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Michael Graves, disparition d’un postmoderne
L'architecte américain Michael Graves (1934-2015). - © © Michael Graves Architecture & Design 2015

Michael Graves, disparition d’un postmoderne

Marie-Douce Albert |  le 13/03/2015  |  Architecture

L’architecte américain est décédé le 12 mars à l’âge de 80 ans. Il avait été un des membres éminents du mouvement qui, à partir des années 1970, avait remis en question le modernisme pour renouer avec une écriture plus classique.

Au tournant des années 1970, aux Etats-Unis et en Europe, des architectes se sont mis à douter des préceptes et de l’esthétique minimaliste du mouvement moderne. En réaction, ils avaient renoué avec les colonnades, les frontons et autres formes héritées de l’histoire. Ils furent alors désignés comme « les postmodernes » et c’est l’un des plus éminents d’entre eux, l’Américain Michael Graves, qui est décédé le 12 mars 2015. Agé de 80 ans, il s’est éteint dans sa maison de Princeton, comme l’a annoncé son agence sur son site internet.

Né le 9 juillet 1934, à Indianapolis, il s’était formé à l’architecture à l’université de Cincinnati, puis à Harvard. C’est alors que les professionnels de sa génération, nourris aux idées du modernisme tout au long de leur cursus, ont choisi de s’en défaire. Parmi les plus en vue de ces architectes critiques, on compte notamment les cinq membres dits du New York Five. Michael Graves fut l’un d’entre eux, avec Peter Eisenman, Richard Meier, Charles Gwathmey et John Hejduk.

Couleur et ornementation

Michael Graves a ainsi réintroduit la couleur et l’ornementation dans des bâtiments emblématiques comme le Portland Building ou le Humana Building de Louisville, réalisés dans les années 1980. Depuis qu’il avait créé sa société à Princeton en 1964, il avait mené des centaines de projets, allant d’édifices publics à des immeubles de bureaux. Il avait notamment pensé les lignes classiques de bâtiments pour la compagnie Walt Disney, à Burbank en Californie. Sur l’un d’entre eux, le fronton était même soutenu  par de drôles d’atlantes… puisqu’il s’agissait des sept nains de Blanche-Neige.

Dans sa nécrologie, le New York Times relève toutefois ce paradoxe : Michael Graves restera peut-être aussi célèbre pour une bouilloire que pour ses quelque 350 réalisations architecturales. L’architecte avait en effet été invité par la marque d’ustensiles de cuisine Alessi à dessiner des éléments de services à thé et à café. Et la bouilloire sifflante avec son bouchon en forme d’oiseau qu’il créa en 1985 devint un des best-sellers de la firme italienne.

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