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Michel Placidi, sous le signe des ponts

philippe donnaes |  le 07/06/2013  |  BâtimentBouches-du-RhôneFinistèreParisTravaux sans tranchée

Génie civil -

Michel Placidi vient de se voir décerner le prix Caquot par l’Association française de génie civil. L’ingénieur, perpétuel chercheur pragmatique, a toujours prôné l’association intelligente des matériaux. Portrait.

Si vous demandez à Michel Placidi le nombre de ponts qui figure à son actif, il sera bien en peine de vous donner une réponse précise. Et comme, de plus, l’homme est d’une grande modestie… Sans doute plus de 70 ouvrages d’art ont émaillé la brillante carrière de cet ingénieur qui débuta, en 1969, chez Campenon-Bernard. Les responsables du bureau d’études de l’entreprise décelèrent sans doute immédiatement le formidable potentiel créatif qui se cachait derrière ce jeune stagiaire, fraîchement émoulu des Arts et Métiers (médaille d’argent) et passé par le Chebap (1). « C’était un peu l’époque héroïque et l’âge d’or des structures en béton précontraint, durant lequel j’ai eu la chance de travailler avec des ingénieurs remarquables, comme Jean Muller ou Jacques Mathivat, sur de multiples projets variés. »

Innover, encore et toujours

Outre les études d’avant-projet et d’exécution, il participe à divers travaux de recherches théoriques et expérimentales (structures hybrides, matériaux nouveaux…). L’innovation et la quête des solutions techniques les plus élégantes constituent, déjà, les leitmotivs qui vont sous-tendre sa carrière de bâtisseur. En 1980, il entre chez DTP (Dragages et Travaux publics) en tant que chef du département ouvrages d’art ; puis en 1986, suite au rachat du groupe Screg et de la filiale DTP, il intègre Bouygues Travaux publics à la tête de la direction technique. Fonction où il assure, notamment, le pilotage de l’opération du pont de l’Ile de Ré. « Un projet qui m’a accaparé à 120 % pendant un an et demi, les travaux effectifs - véritable course contre la montre - n’ayant duré que 12 mois ! » Une performance rendue possible par les moyens exceptionnels mis à disposition par l’entreprise, une organisation sans faille et une première technique : l’utilisation d’un béton haute performance (C60) permettant de décoffrer les voussoirs au bout de 8 h.
En février 1989, en dépit du confort de la reconnaissance établie, il entre chez Razel pour relever un nouveau défi : développer, au sein de l’entreprise leader dans le domaine des grands chantiers de terrassement, une activité génie civil de haut niveau. A cette fin, il s’entoure d’une équipe de professionnels de grande compétence pour donner naissance à la division Razel Techniques et Méthodes. Dès les premières réalisations - pont de Gilly-sur-Isère à Albertville, passage supérieur 1843 au-dessus de l’autoroute A10 au Mans, pont de l’Iroise à Brest - l’entreprise joue dans la cour des grands. Razel démontre ses capacités à mettre au point des solutions de haute technicité, proposant une conception originale sous la forme de variantes structurelles ou de méthodes. Une carrière qui s’achève en apothéose avec, notamment, le viaduc de Meaux, « un marché que nous avons obtenu à la suite d’un appel d’offres sur performances ». Le tablier monocaisson de cet ouvrage de 1 200 m est constitué d’une structure mixte à âmes plano-tubulaires.
Michel Placidi a eu aussi la passion de transmettre la passion, enseignant de nombreuses années à l’ESTP (2), à l’ENPC (3) et à l’Ecole centrale Paris. Aujourd’hui, le jeune retraité reconnaît être quelque peu débordé et emporté par de nouvelles responsabilités, dont celle de grand-père. Il avoue néanmoins, non sans une pointe d’espièglerie, passer de temps en temps dans les locaux de Razel-Bec…

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Parcours entreprise

1945 : naissance à Marseille.
1967 : sort des Arts et Métiers avec la médaille d’argent.
1969-1980 : entre au bureau d’études de l’entreprise Campenon Bernard. Il sera nommé successivement ingénieur principal puis ingénieur en chef.
1980-1986 : rejoint Dragages et Travaux publics (DTP, groupe Screg) en tant que chef du département ouvrages d’art.
1986-1988 : suite au rachat par Bouygues de Screg, il est nommé à la tête de la direction technique de Bouygues Travaux publics.
1989-2013 : entre chez Razel, dont il devient le directeur technique.

(1) Centre des hautes études du béton armé et précontraint. (2) Ecole spéciale des TP, du bâtiment et de l’industrie. (3) Ecole nationale des ponts et chaussées.

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