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Microhumus fertilise les stériles de carrières
Yann Thomas, gérant et cofondateur de la société nancéienne, est devenu un spécialiste de la restauration des sols dégradés. - © ARNO PAUL / LE MONITEUR

Microhumus fertilise les stériles de carrières

Philippe Bohlinger |  le 29/10/2018  |  Meurthe-et-MoselleNumériqueStart-up

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La jeune pousse collabore avec des exploitants pour déployer son procédé de fabrication de terres de substitution.

L'objectif de « zéro artificialisation nette des sols » inscrit dans le plan Biodiversité présenté le 4 juillet par l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, pourrait être un coup de pouce pour Microhumus. La start-up transforme la terre végétale communément produite par l'arasement de surfaces agricoles dans le cadre d'aménagements urbains en ressource durable. Il y a trois ans, la jeune pousse installée à Nancy a mis au point SubsTer, un procédé d'ingénierie visant à fabriquer des terres de substitution à partir de stériles de carrières. Elle a associé à son innovation un déploiement commercial original fondé sur des accords avec des exploitants de carrières. Parmi eux, Colas, Cemex et plusieurs acteurs indépendants.

En 2017, les 14 sites partenaires de Microhumus en France ont fabriqué entre 3 000 et 20 000 tonnes de sols fertiles chacun. A l'horizon 2021, la start-up ambitionne de mailler la totalité de l'Hexagone.

Des racines dans le désert. « SubsTer réduit les volumes de matériaux inemployés dans les carrières, élargit leur gamme de produits, tout en positionnant les exploitants dans une démarche environnementale vertueuse », souligne Yann Thomas, gérant de Microhumus, qu'il a cofondé avec Françoise Watteau, Geneviève Villemin et Jean-Louis Morel. Disponible en trois qualités agronomiques - potagère, paysagère et chantier - le produit associe 70 à 90 % de matériaux minéraux de différentes granulométries et compositions avec 10 à 30 % d'amendements organiques.

Le produit contient entre 70 et 90 % de matériaux minéraux de différentes granulométries et compositions.

Passée par l'Incubateur Lorrain à l'Université de Lorraine (UL), la société créée en 2007 a pris racine sur des terrains désertiques. Elle s'est appuyée sur une technologie développée au sein du CNRS et du Laboratoire Sols et Environnement à Nancy (UL, Inra) : une méthodologie de diagnostic du fonctionnement biologique des sols par microscopie électronique à transmission. « Le cœur de notre technologie est l'agrégation des sols », résume le gérant.

Recentrage géographique. Entre 2010 et 2014, l'entreprise a travaillé à l'export, au Moyen-Orient, où elle s'est intéressée aux processus de restauration des qualités agronomiques des sols sableux. La baisse du prix du baril ayant eu raison de son projet d'« usine de sols » au Qatar, elle a choisi de déployer son innovation dans l'Hexagone et en Europe. Pour réussir ce virage, la jeune pousse a su s'adjoindre de nouvelles compétences en recrutant Christophe Hardy, ancien directeur recyclage et valorisation chez LafargeHolcim et Gabriel Franceschini, ancien directeur commercial de Screg Est (Colas).

Désormais, la start-up déploie ce savoir-faire pour restaurer les sols dégradés (45 % du chiffre d'affaires), formuler des engrais et conduire des études en agriculture et viticulture (10 %), ses deux métiers historiques. Le reste du CA de la société - qui ne communique pas ses résultats - est réalisé grâce à la formulation de terre de substitution via une prestation de bureau d'études et à une redevance sur les tonnages vendus.

2007 : année de création.

14 carrières partenaires.

8 salariés et consultants associés.

Prometteuse - L'avis de l'expert

Il existe une demande d'alternatives à la terre végétale issue du décapage de sols agricoles. Le programme de recherche Siterre, (2010-2015) coordonné par l'association Plante & Cité, a montré la faisabilité de mêler matériaux minéraux inertes et organiques pour créer des sols fertiles. En ce sens, Microhumus bénéficie d'un réel potentiel, mais il devrait réduire les distances de transport entre le gisement et le site de livraison (20 à 35 km maximum), pour des questions économiques et environnementales.

Olivier Damas, chargé de mission agronomie, sols urbains, innovation végétale, chez Plante & Cité.

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