidé leurs cales pour les remplir d'air et faire ainsi remonter leur ligne de flottaison jusqu'à ce que les SPMT entrent en contact avec l'ouvrage et le maintiennent en suspension. Equipés de 12 essieux chacun, ces matériels de manutention ont par la suite fait pivoter leurs roues afin de positionner le tablier dans le sens du chenal.

Pour accueillir l'imposant ouvrage, la capacité de charge du quai receveur de l'île Seguin a été consolidée à l'aide de 24 pieux de renforcement, enfoncés à 21 mètres de profondeur pour atteindre la roche dure, et d'injections de béton armé. Mais, comme le précise Jaoud Aouragh, directeur des travaux chez Eiffage, le convoi a dû rester à 7 mètres de la berge, car il était trop lourd : « L'étude bathymétrique [une cartographie des fonds, NDLR] nous indiquait clairement qu'il n'y avait pas assez de profondeur pour accueillir ce convoi sans prendre le risque d'endommager le chenal. » Des passerelles ont dû être positionnées et des vérins posés sur le quai afin d'accueillir la structure et, surtout, permettre aux SPMT de se retirer une fois l'opération terminée. Des cisailles sur pelles de 13 mètres de hauteur et d'un poids de 350 tonnes ont pris le relais pour démanteler la structure en plusieurs parties, qui ont été évacuées par la route.

Aménageur de l'opération : SPL Val de Seine Aménagement.

Maîtrise d'œuvre : Ingérop, AEI Architecture, RCR Arquitectes.

Démolition : Eiffage. Sous-traitant : Sarens France (barges).

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La ligne de flottaison des barges a été remontée par déballastage. - © SARENS GROUP
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Le pont Seibert mesure 82 m de long et 11,30 m de large pour un poids total d’environ 1 500 tonnes, dont 1 000 tonnes pour le seul tablier. - © HERVÉ PIRAUD / EIFF AGE

Un pont qui relie le futur et le passé

En 2021, un nouvel ouvrage en phase avec les futurs besoins de l'île Seguin, qui doit être transformée en pôle artistique et culturel, verra le jour. Sa conception a été confiée à Ingérop, pour la partie structure et charges, et au groupement d'architectes AEI et RCR. Dans un souci d'intégration à l'histoire industrielle du site, et pour rester en lien avec son architecture contemporaine, ce nouveau pont rendra hommage à l'ancien ouvrage par sa ligne en arc et le recours majoritaire à l'acier. Ce quatrième ouvrage de franchissement assurera alors le trait d'union entre Meudon et l'île Seguin depuis la station Brimborion sur la ligne 2 du tramway. Il accueillera également les nouveaux « bus à haut niveau de services » (BHNS) et sera accessible aux piétons qui pourront rejoindre la promenade sur les berges de Meudon par un ascenseur et un escalier.

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Par sa ligne en arc, le nouveau pont rendra hommage à l’ancien ouvrage. - © INGÉROP / AEI / RCR

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